En ville

Deux têtes nouvelles en politique

Silvia Capanema et Nadège Grosbois, d’abord candidates surprises, sont devenues vice-présidentes de conseil départemental nouvellement élue.
Nadège Grosbois et Silvia Capanema lors de la première séance du nouveau Conseil départemental le 2 avril
Nadège Grosbois et Silvia Capanema lors de la première séance du nouveau Conseil départemental le 2 avril


Silvia Capanema. Nadège Grosbois. Deux noms inconnus il y a quelques mois, deux visages étalés sur les murs de Saint-Denis pendant la campagne électorale des départementales. La parité des binômes a fait émerger des têtes nouvelles en politique. Ces deux femmes, flanquées de partenaires électoraux de poids – Azzédine Taïbi, maire de Stains pour la première, et Mathieu Hanotin, député de Saint-Denis pour la seconde – ont réussi à tracer leur route sur un chemin qu’elles n’empruntaient jusque-là qu’en militantes. Les deux sont depuis quelques jours vice-présidentes du conseil départemental.


Silvia Capanema, 35 ans, c’est l’accent du Brésil. Elle vient de Belo Horizonte, grande ville située à l’est du pays. Naturalisée française en 2010, elle est fière de sa double nationalité. Ce sont les études, en 2001, qui la conduisent en France. Maître de conférence à Paris 13 Villetaneuse depuis 2010, elle enseigne également en « langues et civilisations étrangères » à Paris 3 et Paris 4. « Je vais continuer d’exercer mon métier, mais je vais ralentir », explique cette jeune mère de famille. Sa nouvelle délégation, la jeunesse et la lutte contre les discriminations, va occuper l’essentiel du temps de cette « accro au travail ». 


Elle a déjà quelques idées, comme celle de créer un Observatoire des discriminations, à l’instar de celui contre les violences faites aux femmes. La politique, elle s’y intéresse depuis le lycée. Au Brésil, elle était proche du Parti des travailleurs sans y être encartée. C’est à Saint-Denis, en 2012, qu’elle a adhéré au PCF. En devenant la cheville ouvrière du journal de la section, elle a été repérée par ses camarades, jusqu’à devenir conseillère municipale en 2014. « On est venus à Saint-Denis avec mon mari il y a six ans pour avoir plus de surface qu’à Paris. Et on a trouvé bien plus que ça : une identité sociale, migrante, créatrice, solidaire. »


La découverte d'un autre monde

Nadège Grosbois, 40 ans, a grandi en Lorraine. Séquano-Dionysienne depuis treize ans, elle s’est installée à Saint-Denis il y a cinq ans. Bardée de diplômes en design industriel, l’équivalent d’un bac + 9, obtenus à l’Ensaama et l’Ensci, cette scénographe de salons événementiels (comme le livre de jeunesse de Montreuil ou, en Guadeloupe, la biodiversité insulaire) s’est impliquée en politique récemment. 


« J’ai rencontré Virginie Le Torrec en arrivant à Saint-Denis et j’ai participé à des réunions qu’elle organisait. » D’Engrainage en Engrainage, c’est le nom des rencontres, Nadège Grosbois a rejoint EELV il y a quatre ans. « Tant qu’à faire de la politique, mieux vaut être dans celui qui veut changer la planète », explique-t-elle. Dans ce parti coincé entre le désir de nombreux militants locaux qui ne souhaitaient pas l’alliance avec le PS et l’accord départemental qui au contraire le scellait, celle qui est devenue vice-présidente à l’emploi et à l’économie a été choisie, puis élue. 


Depuis, elle s’immerge dans des nouvelles fonctions qu’elle découvre. « Je vais continuer à faire mon métier, mais en y mettant un grand coup de frein. Je veux garder un pied dans la vie réelle, mais mon ambition est de m’investir à fond dans ma fonction, et faire mes preuves. » Pendant six ans au moins, l’une comme l’autre vont changer de dimension et découvrir le monde du pouvoir.


Dominique Sanchez

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