En ville

Les Velcom ne tournent pas rond

C\'est un mauvais bilan. Un mois après la remise en route des vélos en libre-service, le nombre d’utilisateurs stagne et les vols continuent, même si les machines sont retrouvées, souvent dégradées.


Velcom déraille. Le 29 mars dernier, après une interruption de plus de six mois, le dispositif de vélos en libre-service mis en place par la société Decaux dans plusieurs villes de Plaine commune en juin 2009 a été relancé. Avec 250 engins neufs répartis dans la cinquantaine de stations. Lors du lancement, 450 machines étaient disponibles, avec des tarifs et un système de fonctionnement identique au Vélib parisien (1).


Un mois après le redémarrage, le bilan n’est pas bon. Du côté de Plaine commune, on confirme avec prudence que le nombre d’usagers quotidiens ne dépasse toujours pas les soixante à quatre-vingts personnes. Ce qui est peu. De plus, depuis le 29 mars, il semblerait que près de 180 Velcom aient déjà été volés ou abîmés, souvent les deux.

Avec une différence de taille, comparé à la situation précédente, la plupart des vélos sont retrouvés, un peu partout dans la ville, aussi bien par la police que par la société Decaux, car les engins sont munis d’une puce d’identification à distance…


Lors de l’été 2010, avant la suspension complète du service, 428 des 450 engins disponibles avaient été détruits ou subtilisés (ils n’étaient pas « pucés » à l’époque). Il est vrai que vols et dégradations sont aussi un phénomène que connaît le grand frère Vélib, car dans la capitale, depuis la mise en service en juillet 2007, la totalité du parc a été renouvelée. Étrangement, il a été constaté que si les stations Velcom de la Plaine avaient été particulièrement visées à l’été 2010, celles de Vélib, proches de quelques mètres, n’avaient pas subi le même sort.

La fin d’une expérience ?

Sur le plan technique, Velcom et Vélib ne sont pas compatibles, et pour aller par exemple de la médiathèque centrale de Saint-Denis à la gare du Nord, il faut changer de monture au Pont de Soissons, dans le quartier Plaine. Ce qui nécessite deux abonnements distincts. Un réseau compatible aurait sans doute démultiplié l’utilisation. De plus, seule une partie du territoire de Plaine commune bénéficie de stations. Ce qui a limité la pertinence du système. Et la quasi absence de pistes cyclables ne l’a pas non plus favorisé.


Dans ce contexte, Plaine commune, qui est appelée à mettre la main au portefeuille conformément au contrat passé avec Decaux, va devoir trancher. Lors d’un bureau communautaire, qui s’est tenu jeudi 28 avril, la question a été abordée. Et elle devrait être inscrite à l’ordre du jour de la prochaine séance, mardi 17 mai.


C’est en effet en réunion plénière que les élus devront prendre une décision. Soit de relance, soit d’abandon des Velcom. Et selon plusieurs sources, de nombreux conseillers ne seraient pas favorables à la poursuite de l’expérience, refusant d’engager des dépenses relativement conséquentes pour un résultat très relatif…


Gérald Rossi


(1) Le réseau parisien Vélib implanté dans les communes proches de la capitale, notamment le secteur de la Plaine à Saint-Denis, à Aubervilliers et Saint-Ouen, n’est pas concerné par la décision communautaire. Si Velcom était interrompu, Vélib (qui va bénéficier de nouvelles offres d’abonnement) resterait en place.