Franc-Moisin : désinfection des halls d'immeuble
À quelques centaines de mètres du Stade de France, le quartier Franc-Moisin concentre près de 13 000 habitants sur 54 hectares, coincé entre le canal Saint-Denis, le Fort de l'Est et les autoroutes A1 et A86. Dans cet espace dense, sans artères structurantes, la vie en immeuble collectif pose des questions très concrètes. Parmi elles, l'entretien et la désinfection des halls d'immeuble occupent une place centrale, renforcée par la crise sanitaire de 2020 et les actions du collectif des habitants de Franc-Moisin.
Désinfection des halls d'immeuble : ce que dit la réglementation
Le règlement sanitaire départemental est clair : les parties communes d'un immeuble collectif doivent être maintenues dans un état constant de propreté. Cela concerne les halls, cages d'escalier, couloirs et parkings souterrains. Mais attention, nettoyage et désinfection sont deux opérations distinctes qu'il ne faut pas confondre.
Le nettoyage élimine les salissures visibles et réduit mécaniquement la charge microbienne. La désinfection, elle, cible les micro-organismes pathogènes avec des produits spécifiques. Dans la grande majorité des situations courantes, un produit mixte détergent-désinfectant suffit pour traiter efficacement les surfaces fréquentées des parties communes.
Les produits utilisés pour la désinfection ne sont pas choisis au hasard. Le règlement européen UE n°528/2012 encadre strictement l'usage des produits biocides, imposant des critères d'efficacité et d'innocuité. Vérifier que le produit utilisé est bien homologué dans ce cadre est un réflexe minimal, que vous soyez locataire ou gestionnaire d'immeuble.
Franchement, dans un immeuble de petite taille, l'entretien peut rester à la charge des locataires eux-mêmes, par roulement. Dès que la copropriété dépasse une certaine taille, faire appel à une personne dédiée à l'entretien devient non seulement plus efficace mais aussi plus équitable pour tous les résidents.
Quand faire appel à un professionnel de la désinfection ?
La pandémie de COVID-19 a changé la donne dans les immeubles collectifs. Face à un risque de contamination par un micro-organisme pathogène avéré, le recours à un professionnel de la désinfection n'est plus une option, c'est une nécessité. Les prestataires spécialisés disposent d'équipements et de produits que les résidents n'ont tout simplement pas à leur disposition.
Voici les situations qui justifient clairement l'intervention d'un professionnel :
- Présence confirmée d'un cas de maladie contagieuse dans l'immeuble
- Contamination bactériologique ou fongique des surfaces (moisissures dans les parties communes)
- Nettoyage après incident sanitaire grave (fuite d'eaux usées, inondation de cave)
- Période épidémique avec forte circulation virale dans le quartier
Pour les interventions de routine, un passage hebdomadaire avec un détergent-désinfectant homologué reste la norme raisonnable. Les poignées de portes, interphones, boutons d'ascenseur et rampes d'escalier méritent une attention spécifique : ce sont les surfaces à fort contact où les agents pathogènes persistent le plus longtemps.
Franc-Moisin : un quartier mobilisé face aux enjeux sanitaires et urbains
Le contexte de Franc-Moisin dépasse la simple question de l'entretien des halls. Lors de la crise sanitaire de 2020, le collectif des habitants de Franc-Moisin a interpellé les têtes de listes pour le second tour des élections municipales de Saint-Denis, prévu le 28 juin 2020. Quatorze questions ou propositions ont été adressées, touchant à la fois la gestion sanitaire immédiate et le projet de rénovation urbaine.
Parmi les demandes les plus urgentes figurait la suppression des loyers d'avril, mai et juin 2020 pour faire face à la précarité croissante des locataires du parc social. Les bailleurs PCH et LOGIREP gèrent les logements du quartier, et l'inégalité de traitement entre leurs locataires respectifs constituait un grief central du collectif.
| Thématique | Demande formulée |
|---|---|
| Précarité locative | Suppression des loyers d'avril, mai et juin 2020 |
| Expulsions | Arrêt immédiat des procédures d'expulsion |
| Rénovation urbaine | Retour sur le projet prévoyant 477 démolitions |
| Transparence | Accès aux données du parc social sur Saint-Denis |
| Relogement | Contrôle par les locataires avant lancement des opérations |
Le projet de rénovation urbaine prévoit la démolition de 477 logements sociaux. Une clause de revoyure laisse même envisager la destruction des bâtiments B11, B12 et B13. Les locataires du bâtiment 7 ont exprimé leur opposition à hauteur de 80% contre la démolition des escaliers du 22, 24 et 26 rue de Lorraine. Ce chiffre mérite d'être entendu.
Améliorer concrètement l'entretien dans les immeubles de Franc-Moisin
Au-delà des revendications politiques, des problèmes très concrets pèsent sur le quotidien des résidents. Les parkings souterrains accumulent les places non sécurisées et les box condamnés à cause de fuites d'eau persistantes. Les colonnes enterrées de collecte des déchets débordent régulièrement, faute d'un dimensionnement adapté au volume réel des habitants.
Pour améliorer la situation dans ces espaces partagés, quelques mesures pratiques s'imposent. D'abord, établir un protocole d'entretien écrit, partagé avec tous les résidents et affiché dans les halls. Ensuite, identifier clairement les responsabilités entre bailleurs et locataires pour chaque zone commune. La MOUS, organisme impliqué dans la conduite des opérations de rénovation, devrait intégrer ces exigences d'entretien dès la phase de concertation avec les locataires.
Le quartier dispose d'atouts réels. La médiathèque Ulysse, le complexe sportif, le collège Garcia-Lorca et le lycée Suger constituent un socle d'équipements non négligeable. Les lignes de bus 170, 253, 302 et 254, combinées à la proximité du RER B et de la ligne 13, facilitent les déplacements. Partir de ces forces existantes pour construire une dynamique collective autour de l'entretien des espaces partagés, c'est précisément ce que propose le collectif des habitants. Impliquer directement les résidents dans les protocoles de nettoyage et de désinfection, c'est aussi un moyen concret de recréer du lien dans un quartier qui a prouvé, lors de la crise sanitaire, la solidité de ses réseaux de solidarité.
L'auteur
Rédaction de Le JSD.
Partager cet article