Sports

Tir à l’arc / Les archers visent le perfectionnement

Les archers du Sdus innovent à l’entraînement et continuent leur chemin en loisir et compétition.
Les archers du Sdus s'entraînent à Delaune
Les archers du Sdus s'entraînent à Delaune


Les jeunes ont plus d’une flèche au carquois. En ligne, ils visent le centre du stramit et décochent. Le projectile s’enfonce en un éclair dans le panneau de paille. Sans s’arrêter, ils recommencent. Le corps bien droit, ils amènent la corde au visage, retiennent leur souffle pour bien ajuster et font frémir l’air.


« Le tir à l’arc est un sport de répétition, de précision et surtout de calme », prévient Jean-Pierre Barbare. L’archer encadre depuis quinze ans les séances du Sdus, dans le pas de tir intérieur du palais des sports Auguste-Delaune. Aux petits soins pour les élèves, débutants ou confirmés, il conseille et réajuste les positions. « Quand j’arrive ici, tout va bien ! », apprécie-t-il.


L’ambiance est détendue, studieuse et intergénérationnelle. « J’ai découvert en accompagnant mon fils au judo. Dante Andreazzoli, qui s’occupait des deux sections, m’a dit d’essayer. J’ai mordu, lance Quentin Jegat, président du club depuis un an. Notre objectif est de démocratiser la discipline. Le tir à l’arc a souvent l’image d’un sport de riche et on souhaite le rendre accessible à tous. On a la capacité de prêter le matériel même au-delà de la première année. »


Marine, 11 ans, a déjà franchi le pas. « J’ai commencé en septembre et c’est devenu une passion », mesure-t-elle. Celle qui apprécie les héros fantastiques de Narnia et de la Terre du Milieu vient d’obtenir son arc et son carquois propres. L’occasion de boire un petit coup, comme le veut la tradition. « Quand un de nos membres achète son matériel, on fait toujours un pot, comme lors des passages de niveaux deux fois par an », annonce Quentin.


L’équipe dirigeante, bénévole et volontaire, lance plusieurs nouveautés cette année. « On fait régulièrement venir des intervenants extérieurs. Cela permet d’avoir un œil neuf, de découvrir une nouvelle pédagogie et de progresser différemment. » Marina Duborper, ancienne championne de France qui encadre la sélection nationale, a ainsi apporté son savoir-faire et donné à chacun des axes de travail personnalisés.


Une initiative qui plaît beaucoup à la quarantaine d’adhérents, âgés de 7 à 76 ans. « On envisage aussi des stages approfondis et des week-ends. On est orphelin de notre pas de tir extérieur depuis la tempête de 1999 et c’est bien dommage. Les conditions ne sont pas du tout les mêmes en plein air et on est parfois handicapés en compétition, d’où l’idée d’organiser des sorties quand il fait beau. »


Un manque de structure qui n’empêche pas les Dionysiens de décrocher de belles places en concours tous les week-ends. « Il y règne un véritable esprit d’entraide et de solidarité, on se conseille même entre concurrents », vantent les archers. Ceux qui souhaitent essayer peuvent toujours s’inscrire au club et bénéficier de cours de gratuits le temps de voir s’ils accrochent. Les adeptes sont formels : on se prend vite de passion pour l’arme de Cupidon.

Aurélien Soucheyre


Cours à Delaune (Saint-Denis) les mercredis et vendredis de 18h à 19h30 pour les débutants puis de 19h30 à 21h30 pour les débrouillés. Les samedis de 9h30 à 12h. Cotisation : 135€. Licence : 26€ poussin, 48,50€ jeune et 72€ adulte. Site Internet : http://arc.sdus.free.fr/



Un véritable sport

Au tir à l’arc, la tenue de rigueur est le blanc, de nouveau obligatoire depuis septembre au Sdus. Les règles de sécurité sont drastiques et la discipline rigoureuse, ce qui n’entame pas la sérénité ambiante lors des séances. « Il faut faire le vide et abstraction de tout pour tirer. C’est une discipline qui permet de se ressourcer. On progresse vite et on ne se retrouve jamais en position d’échec », lance le président Quentin Jegat. Le geste, loin d’être évident dans la pratique, demande beaucoup de patience et de répétition.


« Il faut travailler en souplesse plutôt qu’en force, bien utiliser son dos et ses omoplates plutôt que ses biceps », indique Jean-Pierre Barbare. Le club se consacre exclusivement à l’arc classique, qui a énormément évolué ses dernières années. « J’en avais fait à 15 ans. Tout était en bois. Mais c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas », apprécie Thomas. Carbone et aluminium font désormais partie des composants d’arcs démontables munis d’œilleton et de stabilisateur. À 18 au 30 mètres, il faut aussi apprendre à tirer en parabolique pour atteindre la cible. Et puis il y a le côté épique, lié à l’enfance. Qui ne s’est jamais rêvé Robin des bois ? « Moi, c’est plutôt la série télé Arrow qui m’inspire, indique Maxence, 12 ans. Je trouve ça très classe, mais j’aime surtout devoir me concentrer pour y arriver, c’est un bon exercice. »


Fabrice Gay, l’un des bénévoles très actifs, raconte que son signe astrologique de sagittaire l’a un peu influencé. « On évolue face à soi-même, il faut toujours se remettre en question », avance-t-il. Enfin, Rémy, 24 ans, rappelle qu’il s’agit d’un véritable sport, qui développe sa propre musculature et s’avère très athlétique à haut niveau.

A.S.