En ville

Élisa et Nina bientôt en Arctique

Expédition : les deux lycéennes de JBS iront sur le plateau d’Inglefield cet été pour étudier l’impact des changements climatiques sur l’écosystème.
Élisa et Nina vont partir l'été prochain en Arctique
Élisa et Nina vont partir l'été prochain en Arctique


La destination d’été à laquelle se prépare Élisa est située à 78 degrés de latitude nord. Ce bout du monde, au-delà du Cercle Polaire, est une région du Groenland, à 1300 km du Pôle, au-delà des dernières terres habitées. Débarrassé des glaces à cette période de l’année, c’est le plateau d’Inglefield, du nom du marin anglais qui l’avait cartographié en 1850. « On va aller jusqu’au Danemark, et de là jusqu’en Arctique. Au total, il faudra prendre trois avions, avant une journée en barque. C’est toute une logistique. » 

Lycéenne dionysienne, en terminale S à Jean-Baptiste de La Salle, Élisa Chaudron-Legrand connaît sur le bout des doigts le programme de cette expédition. Le périple, du 19 juillet au 20 août, sera conduit par Jacques Moreau, un biologiste fin connaisseur de ces contrées. Élisa s’y prépare depuis octobre avec une vingtaine de jeunes au sein de Science Ouverte, l’association de Drancy, qui en est l’organisatrice. Elle y met d’autant plus d’ardeur qu’elle a été sélectionnée pour être une des quatre membres à prendre le départ. Également retenue, Nina Lopez est elle aussi en terminale S à JBS. « L’idée était d’avoir deux garçons, deux filles, de préférence de Seine-Saint-Denis, explique François Gaudel, le président et fondateur de Science Ouverte. Ils ont rédigé une lettre de motivation. Et il y a eu un stage de préparation pour voir ces jeunes à l’œuvre. » Un minimum d’endurance pour marcher sur la caillasse avec un sac à dos de 20 kg. Un caractère sociable et équilibré pour supporter le huis clos du petit groupe isolé, à 150 km du premier village et de toute commodité. Telles étaient les conditions requises, à la fois physiques et mentales. 



« Après le voyage, on fera des interventions en lycée et collège »

« Il fallait aussi qu’on soit majeur », ajoute Élisa, qui fêtera en avril ses 18 ans. Humaine, l’expérience sera d’abord scientifique. Le Muséum d’histoire naturelle et l’université de Rennes, principaux partenaires, leur ont confié des travaux pour étudier l’impact des changements climatiques sur l’écosystème. Ainsi collecteront-ils pour l’un des coquilles de mollusques bivalves, et pour l’autre des araignées. Ils se sont aussi donnés pour tâche de répertorier la faune et la flore. Autant d’enseignements à partager au retour avec les autres jeunes de l’équipe. 

« Après le voyage, on fera des interventions en lycée et collège », raconte encore Élisa, en future passeuse d’une culture scientifique dont elle se délecte depuis bientôt deux ans auprès des chercheurs, intervenants bénévoles des stages de Science Ouverte. L’association en organise sur des durées d’une semaine lors des vacances scolaires, avec l’université Paris 13, notamment en biologie avec Jacques Moreau, en sciences physiques aussi, et surtout en maths. C’est la discipline enseignée pendant trente ans par François Gaudel, au lycée Louise-Michel de Bobigny. Avec le club CNRS « Sciences et citoyen », qu’il y mettait en place dès les années 90, « on s’était réuni après les événements de novembre 2005 pour lancer un appel pour lutter contre les ghettos, rappelle le prof agrégé, à présent retraité. C’est là qu’on a fondé le projet global sur lequel on a continué à travailler pour sortir les jeunes de leur sentiment d’enfermement dans ce département. » Principale initiative, le tutorat en mathématiques bénéfice chaque samedi à plus 70 jeunes, de la seconde à bac +3. Financée par des partenaires institutionnels pour la plupart, l’association propose aussi des ateliers à fréquenter dès l’âge de cinq ans ! 

Marylène Lenfant