Samedi 13 juin 2026

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Sénateurs écologistes élus : le groupe au Sénat

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Par Romain
5 min de lecture
Sénateurs écologistes élus : le groupe au Sénat

Le groupe écologiste au Sénat français a connu une trajectoire politique mouvementée depuis sa création. Fondé le 11 janvier 2012 avec dix membres, il représente aujourd'hui l'une des forces minoritaires mais influentes d'une chambre qui compte 348 sénateurs au total. Retour sur une histoire faite de dissolutions, de reconstructions et de paris électoraux gagnés.

Naissance et première dissolution du groupe écologiste

Le groupe voit le jour sous la présidence de Jean-Vincent Placé, sénateur de l'Essonne. C'est lui qui tient les rênes du collectif jusqu'au 5 novembre 2015, date à laquelle les tensions internes commencent à fragiliser la structure. Marie-Christine Blandin occupe le poste de vice-présidente à partir de juillet 2014, avant que Corinne Bouchoux puis Jean Desessard ne se succèdent à la présidence.

Les turbulences internes accélèrent le démantèlement. Jean-Vincent Placé quitte EELV en août 2015 pour créer son propre mouvement, rebaptisé Parti écologiste. Il entre ensuite au gouvernement le 11 février 2016. Parallèlement, Leila Aïchi abandonne le parti pour rejoindre le MoDem, tout en restant formellement dans le groupe. Pour maintenir le groupe au-dessus du seuil des dix membres requis, Hervé Poher, sénateur socialiste, se rattache administrativement au collectif.

Le coup de grâce arrive en juin 2017. André Gattolin choisit de rejoindre La République en marche, faisant chuter l'effectif à neuf élus. Ce départ suffit à déclencher la dissolution automatique du groupe. Seuls trois sénateurs sur neuf survivent politiquement au renouvellement de 2017 : Esther Benbassa, Ronan Dantec et Joël Labbé. Les autres ne se représentent pas.

Cette disparition laisse les écologistes sans groupe constitué pendant trois années consécutives, entre 2017 et 2020. Une absence lourde de conséquences : sans groupe, pas de moyens, pas de temps de parole garanti, pas de représentation institutionnelle pleine et entière.

Reconstruction en 2020 : six nouveaux élus pour relancer la machine

Les élections sénatoriales de septembre 2020 marquent le grand retour. Six nouveaux sénateurs écologistes font leur entrée au Palais du Luxembourg :

  1. Thomas Dossus
  2. Raymonde Poncet
  3. Jacques Fernique
  4. Monique de Marco
  5. Guy Benarroche
  6. Daniel Salmon

Le groupe se reconstitue avec douze membres sous le nom de groupe écologiste - solidarité et territoires. Guillaume Gontard, sénateur de l'Isère, prend la présidence le 29 septembre 2020. Esther Benbassa obtient la vice-présidence. Paul-Toussaint Parigi, autonomiste corse, intégrale l'effectif initial.

Les turbulences reprennent vite. Le 15 septembre 2021, Esther Benbassa est exclue du groupe suite à des accusations de management brutal. Puis Sophie Taillé-Polian démissionne le 3 juillet 2022 après son élection comme députée. Daniel Breuiller la remplace au sein du groupe. La même année, Mélanie Vogel rejoint les rangs avec mon expérience de sénatrice représentant les Français établis hors de France, élue lors du scrutin du 26 septembre 2021.

Élections de 2023 : record d'effectifs et enjeux de représentation

Le scrutin du 24 septembre 2023 constitue un tournant. EELV fait élire cinq sénateurs, dont trois à Paris, où Yannick Jadot décroche un siège. Le groupe gagne un nouveau terrain dans les Yvelines et conserve une représentation au Val-de-Marne grâce au soutien apporté au dissident socialiste Akli Mellouli.

Grégory Blanc, ex-sénateur socialiste officiellement soutenu par EELV, intègre le groupe. Ghislaine Senée change quant à elle de statut, passant de LE à DVG. Le 26 septembre 2023, Guillaume Gontard est réélu président avec un groupe fort de 17 membres, soit surtout le plus grand contingent écologiste de toute l'histoire du Sénat.

Période Effectif du groupe Président(e)
Janvier 2012 10 membres Jean-Vincent Placé
Juin 2017 Dissolution (9 membres) Jean Desessard
Septembre 2020 12 membres Guillaume Gontard
Fin 2023 16 membres Guillaume Gontard

Le départ de Paul-Toussaint Parigi le 13 décembre 2023 ramène le groupe à 16 membres, soit 4,60 % des sénateurs. C'est peu, objectivement. Mais c'est suffisant pour exister institutionnellement, sachant que le seuil minimal pour constituer un groupe au Sénat est fixé à 10 membres, contre 15 à l'Assemblée nationale.

Stratégie électorale et ancrage territorial des écologistes au Sénat

Franchement, comprendre la mécanique électorale sénatoriale est indispensable pour mesurer les efforts nécessaires. Le collège des grands électeurs se compose à 95 % de représentants des conseils municipaux. À Strasbourg par exemple, environ 400 grands électeurs sur 2 791 peuvent basculer un résultat. Ce contexte rend chaque implantation locale décisive.

Selon Hélène Hardy, déléguée aux élections chez EELV, l'objectif fixé pour 2023 visait entre 10 et 15 élus écologistes. Les circonscriptions ciblées incluaient la Gironde (six sièges à pourvoir), le Rhône (sept sièges), le Bas-Rhin (cinq sièges), l'Ille-et-Vilaine et la Haute-Savoie. Le Conseil fédéral d'EELV avait adopté une motion cadre orientant la stratégie vers un groupe cohérent, porteur d'un engagement collectif pour l'écologie et la justice sociale.

La vraie leçon de ces dix ans ? Maintenir un groupe sénatorial écologiste exige une discipline collective constante, une implantation locale solide et une capacité à gérer les dissidences sans se fracturer. L'épisode Benbassa comme le départ de Gattolin montrent que les rapports de force internes peuvent faire autant de dégâts qu'une défaite électorale. Pour les prochains scrutins, l'enjeu sera de consolider ces 16 sièges tout en construisant des alliances locales durables, notamment dans les grandes métropoles régionales.

L'auteur

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Romain

Rédaction de Le JSD.

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