Cultures

Partition pour pianos et sculptures

Au soixante-Adada ils exposent. Fuad Kapidzic peint des pianos, liés à ses souvenirs de Sarajevo en guerre. Nicolas Cesbron sculpte des formes élancées et dansantes. Leurs œuvres se répondent sur un air de musique post romantique. Du 13 au 30 décembre à Saint-Denis.
Fuad Kapidzic et Nicolas Cesbron dans les locaux de leurs expo commune
Fuad Kapidzic et Nicolas Cesbron dans les locaux de leurs expo commune


Le Soixante accueille une exposition à deux têtes, quatre mains et moult talents. Nicolas Cesbron et Fuad Kapidzic y proposent, ensemble, Jungle post romantique du 13 au 30 décembre. Les deux hommes se connaissent et s’apprécient.


Au printemps 2011, Fuad avait demandé à Nicolas de créer la scénographie de sa première expo au Soixante. Et Nicolas ne tarit pas d’éloge sur le travail de Fuad. « Sa peinture est puissante, vigoureuse. Et elle est stimulante », dit-il.


« Je suis allé voir Nicolas dans son atelier. C’était pour moi comme la madeleine de Proust : un retour à l’enfance, à Sarajevo, à des rêves et des sensations brisés par la guerre… », répond Fuad. Celui-ci présente, de son travail d’où jaillit l’urgence de vivre malgré tout, une belle et forte série sur les pianos, mêlant douceur et violence, rêve et cauchemar.


« Pendant la guerre à Sarajevo, un piano avait été abandonné dans une maison. Il n’y avait plus de bois. Il fut brulé pour faire du feu et chauffer le biberon d’un bébé et son couvercle servit de cercueil à un cadavre. La vie et la mort… »


Nicolas Cesbron a installé ses sculptures, toujours magnifiques, élancées, raffinées, dansantes. Et a conçu les lumières pour faire naître ombres et projections sur les toiles, créant ainsi une partition visuelle émanant de ces pianos primaux, entre cris et soupirs.


Le travail de chacun d’eux (souligné par une musique, post romantique bien sûr, composée pour l’occasion par l’artiste tchèque Pavel Sebeck) est totalement différent mais s’unit ici avec une évidence aussi naturelle que vigoureuse.

Benoit Lagarrigue


Jungle post romantique du 13 au 30 décembre, du mercredi au samedi de 14 h 30 à 19 h 30, dimanche de 10 h à 17 h. Au Soixante/Adada, rue Gagriel Péri à Saint-Denis.

Entrée libre. Vernissage jeudi 13 à 18 h 30 avec le groupe Paris’ Click.