En ville

Interview du maire Didier Paillard : la réforme des rythmes scolaires attendra 2014

Comme d’autres villes désireuses d’allonger la semaine de cours d’une demie journée dès septembre 2013, Saint-Denis attendra la rentrée suivante. Le maire explique pourquoi et réitère sa demande d’un plan d’urgence pour l’école dans le 93.
Le 16 février, Didier Paillard lors du conseil municipal extraordinaire consacré à l’école
Le 16 février, Didier Paillard lors du conseil municipal extraordinaire consacré à l’école


Le JSD : La réforme des rythmes scolaires s’appliquera-t-elle, à Saint-Denis, dès la rentrée prochaine ?


Didier Paillard : Non. Après avoir entendu les parents, les enseignants, cette réforme se fera en 2014. Nous avons la volonté de poursuivre le travail engagé avec ces partenaires indispensables. Je pense que les enfants ont besoin de cet aménagement du rythme. Mais il faut qu’il soit compris, partagé. Or, on constate que le corps enseignant, fragilisé par une dégradation de ses conditions, a beaucoup d’interrogations. Il faut passer plus de temps à expliquer, à convaincre sur cette question précise. Je pense donc qu’il est préférable de repousser le dispositif, avec l’idée ferme de le mettre en place de manière plus sereine à la rentrée suivante.


Le JSD : Ce temps va-t-il être mis à profit par la Ville pour développer le périscolaire ?


D.P. : D’ores et déjà, on peut, même sans changer les rythmes, apporter des choses nouvelles dans le domaine du périscolaire. Améliorer l’étude, généraliser l’accueil du matin… Ce sont des innovations applicables dès maintenant. Je vais proposer au Bureau municipal, avec les deux adjoints en charge, David Proult et Zohra Henni, de mettre en place un certain nombre de choses qui nous mettront sur la voie de la semaine de quatre jours et demi.


Le JSD : Ce délai sera-t-il aussi l’occasion de demander des garanties de financement à l’État ?


D.P. : L’État a promis d’aider les villes à amorcer cet aménagement des rythmes, que ce soit en 2013 ou en 2014, mais cette réforme aura un impact structurel sur le budget des communes. À Saint-Denis, nous avons fait le choix, qui ne date pas d’hier, de développer l’accompagnement extrascolaire des élèves. De sorte qu’une partie de l’effort a déjà été consenti : l’application de la réforme nous coûtera moins cher qu’à d’autres villes qui n’ont pas fait ces choix politiques dans le passé. Nous avions formulé l’idée de la pérennisation des financements de l’État. Cette demande nous la réitérons, comme nous demandons à l’État d’aider une ville jeune, qui compte 14 000 écoliers, et qui a besoin d’un accompagnement spécifique, compte tenu des efforts que nous consentons au sein de la métropole Île-de-France pour ces nouvelles générations.


Le JSD : On parle beaucoup des rythmes, mais il n’y a pas que ça. Avez-vous le sentiment que l’Éducation nationale prend suffisamment en compte la mesure des difficultés de notre département ?


D.P. : Nous avons été reçus par les membres du cabinet de Vincent Peillon. Ils nous ont écoutés, mais pas entendus. Pour l’instant, le ministère ne veut pas entendre parler de plan d’urgence pour le 93. Mais la situation pénalise toujours nos enfants, et l’Éducation nationale ne joue pas le rôle qu’on attend d’elle. Nous sommes déterminés à continuer la mobilisation. Le Manifeste pour l’éducation a réuni plus de 2000 signatures une semaine avant les vacances scolaires. Les choses vont continuer. En cette rentrée, nous serons devant les écoles avec les parents. Nous allons proposer une initiative, samedi 23 mars à 12h, devant la mairie avec la FCPE et le Collectif des parents d’élèves du 93.

Le primaire a tiré la mobilisation, mais le secondaire est également concerné. Les dotations des collèges ne sont pas la hauteur des enjeux. La situation reste très préoccupante, voire catastrophique à certains endroits.


Recueillis par Sébastien Banse et Dominique Sanchez

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