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/ La danse comme outil de résilience

Bolewa Sabourin met la danse au service des femmes victimes. Il se produit et propose des ateliers ce mois-ci dans le cadre des 14es Rencontres Femmes du monde en Seine-Saint-Denis.
Bolewa Sabourin, danseur a grandi à Saint-Denis. Son travail met la danse au service des femmes, victimes de violence.
Bolewa Sabourin, danseur a grandi à Saint-Denis. Son travail met la danse au service des femmes, victimes de violence.

Le JSD : Comment la danse peut-elle devenir un outil de résilience ?

Bolewa Sabourin : La danse est une excellente catharsis, on peut exprimer nos douleurs, nos colères, extérioriser sans faire du mal. La danse apporte de la sérénité, une partie du cerveau est mise en sourdine, c’est toujours thérapeutique. J’ai moi-même utilisé la danse comme outil de résilience, car je peux m’y épanouir, mélanger toutes mes identités : banlieusard qui a grandi à Saint-Denis, bobo qui a habité dans le 5e arrondissement, blédard qui a vécu ses premières années au Congo, Antillais car j’ai rejoint ma mère une année en Martinique, mon côté « jamais sûr » car j’ai aussi vécu dans la rue après le lycée…

Le JSD : Votre rencontre avec le Dr Denis Mukwege (Prix Nobel de la paix 2018) a-t-elle été un déclic pour votre projet ?

B.S. : Oui. J’ai assisté à l’une de ses conférences, le 8mars 2016, à Paris. J’en suis ressorti avec l’objectif d’aider les femmes qui ont vécu ces atrocités au Congo, mettre mon savoir-faire de danseur à leur disposition. J’y suis parti deux semaines avec mon association Loba, pour travailler avec la fondation Panzi du Dr Mukwege. Cela a été intense, les ateliers de danse furent des moments magnifiques, entre joie et force de vie. Les femmes prenaient plaisir à revenir le lendemain. Je garde un sentiment d’urgence, d’engagement et de force de leur part. Quand nous sommes revenus en France, nous avons ressenti le besoin de créer plus qu’une action ponctuelle.

Le JSD : Quelles actions menez-vous aujourd’hui ?

B.S. : Avec l’association Loba que j’ai cofondée, nous développons le projet « Re-création » autour de deux axes : la santé et l’engagement, avec pour fil conducteur la danse. Notre spectacle sur les femmes victimes de violences sexuelles au Congo s’est déjà produit avec une cinquantaine de dates. Nous travaillons aussi auprès des lycéens pour faire de la prévention, sensibiliser les jeunes en abordant notamment le sujet de l’égalité homme-femme. Nous développons aussi un protocole de soins, avec l’aide de psychiatres, qui devrait être mis en place début 2019, avec l’association dionysienne Ikambere, France Terre d’asile et un centre d’hébergement d’urgence parisien. Les ateliers que nous mènerons dans ces structures se feront avec un binôme composé d’un danseur et d’un psychothérapeute ou psychologue. La première partie sera dédiée au mouvement, et la deuxième à un groupe de parole. À long terme, l’idée est aussi de pouvoir développer un modèle économique qui nous permette d’agir en dupliquant notre méthode dans des pays où le viol est utilisé en zone de conflit.

Propos recueillis par Delphine Dauvergne

Re-création de la compagnie de danse Loba de Bolewa Sabourin. Samedi 24 novembre, 16h, médiathèque Ulysse (37, cours du Ru-de-Montfort). 

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