En ville

La réforme Peillon dans le collimateur des profs

Forte mobilisation des enseignants, pour réclamer principalement une véritable politique d’éducation prioritaire en direction des territoires populaires.
La manif dans les rues de Saint-Denis
La manif dans les rues de Saint-Denis


Les enseignants sont déterminés à se faire entendre. Depuis l’annonce par Vincent Peillon des grandes lignes de sa réforme de l’éducation prioritaire, les professeurs de ZEP ne désarment pas. Une fois n’est pas coutume, ce sont les Hauts-de-Seine qui ont lancé le mouvement, rejoints bientôt par leurs collègues de Seine-Saint-Denis. Jeudi 13 mars, de nombreux établissements (lycées et collèges) des deux départements étaient en grève pour aller manifester jusque sous les fenêtres du ministre de l’Éducation nationale, rue de Grenelle, à Paris.

Profs et parents

Deux jours plus tard, samedi 15, les établissements dionysiens déclinaient localement cette mobilisation, en organisant un cortège jusqu’aux locaux de l’inspection d’académie, rue de la République. Puis, le lendemain encore, dimanche 16, les enseignants, accompagnés et soutenus par les parents d’élèves, ont profité du jour de marché pour distribuer, aux quatre rues, là où se croisent Gabriel-Péri et République, des documents aux badauds les informant de leurs revendications sur le devenir de l’éducation prioritaire. En période électorale, à cet endroit là, la dimension politique de l’action était patente puisque la plupart des candidats aux municipales étaient en train de tracter. Devant les militants du PS, écharpe rose au cou, M. Peillon était la cible de la colère du corps professoral. « Démantèlement des ZEP, Sarkozy l’a rêvé, Hollande l’a fait », « La trahison, c’est maintenant »…

Tous les collèges

Les slogans, hostiles au gouvernement et à son ministre de l’Éducation nationale, ont également rythmé le cortège parisien de jeudi, auquel s’étaient joints de nombreux élèves des établissements ZEP, mais aussi une forte délégation de l’Union nationale lycéenne (UNL). Malgré leurs demandes, les manifestants, arrêtés par les CRS aux portes du ministère, n’ont pas été reçus en délégation.

Samedi 15, cette fois-ci, ce sont surtout les parents d’élèves qui étaient venus soutenir les profs dans leur mobilisation qui rassemblait le premier et le second degré. Tous les collèges de la ville étaient représentés, ainsi que des établissements de villes voisines, comme le collège Jean-Vigo d’Épinay. Etaient présents aussi des enseignants du collège dionysien Federico-Garcia-Llorca, pourtant le seul de la ville et l’un des rares du département, à bénéficier du nouveau classement « REP + », synonyme de moyens supplémentaires.

Moyens

« D’abord, c’est une réforme à moyens constants, donc ce que l’on nous donne, on le prend à un autre établissement », expliquait un enseignant d’histoire-géographie de Garcia-Llorca. « Ensuite, cela renforce les inégalités à l’intérieur de notre collège, puisque seuls les professeurs bénéficient des avantages de la réforme, mais pas les documentalistes, les personnels de vie scolaire, CPE, surveillants… » Les enseignants mobilisés, dans leur ensemble, réclament une véritable politique d’éducation prioritaire en direction des territoires populaires : création de postes, réduction des effectifs par classe, maintien des options et des demi groupes, ouverture de classes en fonction de la démographie du territoire. « On ne fait pas grève par plaisir », rappelait un enseignant. « Mais on ne lâchera pas. »

Sébastien Banse

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