En ville

En direction des Courtilles, le tram T1 poursuit sa route

Avec ce nouveau prolongement, le terminus Gare de Saint-Denis ne sera plus bientôt qu’une station sur la ligne qui gagne dix arrêts de plus vers les Hauts-de-Seine. Le 15 novembre est le jour de l’inauguration officielle et de l’ouverture aux voyageurs. Jusque-là, les rames circulent vers l’ouest pour des essais, sans voyageur à bord.
Comme ici sur le pont de l'Île-Saint-Denis, le T1 effectue le trajet du prolongement sans voyageurs à bord pour des essais techniques
Comme ici sur le pont de l'Île-Saint-Denis, le T1 effectue le trajet du prolongement sans voyageurs à bord pour des essais techniques


Direction Les Courtilles. Depuis quelques jours, des rames du tram T1 qui arrivent au terminus Gare de Saint-Denis affichent cette destination. Mais les voyageurs sont interdits à bord. Car il s’agit pour la RATP de roder le parcours et de tester les installations. Et les rames qui repartent en direction du centre-ville de Saint-Denis arrivent donc vides depuis L’Île-Saint-Denis et au-delà.

Encore un peu de patience et, jeudi 15 novembre, ce prolongement sera ouvert aux usagers. Avec une inauguration officielle en fin de matinée. Puis samedi 17 novembre, sur l’ensemble du parcours ce sera la fête. Avec une déambulation musicale prévue à partir de 11 h, des animations, des stands…

C’est fin 1999 que le projet a été validé, mais seulement à l’automne 2008 que les travaux ont commencé. Ce prolongement vers Asnières-Gennevilliers, de 4,9 km va desservir 5 communes (Saint-Denis, L’Île-Saint-Denis, Villeneuve-la-Garenne, Gennevilliers, Asnières-sur-Seine) et il est situé en zone 3 de la tarification, comme le reste de la ligne. Le coût de la réalisation dépasse les 150 millions d’euros et le financement est le suivant : Région Île-de-France 52,58%, Conseil général des Hauts-de-Seine 25,4%, État 19,85%, RATP 1,83%.

Ce parcours allongé fait le pendant avec l’extension de la ligne à l’est, de Noisy-le-Sec à Val-de-Fontenay. Il s’agira là d’un prolongement de 8 km, avec 15 nouvelles stations. Le début des travaux devrait intervenir en 2016.

Depuis sa première mise en service, le 6 juillet 1992 entre Bobigny (Préfecture) et La Courneuve (8-Mai-1945 métro ligne 7), le 21 décembre de la même année, c’était l’ouverture de la ligne jusqu’à la gare principale de Saint-Denis, avec terminus sur le canal. Le T1 a ensuite été prolongé le 15 décembre 2003 jusqu’à la gare de Noisy-le-Sec. Jusque-là les communes desservies étaient outre Saint-Denis : La Courneuve, Drancy, Bobigny et Noisy.

Une vieille histoire

La ligne du T1 a été la pionnière du retour du tram en Île-de-France, lequel avait totalement disparu en 1957 après une réduction progressive depuis le milieu des années 1930. Les trams de l’époque, dont les voies étaient mélangées à la circulation automobile en expansion, ne répondaient pas aux attentes des voyageurs, d’autant plus qu’en sous-sol le métro proposait déjà dans la capitale un service bien plus performant.

Dès 1977, le plan d’aménagement de la région parisienne relance l’idée d’un tram, ce sera le T1. Dont la gestation a été longue, et la naissance permise par une forte mobilisation du conseil général de l’époque, présidé par Georges Valbon (PCF) et par les villes concernées. C’est à Bobigny que se situent le dépôt et les ateliers de maintenance (c’est là aussi que sont entretenues les rames de la ligne 5 du métro).

Le T1 dispose désormais d’une cinquantaine de rames dite TFS, pour tramway français standard. Plusieurs villes en sont équipées, comme Grenoble, une localité où le tram possède aussi une longue histoire (réseau ouvert à la fin du XIXe siècle puis abandonné dans les années 1950 pour renaître en 1987). Le T1 séquano-dionysien dispose donc de ce matériel permettant d’accueillir 178 voyageurs, mais dans la réalité bien plus à certains moments de la journée.

Car une des caractéristiques de la ligne, c’est son immense succès qui se traduit par une fréquentation record. Et les estimations font état d’un accroissement de 43000 voyageurs par jour avec le prolongement vers Les Courtilles. En 2003 et 2004, le T1 a récupéré les voitures du T2 (Porte de Versailles à La Défense et jusqu’au pont de Bezons dès le 19 novembre), lequel a bénéficié, lui, d’un matériel plus moderne…

Le prolongement du T1 a entraîné une réhabilitation de l’espace public sur l’ensemble du tracé, et cela est notamment sensible rue du Port, où toute circulation est désormais impossible jusqu’à la rue Charles-Michels.
Gérald Rossi



Sur le chemin des trams, T5, T8 …


Sur le territoire dionysien et sa proximité, plusieurs projets sont en phase d’éclosion. Ainsi le T5 va relier la place du 8-Mai-1945 (Saint-Denis) à la gare de Garges-Sarcelles (via Pierrefitte). La voie est achevée, mais les rames ne sont pas au rendez-vous. L’ouverture au trafic n’est donc pas attendue au mieux avant l’été 2013. Soit avec au moins six mois de retard.

Le matériel choisi est un tram sur pneus, avec un seul rail de guidage central, conçu par la société alsacienne Lohr industrie. Laquelle a revendu cette activité au groupe Alstom, vente un peu complexe qui s’est traduite par un retard dans la reprise des fabrications.

Pour le T8, la mise en service à la fin 2014 est pour l’heure maintenue. Il s’agit dans ce cas d’un tram classique, sur deux rails. Il doit relier (en fourche) Épinay-sur-Seine et Villetaneuse à la Porte de Paris. D’où les chantiers en cours dans plusieurs secteurs de la ville.

Dans une deuxième phase, ce T8 doit « descendre » à la Plaine et rejoindre la ligne E du RER à la station Rosa-Parks (pas encore ouverte, entre les Portes de la Chapelle et d’Aubervilliers). Saint-Denis, Aubervilliers, Plaine commune, Paris, Le Conseil général du 93… se sont fortement prononcés pour ce prolongement qui n’est pour l’heure pas encore officiellement programmé ni financé.

Et puis le 15 décembre ce sera la mise en service du T3 jusqu’à la Porte de la Chapelle (Porte d’Asnières en 2017), une ligne sur les boulevards des Maréchaux qui rejoint le pont du Garigliano (avec un terminus intermédiaire à Porte de Vincennes). Elle prend la suite des bus « PC ».

Ce T3 en correspondance avec le métro Porte de la Chapelle concernera le sud du territoire de l’agglomération, notamment avec le prolongement de la ligne 12 ouverte le 18 décembre jusqu’à la place du Front populaire (mairie d’Aubervilliers en 2017).
G.R.

En chiffres
4
C’est le nombre de minutes prévu sur la ligne entre deux rames en heure de pointe, et 8 minutes en heure creuse. Entre Saint-Denis et Les Courtilles, le voyage est estimé à 17 minutes.

10
C’est le nombre de nouvelles stations sur ce prolongement. Avec cette nouvelle liaison, les lignes de bus proches sont remaniées. Le 578 sera supprimé entre rue Charles-Michels et mairie de Villeneuve-la-Garenne.

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