Cultures

Basilique Saint-Denis
/ L'acte de naissance de l’art gothique

Inauguration : La rénovation de la façade de la cathédrale a permis de retrouver sa blancheur originelle et le détail de ses sculptures. Une renaissance inaugurée vendredi 18 septembre en ouverture des Journées du patrimoine.Depuis le mois d’août, elle rayonne.
Détail de la façade de la Basilique rénovée
Détail de la façade de la Basilique rénovée

Lorsque la lumière de l’après-midi l’effleure, que le soleil la caresse plus franchement, la façade de la basilique offre à présent la blancheur de sa pierre et le détail de ses sculptures au regard des passants. Il a fallu trois ans de travaux intensifs de restauration (et environ 4 millions d’euros) pour aboutir à ce résultat remarquable. Cette renaissance fut inaugurée vendredi 18 septembre en « ouverture » des Journées du patrimoine, en présence d’un grand nombre de personnes (lire aussi p.7). Jean-François Carenco, le préfet de Région, Didier Paillard et Pascal Delannoy, respectivement maire et évêque de Saint-Denis ont, chacun à leur tour, salué le succès de cette restauration.


Avant cette inauguration, les apprentis de l’académie Fratellini avaient, tels les saltimbanques du Moyen Âge, donné dans le narthex un aperçu de leurs talents et invité les auditeurs d’une passionnante présentation de ces travaux à l’intérieur de la basilique à rejoindre l’extérieur pour ce moment tant attendu. « Des travaux qui ont livré un véritable trésor artistique », s’est réjoui l’historien Philippe Plagnieux, professeur d’histoire de l’art médiéval, soulignant entre autres la qualité de la sculpture mise au jour. « On touche du doigt l’acte de naissance de l’art gothique. Et on se rend compte qu’un style est né ici, à Saint-Denis ! » 

Une cinquantaine de sarcophages  ramenés dans la crypte

L’archéologue dionysien Michaël Wyss a lui aussi révélé combien ce chantier a fait progresser les connaissances archéologiques du lieu, après une enquête approfondie sur l’origine des pierres employées. Par ailleurs, il a indiqué qu’« une cinquantaine de sarcophages, auparavant stockés dans le jardin, ont été ramenés dans la crypte ».Jacques Moulin, architecte en chef des Monuments historiques, a tenu à réaffirmer la philosophie de cette restauration du XXIe siècle, en rendant un vibrant hommage à celle du XIXe siècle, sous la houlette de l’architecte François Debret. 

« Il a, avec le sculpteur Joseph Brun, redonné à la basilique sa valeur symbolique et historique. Et ce fut aussi notre parti pris ! », a-t-il affirmé. Soulignant le travail à la fois colossal et minutieux pour soigner et nettoyer les pierres, les gargouilles, les sculptures dont la finesse éclate aujourd’hui, il a également indiqué les travaux restant à terminer ou à entreprendre dans le futur : la restauration du chœur, bien avancée, celle des vitraux du XIIIe siècle du déambulatoire qui malheureusement ne pourront pas être remis en place (« notre volonté est de les donner à voir au public », a-t-il cependant indiqué), celle également de la nef sud qui devrait être achevée avant l’été 2016, plus tard la rose sud… Sans parler du remontage de la flèche (lire ci-dessous), mais ça, c’est une autre histoire… 

Benoît Lagarrigue