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À l’écoute des habitants de Bel-Air/Franc-MoisinLe sous-préfet défend le bien-fondé du village rom
Parmi la soixantaine de personnes présentes le mercredi 11 février à l’école Louise-Michel, tous ou presque le diront : cet ordre du jour de démarche-quartier, ils l’attendaient depuis des mois. Pour les éclairer sur ce village d’insertion pour familles roms qui se construit en contrebas du Fort du l’Est, Fabienne Soulas, maire adjointe en charge de Bel-Air/Franc-Moisin avait réuni l’ensemble des acteurs du projet. À commencer par Olivier Dubaut, le sous-préfet, qui pilote le même dispositif dans trois villes de sa circonscription, Aubervilliers, Saint-Ouen et donc Saint-Denis. Pour en expliquer le bien-fondé, il rappelle les « nombreuses friches industrielles propices à l’installation de bidonvilles » par des Roms, roumains et bulgares, qui y survivent dans des conditions sanitaires déplorables. Parfois au risque de leur vie. Ainsi les « deux morts suite à l’incendie de la rue Campra », à la Plaine.
«On a déjà 12 CDI sur 18 familles »
« Sur les 700 personnes de ce bidonville, 400 sont rentrées dans leur pays avec le pécule d’aide au retour. Après une enquête sociale menée par le Pact-Arim, une centaine de personnes, soit une vingtaine de familles, a été retenue pour un projet d’insertion », détaille M. Dubaut, qui en énumère les critères. Occupation du chef de famille en Roumanie, moyens d’existence en France, enfants scolarisés, etc. Il insiste sur l’accompagnement social assuré par une MOUS (maîtrise d’œuvre urbaine et sociale) en lien avec ANPE, PLIE, Mission locale... « Les parents doivent rentrer dans l’emploi, maîtriser le français et intégrer un logement pérenne. » À Aubervilliers, où le dispositif a un an d’avance sur celui de Saint-Denis, « ça marche, assure Nabil Bendami, de l’ALJ, Association logement jeune, en charge de la gestion du village. On a déjà 12 CDI sur 18 familles ». Hébergées depuis novembre 2007, boulevard Anatole-France, dans un campement de caravanes, première étape de l’insertion, les dix-neuf familles intégreront le village début avril. Aménagé et financé par Adoma, il est constitué de bungalows, « des préfabriqués en bois, enchaîne Florence Daugert, attachée de direction à Adoma. Vingt-cinq familles seront accueillies. Il y aura un gardiennage 24 heures sur 24 pour éviter les intrusions ».
«Avec ATD Quart-Monde et le Secours catholique, on continuera à les accompagner »
Parmi les acteurs du projet, chacun s’emploiera, tour à tour, à vaincre les réticences exprimées dans la salle. « Ils ne seront pas livrés à eux-mêmes. Avec ATD Quart-Monde et le Secours catholique, on continuera à les accompagner », reprend M. Bendami, de l’ALJ. Leur relogement interviendra, comme pour tout un chacun, là où les opportunités se présenteront dans le contingent de la Ville, du préfet ou des réservations patronales, soulignera M. Dubaut. Il insistera encore sur le caractère provisoire du village d’insertion, aménagé sur une parcelle mise à disposition pour cinq ans par le ministère de la Défense. « On leur souhaite la bienvenue », promet-on dans l’assistance en dénonçant pourtant « une prise en charge à deux vitesses » vis-à-vis de Franc-Moisin, où « les indicateurs sociaux sont au rouge ». Au cours de la soirée, le sous-préfet a indiqué par ailleurs son intention de faire évacuer les friches occupées par des Roms. « J’attends que le temps s’améliore », a-t-il précisé.
Marylène Lenfant
13-Feb-2009 17:45 | Actualisé le 19-Feb-2009 14:45 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 0 réaction(s)







