En ville

Le vélo trace difficilement sa route dans les villes

Les associations de deux-roues constatent des progrès depuis le Schéma directeur des itinéraires cyclables, mais restent encore sur leur faim.
Les militants de l'association Vélo à saint-Denis regrettent que ça n'aille pas plus vite…
Les militants de l'association Vélo à saint-Denis regrettent que ça n'aille pas plus vite…


Les militants du vélo le répètent volontiers : le deux-roues est un mode de déplacement économique et rapide, du moins en milieu urbain. Avantages pour la collectivité, il n’est ni polluant, ni bruyant. Sa place en ville ne va pourtant pas de soi, comme le constate l’association Vélo à Saint-Denis.


Où l’on admet néanmoins quelques progrès. Longtemps seule sur cette cause, l’AUT, l’Association des usagers des transports, avait collectionné les camouflets. Le deux-roues, aux yeux des décideurs, n’étant alors qu’un loisir à pratiquer à la campagne. Depuis, Plaine commune et la Ville ont chacune mis en place une instance de concertation. Et elles ont adopté fin 2011 un Schéma directeur des itinéraires cyclables (SDIC).


Option privilégiée, la limitation de vitesse à 30km/h, déjà adoptée par maintes villes en Europe. Circonscrites au secteur piéton et au quartier Delaunay-Belleville, les zones 30 devraient être généralisées à l’ensemble des voies communales dans la communauté d’agglomération.


Comme le prévoit le Code de la route (article R110-2), un double-sens cyclable y sera instauré pour les rues à sens unique, à l’exception des plus étroites (moins de 4,5 m de large).


Les prochains aménagements entre centre piéton et Porte de Paris seront réalisés « dès que la météo le permettra », indique-t-on à Plaine commune, où l’on prévoit pose de panneaux et marquages au sol. Les ralentisseurs et chicanes n’étant envisagés qu’en « cas de besoin ». Pour relier le centre-ville à la gare RER B, ces aménagements se poursuivront dans le quartier du Stade de France où ils seront complétés par des bandes cyclables.


« Ces travaux ont été sans cesse retardés », se plaignent les militants de Vélo à Saint-Denis, d’ailleurs sceptiques sur ces « espaces de rencontres » entre auto et vélo. « On nous dit : “Vous allez apaiser la circulation”. À quel prix ? On a l’impression de servir de bouclier, estime Laure Tougard. Je me suis déjà fait renverser dans une zone 30. Les automobilistes ralentis par des dos d’âne sont très agressifs. »


Fin novembre, lors d’une manif où les militants ont eux-mêmes marqué au sol les contresens vélo, « ce sont surtout les chauffeurs de bus de la RATP qui ont eu des réactions négatives », ajoute-t-elle néanmoins. Pour le réseau de pistes cyclables, réclamé de longue date pour pédaler en toute sécurité, des avancées sont en vue, sur l’avenue Romain-Rolland et le boulevard Anatole-France, en 2014.


Et cette année entre Porte de Paris et Pont de Soissons. Didier Paillard et son adjointe aux déplacements, Cécile Ranguin, le précisaient fin décembre au conseil général dans un courrier concernant les voies départementales. Mais il reste fort à faire pour satisfaire aux besoins.


Franchissement des boulevards circulaires, jonction avec la Porte de la Chapelle, parcours des berges du canal, liaisons entre villes de l’agglo… D’ici là, une maison du vélo pourrait être créée par Plaine commune. Mais un atelier existe déjà pour retaper son deux-roues. Participatif, autogéré, il a été ouvert en janvier par la Dionyversité (1).

Marylène Lenfant


(1) Les 1er et 3e samedis du mois, de 10h à 13h, au 4, cité Paul-Langevin.