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Actualités

Revendications dans l’Éducation nationale
Les parents d’élèves suivent le mouvement
Les 9 et 18 février à Saint-Denis, ils étaient au côté des enseignants pour manifester contre le manque de moyens et les réformes, qu’ils dénoncent, dans le premier et le second degré. Et l’action ne devrait pas faiblir. Des parents de plusieurs établissements de la ville nous expliquent les raisons de leur engagement.

Yazid Bouroufa


Groupe scolaire Robespierre/Lendit


« C’est la première fois que je m’engage comme cela. Mais ce combat est nécessaire. J’occupe (sans gêner son fonctionnement) l’école maternelle Le Lendit. Nous sommes arrivés à une situation critique entre les enseignants non remplacés, l’absence de moyens humains ou le délabrement des bâtiments… Les conditions de travail sont déplorables, et ce sont aussi nos enfants qui en sont victimes. La différence avec les départements mieux lotis se creuse sans cesse.
On nous dit que nous sommes en zone d’éducation prioritaire (ZEP). Prioritaire ! Ils sont où les moyens ? Ne devrait-on pas dans ce cas voir arriver des professeurs qualifiés et expérimentés, qui connaissent les spécificités socioculturelles de notre département ? On nous dit qu’un vivier de professeurs expérimentés existe et qu’il est pour l’instant bloqué. Qu’on le débloque, il y a urgence ! Nous exigeons que les remplacements s’effectuent. Ce combat, nous devons le mener pour nos enfants, pour les enseignants. »

Antoine Leclerc


Groupe scolaire Aimé-Césaire/La-Lison


« Depuis plusieurs semaines, une vraie communauté d’inquiétude, balbutiante au début, est née. Les équipes d’enseignants, en plein désarroi, et les parents totalement solidaires dénoncent cette situation perpétuelle à flux tendu. Le manque d’effectifs est criant. On ne compte plus les enseignants non remplacés. Comment, par exemple, est-il possible qu’un congé maternité annoncé de longue date ne soit pas remplacé ? L’effet d’accumulation joue à plein. Nous sommes des gens raisonnables et patients, mais la question de l’enseignement de nos enfants est fédératrice.
Nous attendons une réaction des organismes de tutelle, du gouvernement. Il faut stopper les dégâts. Il y a une réalité socioculturelle, des besoins dans notre département auxquels il faut répondre. Le décalage entre les discours et la réalité est difficile à vivre. Avant de nous parler de Grand Paris, d’école de la réussite, commençons par arrêter de supprimer des postes dans l’éducation. Il ne s’agit pas d’une demande défensive ou de corporatisme. La question de l’éducation de nos enfants n’est pas de droite ou de gauche, et les parents qui prennent part à ce mouvement viennent de tous horizons. Nous ne demandons pas la lune, juste que nos enfants puissent suivre un cursus normal et régulier. »

Fatimé Nahor


Groupe scolaire Langevin/Bas-prés


« Depuis le temps, j’ai vraiment le sentiment qu’une partie de la population, la plus défavorisée, doit se contenter des voies de garage et du peu qu’elle a. Pour l’éducation, c’est la même chose. C’est désormais une machine infernale lancée qui n’a pas le temps de tenir compte des enfants, de leurs problèmes, de leurs spécificités. Il y a derrière cela la volonté de faire une école à plusieurs vitesses. Les enseignants se retrouvent, malgré eux, le bras armé d’une idéologie assumée, d’une stratégie politique bien organisée. Si on ne réagit pas, il sera trop tard. Je suis peut-être parano, mais j’ai sans doute des raisons de l’être. On casse le code du travail, on nous culpabilise sans cesse et, pire, on stigmatise des catégories de population. Les fonctionnaires notamment.
Je travaille dans le privé. Un parent qui dépose son enfant à l’école et apprend que l’enseignant est en grève, au lieu de dire « encore » ou de s’énerver devrait se demander pourquoi il est en grève. On doit les soutenir. Ils défendent l’avenir de nos enfants. On nous envoie des professeurs précaires, pas préparés, auxquels on demande d’assurer des remplacements. Ces derniers n’y peuvent rien, ils ont besoin de manger, mais ils expédient comme ils peuvent les affaires courantes.
C’est la première année que je m’engage comme parent d’élève, mais il faut faire quelque chose. Nous sommes des citoyens responsables et nous ne devons pas tout subir. Ceux pour qui nous avons voté nous doivent des comptes. C’est quand même la moindre des choses que nos enfants puissent suivre une scolarité normale dans des conditions convenables. Cette situation est révoltante. On doit agir car il y a péril en la demeure. »

Daniel Mollier-Sabet


(un des responsables de la FCPE locale)
Groupe scolaire Diez-Madigou, collège Henri-Barbusse


« Avant que Monsieur Darcos ne devienne ministre, l’Éducation nationale était loin d’être parfaite ; mais il faut reconnaître qu’à travers certaines réformes ou mesures (suppression de l’école le samedi matin, rythme scolaire, réforme du statut des professeurs, suppression des postes Rased, etc.), la situation s’est grandement détériorée. Il faut ajouter à cela la réduction massive des postes dans l’Éducation nationale en vertu du non-remplacement des départs en retraite (13 000 pour cette année, 16 000 pour l’année prochaine). Des suppressions froides et comptables sans tenir compte des besoins des uns et des autres.
Non seulement les problèmes de l’école ne sont pas traités, mais de surcroît nous sommes mal traités. L’État ne remplit pas sa mission. Nos enfants ne reçoivent pas correctement l’enseignement auquel ils ont droit. Des enseignants absents ne sont pas remplacés, ou alors par de jeunes professeurs qui enseignent pour la première fois. Nous demandons une vraie qualité de service public qui permette à nos enfants de trouver leur place dans la société. Nous parlons de moyens pour la réussite de tous. Nous ne lâcherons pas. Les vacances n’arrêteront rien. »

Sadio Soumaré


Groupe scolaire Vallès/Estrée


« C’est la première fois que je m’engage avec d’autres parents comme cela. Avant les vacances, j’occupais l’école Jules-Vallès avec d’autres parents. Je suis prête à continuer et à jongler avec mon travail. On ne peut plus parler d’exaspération, mais de colère. La classe de mon fils en est à son septième remplaçant depuis le début de l’année. Au départ, il s’agit d’un congé maternité, largement prévisible.
Notre département manque de tout. D’enseignants, de surveillants, mais aussi de médecins scolaires et de personnels qualifiés. On a vraiment l’impression d’être abandonnés. La France black-blanc-beur est bien loin… Nos enfants sont aussi les enfants de la République, et à ce titre ils ont autant le droit de recevoir un enseignement normal. Je suis prête à tout pour me faire entendre et s’il faut aller dans le bureau de Monsieur Chatel, j’irai. »

Recueilli par Étienne Labrunie

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Vendredi 12 mars


Manif à Paris et conseil d’école de ville à Saint-Denis



Les enseignants, déjà en grève à plusieurs reprises dans la première quinzaine de février, avaient lancé un appel pour une journée de grève le 12 mars, à l’appel de l’intersyndicale de l’académie de Créteil et soutenue par les principaux syndicats enseignants CGT Éduc’action, CNT Éducation, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN, SN-FO-LC, SNEP-FSU, SNES-FSU, SNUipp 93-FSU, Sud Éducation, avec manifestation à 14 h à Paris, du Luxembourg au ministère de l’Éducation nationale.

Au niveau élémentaire, parents et enseignants, réunis le 29 janvier, puis le 12 février en mairie, avaient également évoqué l’organisation d’un conseil d’école de ville. Cette initiative, aura bien lieu le 12 mars, 19 h, en mairie. Au programme, état des lieux concernant les remplacements, les Rased (réseau d’aide aux élèves en difficulté), les besoins en postes d’enseignants et d’Atsem (personnel de services dans les écoles), la formation des professeurs, les réformes en cours. Sont également prévus des témoignages d’enseignants de collège et de lycée.
Au moment où nous mettons sous presse, nous apprenons qu’une journée dionysienne d’action pour l’école (parents-enseignants).

V.L.C.

11-Mar-2010 10:01 | Actualisé le 11-Mar-2010 16:51 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 1 réaction(s)

jules férry12-Mar-2010 17:41

enièmes greves............le mot GREVE ne veut plus rien dire , qui sont les PENALISES ? les élèves ou le gouvernement , l'écolier de notre ville ou le ministre , sarko ou les parents .....
au final a qui profite vraiment la "greve"
greve : ULTIME RECOURS

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