En ville

Les pissotières de la discorde

Une douzaine d’édicules ont été installés dans le centre-ville de Saint-Denis. L’expérience va durer plusieurs mois. Ce dispositif et l’emplacement des urinoirs suscitent de nombreuses réactions.
Dans un coin du centre commercial Basilique
Dans un coin du centre commercial Basilique


En 1934, Gabriel Chevallier publie Clochemerle. Un roman satirique qui sera tiré a plusieurs millions d’exemplaires et traduit dans une vingtaine de langues. L’ouvrage conte les péripéties (truculentes, savoureuses, impertinentes et drôles) vécues par les habitants d’un village du Beaujolais quand le maire de la commune décide de l’installation d’une pissotière pas loin de l’église… Dans le but d’inviter ses administrés à ne plus se soulager dans les coins de porte ou contre les murs, quand la consommation du vin du pays rend les envies trop pressantes.


Le 25 février 2013, la mairie de Saint-Denis a fait installer douze urinoirs dans le centre-ville « pour répondre à la demande de nombreux habitants qui nous ont dit leur exaspération de constater que trop de recoins servaient d’urinoirs à des hommes pris de boisson », explique Hakim Rebiha, adjoint au maire en charge de la voirie.


Désormais agrémentés d’un panonceau indiquant « urinoir » en lettres rouges sur fond blanc, ces étranges bombonnes géantes d’un gris de souris mal soignée de sa personne sont disponibles 24 heures sur 24, « mais ne sont pas encore trop utilisées », reconnaît Rachida Zarban, de l’Unité territoriale voirie de Plaine commune.


Ce sont les points les plus souvent nettoyés, véritables urinoirs sauvages, qui ont guidé les choix d’implantation, dit-on encore chez les techniciens de l’espace public qui constatent parallèlement que la dizaine de sanisettes Decaux installée en ville « sont assez peu employées, bien que désormais gratuites». « C’est un sujet compliqué, répond Madame Zarban. Nous nous sommes par exemple aperçus que sur la petite place des Poulies (au bout de la place du Caquet en direction de la station du tram T1, ndlr), la sanisette est peu sollicitée alors qu’à côté, une porte métallique est rongée par l’urine… »


De plus, la mise en place de ces vespasiennes vidangées une fois par semaine, ou plus si nécessaire, n’a pas fait que des heureux. Des blogs en ont fait leur miel (si l’on peut dire). « Enfin des cours d’anatomie masculine gratuits pour nos bambins », a-t-on pu lire par exemple sur « Sans crier gare », où un autre post indique : « Je suis effaré de la débilité profonde de l'idée de poser cette pissotière en plein passage de : une église qui est un lieu de culte, une école à côté, une rue commerçante, une gare (près de 60 000 passages par jour)… »


Deux mois après l’apparition des édicules, Hakim Rebiha temporise : « Personne ne dira que ces machins ne sont pas moches, mais nous voulons répondre à un vrai problème d’hygiène. Nous en sommes pour le moment dans une phase de test qui va durer plusieurs mois. » Dès cette semaine, « nous allons revoir certains emplacements et nous réfléchissons à des dispositifs de plus petite envergure, donc mieux dissimulables », ajoute Rachida Zarban. Sachant que cette expérience a un coût (20 000 euros au total plus l’entretien). Et sans doute qu’il faudra améliorer la signalétique. Nous avons voulu une mise en place rapide, et forcément il y a des ajustements… »

Gérald Rossi



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