Samedi 13 juin 2026

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Laurent Russier succède à Didier Paillard

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Par Romain
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Laurent Russier succède à Didier Paillard

Le 3 décembre 2016, le conseil municipal de Saint-Denis désignait Laurent Russier nouveau maire de la ville avec 41 voix sur 55 membres. Une passation de pouvoir qui marquait la continuité d'une tradition communiste bien ancrée dans cette commune de plus de 100 000 habitants en Seine-Saint-Denis, tout en ouvrant un nouveau chapitre politique. Russier devenait ainsi le 3e maire communiste de Saint-Denis à accéder au poste à la suite d'une démission de son prédécesseur.

Didier Paillard, un parcours ouvrier ancré dans Saint-Denis

Né le 1er décembre 1954 à Saint-Denis, Didier Paillard incarne une trajectoire politique profondément ancrée dans le milieu ouvrier de la ville. Titulaire d'un BEP d'appareil en industrie chimique, il travaille quatre ans comme ouvrier chimiste à la Pharmacie centrale de France dès l'âge de 19 ans. Son père, Léon Paillard, figure déjà sur la liste du PCF aux élections municipales de 1935. L'engagement militant coule donc dans les veines familiales.

Membre du Parti communiste français et de la Jeunesse communiste depuis 1971, Paillard gravit lentement les échelons de la vie municipale dionysienne. Il devient conseiller municipal en 1977, puis adjoint au maire en 1983. De 1991 à 2004, il occupe le poste de premier adjoint de Patrick Braouezec. C'est à la suite de la démission de ce dernier qu'il accède à la mairie le 11 décembre 2004.

Son mandat s'étire sur douze ans et se démarque par plusieurs faits marquants. Le 26 mars 2006, Saint-Denis organise un référendum citoyen sur le droit de vote des résidents étrangers, soutenu notamment par François Hollande, Marie-George Buffet, Dominique Voynet, Olivier Besancenot, Arlette Laguiller, Danielle Mitterrand et Mouloud Aounit. Le tribunal administratif de Cergy juge l'opération illégale. En 2012, Paillard siège au conseil national de campagne de Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle.

Aux municipales de 2014, sa liste remporte 40% des voix au premier tour, puis 50,5% au second face à la liste socialiste conduite par le député Mathieu Hanotin. Saint-Denis reste alors la dernière ville de plus de 100 000 habitants dirigée par un maire communiste, alors que le PCF perd Saint-Ouen, Bobigny et Le Blanc-Mesnil cette même année. Paillard annonce finalement sa démission le 27 septembre 2016, laissant son successeur face à une ville sous tension.

Laurent Russier : de conseiller municipal à successeur désigné

Né le 1er mai 1973, Laurent Russier n'est pas un héritier politique classique. Fils de postiers, il grandit dans les quartiers populaires de Saint-Étienne. Ingénieur agronome de formation, il passe par la banque et la grande distribution avant de poser ses valises à Saint-Denis en 1999. Il adhère au Parti communiste français en 2000. Un parcours atypique pour quelqu'un qui allait diriger une des communes les plus symboliques de la banlieue parisienne.

Sa carrière municipale démarre en 2008 sur la liste "Saint-Denis pour tous" conduite par Didier Paillard. Dès ce premier mandat, il préside le groupe politique de la majorité et devient vice-président de Plaine Commune Habitat, bailleur social gérant plus de 18 000 logements sur 7 communes de Seine-Saint-Denis. Réélu en 2014, il devient douzième adjoint au maire, chargé notamment de la démocratie locale et de la vie des quartiers.

Événement Date Détail
Démission de Didier Paillard 27 septembre 2016 Après 12 ans de mandat
Élection de Laurent Russier 3 décembre 2016 41 voix sur 55
1er tour municipales 2020 15 mars 2020 Russier 24%, Hanotin 35,3%
Défaite au second tour 2020 Russier 41%, soit 5 959 voix

Élu maire à 43 ans, Russier doit immédiatement gérer une grève des agents communaux déclenchée quelques jours avant sa prise de fonction. Sa première décision forte : retirer le projet de suppression de jours de congés extra-légaux une semaine après son élection. Il annonce également la refonte du budget participatif et la création d'une brigade verte de la propreté. Deux choix qui donnent le ton d'un maire soucieux de dialogue social.

Une succession qui s'inscrit dans une longue tradition communiste dionysienne

La passation entre Paillard et Russier n'est pas un cas isolé. Saint-Denis accumule une tradition de transitions au sommet par démission. Patrick Braouezec avait lui-même succédé à Marcelin Berthelot en 1991 dans les mêmes conditions, puis Paillard avait pris la suite de Braouezec en 2004. Trois successions, trois maires communistes. Cette continuité fait de la ville un cas d'école dans l'histoire politique de la gauche française.

La commune héberge des sites d'envergure nationale : la nécropole royale, le Stade de France et le siège du quotidien L'Humanité. Cette ville à l'identité forte connaît aussi ses zones d'ombre. Le 18 novembre, la douane intercepte un camion transportant 500 kg de cannabis en provenance d'Espagne, au moment où il pénétrait dans le centre technique municipal. Trois personnes, dont un employé municipal, sont mises en examen.

Le 8 février 2019, Russier annonce sa candidature à sa propre succession sous la bannière "Vivons Saint-Denis en Grand", soutenu par le PCF et Europe Écologie Les Verts. Le scrutin du 15 mars 2020 lui est défavorable. Voici comment se répartissent les forces en présence au premier tour :

  1. Mathieu Hanotin (Parti socialiste) : 35,3% des suffrages
  2. Laurent Russier (PCF/EELV) : 24% des suffrages

Au second tour, Russier ne rassemble que 41% des voix, soit 5 959 suffrages. Pour la première fois de son histoire, Saint-Denis bascule vers les socialistes. Russier reste néanmoins présent comme conseiller municipal d'opposition et conseiller métropolitain, preuve que l'ancrage communiste dans la ville n'a pas totalement disparu avec cette défaite.

L'auteur

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Romain

Rédaction de Le JSD.

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