En ville

Les défenseurs du parc de La Courneuve donnent de la voix

Dimanche 24 mai, les opposants au projet « Central park » se sont retrouvés pour pique-niquer. Didier Paillard a rappelé la position commune des élus présents : « pas question de toucher au parc ! ».
Dimanche 24 mai, autour de la Maison du parc
Dimanche 24 mai, autour de la Maison du parc


« Je viens depuis quarante ans faire du vélo ou courir dans le parc et je ne veux pas qu'on nous enlève notre poumon d'oxygène. » Antonio habite dans le quartier de la Mutuelle. Les bras lui en sont tombés lorsqu'il a pris connaissance du « Central park », le projet immobilier de 24 000 logements dans le parc Georges-Valbon – dont plus de 1 500 au bord de l'avenue Salengro – cher à l'architecte Roland Castro. Depuis, ce Dionysien ne décolère pas et lance l'alerte autour de lui. Pour la première fois, il a rejoint le pique- nique citoyen que les défenseurs du parc organisent tous les dimanches près de la maison du parc.


Plusieurs centaines de personnes sous le soleil

Le 24 mai, Antonio y a retrouvé pas mal d'autres Dionysiens mais aussi des habitants de Stains, de La Courneuve, d'Aubervilliers et d'ailleurs. Plusieurs centaines de personnes sous le soleil pour un pique-nique populaire avec des soutiens de poids. 


Trois des maires des villes impactées par le projet sont venus au micro rappeler leur position. Qu'ils soient de Stains, Saint-Denis ou de La Courneuve, une même ligne de conduite « pas question de toucher au parc ! ». Consensus également des élus sur la nécessité d'étendre la nature et donc d'agrandir l'espace vert au lieu de le réduire, mais également de multiplier les accès depuis les quartiers et d'améliorer les connexions là où elles existent.


« Continuer ensemble jusqu'à l'abandon du projet »

Le maire de Saint-Denis Didier Paillard a rappelé qu'à deux reprises, en avril et en mai, son conseil municipal avait voté à l'unanimité un vœu sur le devenir du parc, demandant l'abandon du projet par l'État. L’élu a également rejeté toute procédure d'OIN. Cette Opération d'intérêt national taillée pour le Grand Paris permet aux pouvoirs publics de mener de grands projets en retirant toute prérogatives aux communes concernées. «La seule OIN qui vaille, a-t-il dit, c'est celle qui gommera les coupures urbaines en tenant compte des besoins des habitants, en les concertant et sans rien leur imposer. » Il a appelé « à un renforcement de la mobilisation citoyenne et à continuer ensemble jusqu'à l'abandon du projet».


La résistance citoyenne anti Central park se structure. Ses partisans se sont réunis le 20 mai à la bourse du travail de Saint-Denis. Ils se sont constitués en un « Collectif pour la défense et l'extension du parc de La Courneuve ». Le mouvement fédère d'ores et déjà une quarantaine d'organisations, d'associations, de syndicats et de formations politiques dans le 93. Parmi eux les Bretons de Saint-Denis, la Dionyversité, Sciences POP', l'UL CGT... 


De nouvelles formes d'actions ont été proposées pour informer sur le projet et muscler la mobilisation populaire. Si les pique-niques sont maintenus au moins jusqu'en septembre, une « manif'promenade » est prévue le 31 mai (départ à 14h devant la maison du parc). C'est aussi, courant juin, une manifestation devant la préfecture et le Conseil départemental, à Bobigny. Il est également question de bâtir un contre-projet, en phase avec son territoire et les aspirations de ses habitants.


Frédéric Lombard