En ville

Angela Davis pour les 10 ans des Indigènes

Le Parti des indigènes de la République a fêté sa décennie à la bourse du travail, avec la militante américaine mondialement connue.
Vendredi 8 mai, Angela Davis à la bourse du travail
Vendredi 8 mai, Angela Davis à la bourse du travail

Vendredi 8 mai, pour le 10e anniversaire du Parti des indigènes de la République (PIR), la bourse du travail a fait salle comble. Alors que près de 500 personnes s’impatientent pour le début du meeting, la porte-parole du mouvement antiraciste, Houria Bouteldja, surgit enfin avec l’icône Angela Davis. La salle l’ovationne. Dans le public, on retrouve beaucoup de jeunes qui ne sont pas de la génération de cette grande activiste américaine. Ancienne membre des Black Panthers, la militante, aujourd’hui âgée de 71 ans, est respectée pour son engagement antiraciste, féministe et marxiste.

« Son parcours est à la confluence de tous les combats qui nous animent  : sa conception des races sociales, sa critique du système carcérale, son anticolonialisme, son activisme sur la Palestine, etc.   », explique Youssef Boussoumah, membre fondateur du PIR. Houria Bouteldja rend hommage à cette grande « dame indépendante » en préambule à une soirée résolument féministe avec uniquement des intervenantes issues d’organisations antiracistes.

« La race est une construction sociale »

Dans son discours, la porte-parole dresse un parallèle entre « un nous et un eux », entre « les classes privilégiés » et « les classes démunies » issues de l’ancien empire colonial français, prenant le 8 mai 1945 comme exemple. « Pour la France officielle, c’est un jour de fête, martèle-t-elle. Pour les anticolonialistes, c’est un jour de deuil ! » Elle fait référence aux massacres de Sétif et Guelma en Algérie où 35 000 personnes ont été tuées par l’armée française, en opposant de manière frontale les deux commémorations, comme s’il n’était pas possible de célébrer l’une et l’autre. Elle brosse un bilan du mouvement des indigènes, lancé, en janvier 2005, par des militants « décoloniaux » rassemblés suite à la loi de 2004 contre les signes religieux à l’école visant principalement le voile islamique.

La porte-parole se dit « fière » que le PIR ait réussi à défendre ses idées autour de la « lutte des races sociales ». « En France, il y a une fracture de classe sur laquelle s’est superposée une fracture raciale  », précise Youssef Boussoumah. Lors de son intervention, Angela Davis les rejoint dans ce sens. « Le racisme n’appartient pas au passé. Il existe toujours, explique la militante américaine. Il est enraciné dans le système social, économique, politique. La minorité noire est la plus criminalisée aux États-Unis, souligne-t-elle en prenant pour exemple les bavures policières. La race est une construction sociale. »

Cependant, Houria Bouteldja reconnaît « des échecs » : le principal est de ne pas avoir su « unifier en une seule organisation » les différentes organisations de lutte contre l’islamophobie, la négrophobie, le ghetto social, l’impérialisme, etc. « Nous ne sommes pas assez organisés pour proposer une alternative, créer un rapport de force », regrette-t-elle. Mais l’organisation a reçu un soutien de poids avec Angela Davis qui, en français, leur a lancé : « Demander l’impossible, même si cela est impossible. »

Aziz Oguz

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