Samedi 13 juin 2026

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Najat Vallaud-Belkacem : discours et vision

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Par Cécile
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Najat Vallaud-Belkacem : discours et vision

Née le 4 octobre 1977 à Beni Chiker, au Maroc, Najat Vallaud-Belkacem arrive en France en 1982 dans le cadre d'un regroupement familial, d'abord à Abbeville, puis à Amiens où elle grandit. Elle obtient son baccalauréat économique et social en 1995 au lycée Delambre d'Amiens, enchaîne avec une licence en droit à l'université de Picardie, puis décroche en 2000 son diplôme de Sciences Po Paris en section Service public. Elle échoue deux fois au concours de l'ENA. C'est là qu'elle rencontre Boris Vallaud, qu'elle épouse le 27 août 2005. Ils ont deux jumeaux, Louis-Adel et Nour-Chloé, nés le 28 octobre 2008.

Après trois ans comme juriste dans un cabinet parisien intervenant au Conseil d'État et à la Cour de cassation, elle adhère au Parti socialiste après le 21 avril 2002. Elle rejoint ensuite l'équipe de Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon. Sa trajectoire locale s'accélère : élue conseillère régionale de Rhône-Alpes en mars 2004 sur la liste de Jean-Jack Queyranne, puis conseillère générale du Rhône en mars 2008 avec 58,52% des voix au second tour. En décembre 2007, le magazine Lyon Capitale la désigne « Lyonnaise de l'année », aux côtés du footballeur Karim Benzema.

La vision de Najat Vallaud-Belkacem sur les droits des femmes

Le 16 mai 2012, Najat Vallaud-Belkacem est nommée ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement Ayrault. C'est la première fois depuis 1986 que ce ministère retrouve un statut de plein exercice. Elle formule clairement sa vision : construire une troisième génération de droits des femmes, après les droits politiques et l'égalité économique.

Ses chantiers sont divers et concrets. Dès le 30 novembre 2012, elle réunit le premier comité interministériel aux droits des femmes depuis douze ans. Le 19 décembre 2012, un décret rend obligatoire l'adoption d'accords sur l'égalité salariale. Quatre mois plus tard, elle annonce les deux premières sanctions contre des entreprises contrevenantes.

Parmi les mesures phares de cette période :

  • Création, le 4 janvier 2013, du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, présidé par l'ancienne députée Danielle Bousquet et comptant parmi ses membres l'ancienne ministre Roselyne Bachelot.
  • Lancement du site ivg.gouv.fr le 27 septembre 2013, avec remboursement de l'IVG à 100% par la sécurité sociale.
  • Promulgation le 4 août 2014 de la loi pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes, visant spécialement à inciter les pères à prendre un congé parental.
  • Plan triennal de novembre 2013 contre les violences, prévoyant 1650 nouvelles places d'hébergement d'urgence et la création du numéro 39 19.
  • Programme expérimental des ABCD de l'égalité dans quelque 500 classes en 2013.

Fin 2012, Le Trombinoscope la désigne révélation politique de l'année. Un sondage la classe deuxième personnalité politique préférée des Français, avec 43% d'opinions favorables, juste derrière Alain Juppé.

Réformes et controverses au ministère de l'Éducation nationale

Le 26 août 2014, Najat Vallaud-Belkacem devient la première femme de l'histoire de la République nommée ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Elle conserve ce portefeuille jusqu'au 10 mai 2017.

Ses réformes touchent tous les niveaux du système éducatif. En décembre 2014, elle refonde l'éducation prioritaire autour de quatre critères sociaux, aboutissant à une carte de 1089 réseaux, dont 350 REP+. La réforme du collège, présentée en avril 2015 et appliquée en septembre 2016, introduit des enseignements pratiques interdisciplinaires et renforce l'apprentissage des langues étrangères. L'OCDE porte un jugement positif sur ces mesures pour réduire le taux de 20% de jeunes en échec scolaire.

Mesure Année Chiffre clé
Investissement numérique 2014-2017 1 milliard d'euros sur 3 ans
Recrutements d'enseignants Rentrée 2015 35 000 postes
Revalorisation des rémunérations 2017 500 millions d'euros
Loi Villefontaine 5 avril 2016 Protection des élèves

La réforme des programmes suscite une vive opposition. Des intellectuels comme Régis Debray, Michel Onfray, Pierre Nora, Alain Finkielkraut ou Marc Fumaroli critiquent notamment la place accordée aux langues anciennes. Najat Vallaud-Belkacem les qualifie publiquement de « pseudos-intellectuels ». Pierre Nora, lui, dénonce dans les nouveaux programmes d'histoire une relecture de l'Occident à travers le prisme colonial. Elle réunit les protagonistes et adopte une version définitive en septembre 2015, après consultation des enseignants, auxquels elle a d'ailleurs confié la rédaction du nouveau socle commun de connaissances grâce à la contribution de 800 000 enseignants.

Engagements après 2017 : de l'édition aux causes humanitaires

Battue lors des législatives de juin 2017 face au candidat de La République en marche Bruno Bonnell dans la 6e circonscription du Rhône, Najat Vallaud-Belkacem prend ses distances avec la direction du Parti socialiste. Elle refuse la direction collégiale temporaire et n'est pas candidate au poste de première secrétaire au congrès d'Aubervilliers en 2018, soutenant finalement Olivier Faure.

Elle dirige alors la collection Raison de Plus chez Fayard, réunissant des essais d'intellectuels progressistes comme Yves Citton, Frédérique Matonti ou Laurent Mucchielli. En mars 2024, après le rachat de Fayard par Vincent Bolloré et les départs de Sophie de Closets et d'Isabelle Saporta, elle dénonce la « Bolloreisation indécente » de la maison d'édition et clôt sa collection.

Sur le terrain international, elle prend la direction de l'ONG ONE en France en mars 2020, devient professeure affiliée à l'université Mohammed VI Polytechnique à Marrakech en juin 2020, puis préside le conseil stratégique de la Fondation Tent, qui mobilise les grandes entreprises pour l'emploi des réfugiés. En juin 2022, elle rejoint la présidence de France terre d'asile. Le 30 mai 2023, elle lance Inclusiv.tv, une plateforme de VOD dédiée aux valeurs d'inclusivité. Aux régionales de 2021 en Auvergne-Rhône-Alpes, sa liste obtient 11,40% puis fusionne avec les écologistes de Fabienne Grebert : l'union à gauche réunit 32,7% des voix, derrière Laurent Wauquiez et devant le Rassemblement national.

L'auteur

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Cécile

Rédaction de Le JSD.

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