Vendredi 12 juin 2026

Actualité

Meurtrier de David : huit ans de prison

H
Par Harry
5 min de lecture
Meurtrier de David : huit ans de prison

Le 11 janvier 2017, un enfant de 8 ans mourait noyé dans une baignoire de Saint-Herblain. Pieds et mains attachés. David, venu de Côte-d'Ivoire avec l'espoir d'une vie meilleure auprès de sa famille, n'aura pas survécu à la violence de ceux qui devaient le protéger. Cette affaire a provoqué une émotion immense dans l'agglomération nantaise, et les deux procès qui ont suivi ont tenu le pays en haleine.

Pieds et mains liés : ce qui s'est passé ce soir-là à Saint-Herblain

David avait grandi en Côte-d'Ivoire auprès de sa grand-mère. Sa mère, Eunice K., 30 ans, et son beau-père, Guy-Roland D., 36 ans, l'avaient ramené en France pour vivre en famille. Une promesse qui a tourné au cauchemar dès les premiers jours.

L'enfant avait lui-même reconnu subir des violences régulières depuis son arrivée. Pas des gifles isolées. Des actes répétés, sur plusieurs mois, qualifiés par la justice de tortures et actes de barbarie. Le jour de sa mort, David a été puni. Plongé dans la baignoire, pieds et mains attachés, il y a trouvé la mort.

Ce qui rend cette affaire particulièrement glaçante, c'est l'absence de vérité assumée. Lors des audiences, les deux accusés se sont renvoyé la responsabilité de l'acte fatal. Qui a maintenu l'enfant sous l'eau ? Aucun des deux n'a clairement répondu. Cette ambiance, décrite comme déconcertante par ceux qui ont assisté aux débats, résume à elle seule la nature du déni qui a traversé toute l'affaire.

Voici les faits établis concernant les circonstances du décès :

  • David subissait des violences depuis plusieurs mois après son arrivée de Côte-d'Ivoire
  • Le jour du drame, il a été attaché avant d'être plongé dans la baignoire
  • Le décès par noyade a eu lieu au domicile familial de Saint-Herblain
  • Les deux accusés ont nié toute responsabilité directe dans l'acte fatal

De 28 à 25 ans : les condamnations du meurtrier de David

Le 20 novembre 2020, la Cour d'assises de Nantes rendait son verdict en première instance. Eunice K. et Guy-Roland D. étaient reconnus coupables de torture ou acte de barbarie ayant entraîné la mort. La peine : 28 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté de 14 ans. Le tribunal avait aussi ordonné leur inscription au FIJAISV (Fichier Judiciaire Automatisé des Auteurs d'Infractions Sexuelles ou Violentes) et le retrait de l'autorité parentale sur leurs deux autres enfants en bas âge.

Le procès en appel s'est tenu devant la Cour d'assises d'appel de Vannes, du 24 septembre au 1er octobre. Après plus de cinq heures de délibération, les juges ont condamné les deux accusés à 25 ans de réclusion criminelle, soit trois ans de moins qu'en première instance. Pourquoi cette réduction ? Les débats d'appel n'ont pas permis de trancher définitivement la question du rôle exact de chacun dans l'acte fatal, ce qui a pesé dans la décision finale.

Instance Date Peine prononcée Période de sûreté
Première instance (Nantes) 20 novembre 2020 28 ans de réclusion 14 ans
Appel (Vannes) 24 sept. au 1er oct. 25 ans de réclusion Non précisée en appel

En appel, plusieurs mesures ont été maintenues ou ajoutées : l'inscription au FIJAISV a été confirmée, le retrait de l'autorité parentale sur les autres enfants a été entériné, et une interdiction d'exercer toute activité en lien avec des enfants a été prononcée. Des décisions qui visent à protéger, aussi tard que cela puisse paraître, les enfants qui pourraient croiser leur route.

Maître Laurence Mallet représentait l'association La Voix De l'Enfant lors de cette audience d'appel. Cette organisation rappelle régulièrement un chiffre qui devrait nous obliger à agir collectivement : un enfant est tué tous les cinq jours en France sous les coups de ses parents ou de ses proches. Un chiffre qui ne devrait jamais devenir banal.

Ce que ce verdict dit de la protection de l'enfance en France

David est arrivé en France avec l'espoir d'une vie entourée des siens. Il avait 8 ans. Aucun filet de protection ne l'a rattrapé avant qu'il soit trop tard. Cette réalité pose une question directe : comment un enfant peut-il subir des violences répétées pendant plusieurs mois sans que personne n'intervienne ?

L'association La Voix De l'Enfant, fondée en 1982 par Mireille Fronty, travaille précisément à rendre visible ce que la société préfère parfois ne pas regarder. Sa présence au procès de Vannes n'est pas symbolique. Elle traduit un engagement concret pour que chaque affaire de ce type serve à renforcer les mécanismes de détection et de signalement.

Franchement, les condamnations prononcées, aussi lourdes soient-elles, ne répondent qu'à une partie du problème. La vraie question qui reste ouverte après ce verdict, c'est celle des signaux ignorés : l'école, le voisinage, les services sociaux. Chaque adulte qui côtoie un enfant est potentiellement le dernier rempart avant le pire. L'affaire David doit continuer à interroger les pratiques de protection de l'enfance, pas seulement les peines infligées aux coupables.

L'auteur

H

Harry

Rédaction de Le JSD.

Partager cet article