En ville

Des médiateurs près des entreprises de la Plaine à Saint-Denis

Generali, Vente-privée.com et Orange, pour protéger leurs salariés d’éventuelles agressions, ont sollicité la présence dissuasive des équipes de Partenaires pour la ville.
Les Partenaires pour la ville dans le secteur de la  Plaine à Saint-Denis, une présence qui rassure
Les Partenaires pour la ville dans le secteur de la Plaine à Saint-Denis, une présence qui rassure


Mardi matin, sous le soleil d’automne, place aux Étoiles, à la sortie du RER D. Le Stade de France n’est pas loin, et il s’y tient le Forum pour l’Emploi. Si vous savez indiquer la direction depuis le parvis de la gare, vous faites dix heureux en autant de minutes. Eddy Custos, 30 ans dont dix passés comme médiateur auprès de Partenaires pour la ville (PPV), sait parfaitement la direction du SDF.


Avec son équipe, composée de d’hommes et de femmes, il a arpenté chaque recoin du quartier pendant des mois. « Même sans Forum pour l’Emploi, il y a toujours beaucoup de passage, avec toutes les entreprises qui sont installées ici », constate-t-il.

Le dispositif de médiateurs en place dans le quartier du Landy a démarré le 4 avril, à la demande de l’entreprise Generali, inquiète des agressions dont certains de ses salariés ont été victimes. Vente-privée.com s’est joint à l’opération.


La Ville, Plaine commune et l’État – par le biais des contrats aidés – participent aussi au financement. Quatre médiateurs sont présents de 8h30 à 19h30, deux en permanence place aux Étoiles pendant que les deux autres déambulent dans le périmètre, notamment autour du square des Acrobates. Un comité de pilotage regroupant les partenaires s’est réuni chaque mois pour évaluer et améliorer le projet. De l’autre côté de l’avenue du président Wilson, un dispositif du même type est en place auprès d’Orange.

D'abord un effet dissuasif

Le coordinateur des médiateurs du Landy parle avec éloquence de son métier, trop souvent assimilé, à son goût, à une mission de sécurité. « Notre présence peut avoir un effet dissuasif sur ceux qui viendraient pour commettre un acte malveillant, mais on n’est pas la police, ni des vigiles ».


De fait, les entreprises ont leur propre service de sécurité à l’entrée de leurs locaux. « Nous, on s’efforce de désamorcer les conflits, pour éviter d’en arriver à la violence. On trouve un terrain d’entente pour renouer le dialogue, qui amène souvent une solution. Nous avons aussi un rôle d’orientation, d’information. »


Aux yeux des médiateurs de PPV, l’efficacité de leur mission est réelle : « On a déjà constaté, à des regards, des postures, que des gens pourraient être pris pour cible. Rien que le fait d’être là suffit souvent à empêcher quelqu’un de passer à l’action », confie Samir, neuf ans chez PPV.

Connaître le territoire

Mais leur meilleure arme, si l’on peut dire, reste la connaissance du territoire, la proximité avec ceux qui le peuplent. « On discute avec les commerçants, avec des salariés. On connaît aussi les jeunes d’ici, pour avoir fait de la médiation près du collège Iqbal-Masih. Le lien se fait facilement avec eux, parce qu’on a des parcours communs, ils sentent qu’on sait de quoi ils parlent, les problèmes qu’ils rencontrent. »


Leur but : faire tomber les a priori installés chez des salariés inquiets de la réputation du 93, et chez des jeunes, spectateurs du développement de leur quartier sans en bénéficier vraiment : les entreprises embauchent très peu localement.


Le dispositif se poursuit jusqu'à la fin de l'année. Les médiateurs espèrent qu’il pourra bientôt s’installer dans la durée et que d’autres entreprises seront séduites par cette approche.


Sébastien Banse

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