Franprix : premier succès après la grève
Le 8 juillet 2017, la section CGT Franprix Petites Ecuries signe un accord NAO historique : première fois dans l'histoire des Négociations Annuelles Obligatoires chez Franprix qu'un tel accord aboutit. La direction avait pourtant posé ses conditions dès le départ : 0% d'augmentation, zéro concession. Ce résultat, arraché en quelques jours seulement, illustre ce que la mobilisation collective peut produire quand elle est bien organisée.
Franprix : la détermination de la CGT et des salariés a payé !
Tout commence par une assemblée générale convoquée par Lamine NHACO, délégué syndical CGT du magasin. Dix-huit salariés se réunissent et votent massivement pour déclencher une grève à partir du vendredi 7 juillet 2017. Un vote net, sans ambiguïté. Face à une direction qui refusait d'entendre la moindre revendication syndicale, le rapport de force était la seule option sérieuse.
Le lendemain, le 8 juillet, l'accord est signé. Une augmentation générale des salaires est actée, là où la direction n'avait consenti qu'un blocage total des rémunérations. Pour beaucoup de salariés, ce résultat paraissait inatteignable quelques semaines plus tôt. C'est précisément pour ça qu'il est significatif.
Ce succès ne tombe pas du ciel. Il repose sur une organisation syndicale solide, une base de salariés mobilisés et la capacité à maintenir la pression sur l'employeur dans un délai très court. Franchement, c'est le type de victoire qui prouve que la grève reste un levier efficace dans la grande distribution, même dans des structures de taille modeste.
Grève à Saint-Ouen et à Paris : des mobilisations qui révèlent des conditions de travail dégradées
Au Franprix de Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis, le mouvement prend une dimension particulière. Zhor, employée commerciale depuis vingt-trois ans dans ce magasin, n'avait jamais connu de grève. Et pourtant, quand le mouvement se déclenche, une vingtaine d'employés sur trente se mobilisent. C'est massivement, pour un seul établissement.
Les revendications des salariés sont précises et concrètes :
- La réintégration de leur directeur, licencié après avoir dénoncé un trafic de drogue dans le magasin
- Une augmentation des salaires
- La présence d'un vigile pendant toute la durée d'ouverture
- De meilleures conditions de travail au quotidien
Les grévistes obtiennent la réparation du rideau d'air chaud et la promesse d'une augmentation de 50 euros brut. Pas une victoire totale, mais des avancées tangibles. Le 12 juillet 2017, une vingtaine de salariés réclament toujours la réintégration de leur directeur, celui-ci ayant amélioré leurs conditions de travail pendant deux ans avant d'être brutalement écarté.
La direction, elle, choisit l'intimidation. Elle envoie des courriers recommandés reprochant aux grévistes d'avoir lancé un mouvement sans préavis de grève, argument fallacieux : le préavis de grève n'existe pas dans le secteur privé. Cette tentative de pression juridique ne décourage pas les salariés, qui s'installent devant le magasin maintenu ouvert par le gérant, informant les passants de leur lutte.
La solidarité du quartier répond présente. Des habitants signent une pétition, boycottent le magasin et alimentent la caisse de soutien. Ce type de mobilisation locale, où la communauté et les travailleurs se rejoignent, n'est pas courant. Il mérite d'être souligné.
| Magasin | Date | Revendications principales | Bilan obtenu |
|---|---|---|---|
| Franprix Petites Ecuries | 7-8 juillet 2017 | Augmentation générale des salaires (NAO) | Accord NAO signé, premier de l'histoire de l'enseigne |
| Franprix Saint-Ouen | Juillet 2017 | Réintégration directeur, hausse salariale, sécurité | +50 euros brut promis, réparation rideau d'air |
| Franprix Beaurepaire (Paris) | 11 octobre 2019 | Conditions de travail, heures sup, recrutements | Rassemblement de soutien le 25 octobre |
Au Franprix Beaurepaire, place de la République à Paris, les travailleurs se mettent en grève le 11 octobre 2019. Les griefs sont multiples : management défaillant, approvisionnement irrégulier, heures supplémentaires non payées, refus d'embauches et non-respect des normes sanitaires. Un travailleur a même été licencié dans des conditions jugées humiliantes par ses collègues.
Le PRCF Ile de France (Parti de la Refondation Communiste de France) apporte son soutien, fort de son expérience auprès des travailleuses femmes de chambre de l'hôtel Ibis Batignolles et des salariés de Chronopost. La CGT Commerce et Services organise un premier rassemblement devant le magasin le vendredi 25 octobre, amplifiant la visibilité du conflit.
Franprix dans la large distribution : un terrain fertile pour les conflits sociaux
Ces épisodes ne sont pas des accidents isolés. Franprix appartient au groupe Casino, et les conflits sociaux dans la grande distribution dépassent largement cette seule enseigne. Des mobilisations s'organisent dans plusieurs hypers Carrefour et Auchan. Le plan de licenciement Conforama prévoit la suppression de près de 2 000 emplois dans 600 magasins, illustrant une tendance de fond dans le secteur.
Pour les salariés qui hésitent encore à se mobiliser, ces exemples montrent quelque chose de concret : la grève produit des résultats mesurables, même dans des petits magasins, même face à des directions qui semblent imperméables au dialogue. L'organisation syndicale fait la différence, comme l'a démontré Lamine NHACO à Petites Ecuries.
Si vous travaillez dans ce secteur, l'étape la plus actionnable reste de connaître vos droits syndicaux réels, surtout le fait qu'aucun préavis n'est requis dans le privé. C'est souvent sur ce point précis que les directions tentent d'intimider les grévistes en premier.
L'auteur
Rédaction de Le JSD.
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