En ville

Les profs du collège Dora-Maar ont invoqué leur droit de retrait


Les enseignants du collège Dora-Maar ont invoqué leur droit de retrait pour des raisons de sécurité, mercredi 1er octobre. À 10h, réunis en assemblée générale dans la salle des professeurs, ils ont décidé (à la quasi unanimité des présents ce jour-là) d’exercer ce droit suite à plusieurs incidents qui ont mis en exergue le manque de personnels d’encadrement.


« Lundi, un élève a introduit du gaz lacrymogène qu’il a répandu dans les toilettes », résume un enseignant qui a assisté à l’assemblée générale. « D’autre part, une bagarre a éclaté dans une salle de classe. L’enseignante, qui a essayé de les séparer, a reçu des coups dans la bataille. Il a fallu l’intervention d’une autre prof, dans une salle voisine, pour y mettre fin. »


Dans cet établissement, qui a ouvert ses portes il y a quelques semaines, il n’y a, pour 350 élèves, qu’un seul conseiller principal d’éducation (CPE) ; rien d’anormal pour un établissement de ce calibre qui n’est pas classé en ZEP. Pour les enseignants, ce classement s’imposait néanmoins. « La carte des réseaux d’éducation prioritaire est en train d’être refaite. On espère en faire partie l’an prochain. En attendant, on n’a qu’un CPE, seulement 3,5 postes de surveillants, et le principal n’a pas d’adjoint… C’est trop peu », témoigne un professeur.


Au terme de l’AG, les enseignants ont donc alerté leur chef d’établissement de leur décision, et demandé audience au directeur académique des services de l’Éducation nationale.


Une délégation des enseignants était reçue jeudi 2 octobre à 17h par la direction académique des services de l'Éducation nationale à Bobigny.


Sébastien Banse



Communiqué des professeurs de Dora-Maar

« Nous enseignants du Collège Dora Maar de Saint Denis, avons pris collectivement la décision d'exercer notre droit de retrait (prévu par le décret de 1982), au regard des conditions de travail qui ne nous permettent pas de travailler en sécurité depuis la rentrée de septembre. Nous avons constaté à plusieurs reprises des dangers et des atteintes à l'intégrité physique et morale du personnel éducatif et des élèves. La construction du Collège n’est pas terminée et les ouvriers sont toujours sur place en présence des élèves pour finaliser ces travaux (avec outils dangereux, scies, escabeaux, perceuses, produits avec solvants…). L’établissement présente de multiples défauts et dangers imminents comme le mur d’escalade dont la base non achevée est très coupante (une enseignante s’est blessée sur cette construction inachevée accessible aux élèves). Les portes incendies ne sont pas toutes fonctionnelles, et il est impossible d’entendre la sonnerie ou une éventuelle alerte incendie (avec ce que cela suppose comme danger). Une caméra de surveillance de la loge a été cassée par un ouvrier et n’est pas remplacée à ce jour. Des fils électriques situés près de points d’eau n’étaient toujours pas gainés en date du 1er octobre 2014 et cependant accessibles aux élèves malgré le danger évident.

Par ailleurs, le lundi 29 septembre 2014, à 14h30, un groupe d'élèves a fait usage de gaz lacrymogène au premier étage de l'établissement. Cet incident grave a affecté élèves et enseignants.

Le lendemain, le mardi 1er octobre 2014 à 15 heures, une enseignante a été victime d'agression physique violente alors qu'elle tentait de séparer des élèves en pleine altercation durant son cours. Des menaces ont été proférées à l’encontre de cette enseignante et pourtant, aucune mesure conservatoire n'a été prise puisque les élèves concernés ont réintégré les cours l'heure suivante ainsi que le lendemain.

Considérant l'accumulation d'incidents très graves ainsi que l'absence de règlement intérieur et le manque chronique de moyens humain, nous, enseignants, estimons qu'il y a danger direct et imminent à la fois pour les élèves et le personnel éducatif du collège de Dora Maar.

Pour remédier à cette situation dangereuse et inadmissible, nous exigeons que les travaux du Collège soient terminés dans les plus brefs délais et nous exigeons des moyens humains : des assistants d'éducation supplémentaires, un deuxième CPE, un principal adjoint, un médiateur violence ainsi que le classement ZEP de l'établissement. Nous sommes déterminés à obtenir satisfaction pour le bien des élèves. »


L'équipe enseignante de Dora-Maar