Festival Avignon : matinée théâtre à Saint-Denis
La Seine-Saint-Denis débarque au Festival d'Avignon avec une programmation 100% danse, portée par le dispositif La Belle Scène Saint-Denis. Derrière ce projet, le Théâtre Louis-Aragon (TLA), scène conventionnée d'intérêt national Art et création basée à Tremblay-en-France, qui transforme chaque été quelques jours avignonnais en vitrine chorégraphique pour le territoire du 93. Franchement, c'est l'une des initiatives les plus cohérentes qu'un département ait montées pour exposer ses artistes sur la plus grande scène théâtrale française.
La Belle Scène Saint-Denis au Festival d'Avignon : programme et horaires des matinées
Du 8 au 17 juillet, les représentations se tiennent chaque jour à deux créneaux : 10h et 18h. Les matinées à 10h accueillent les deux premiers programmes danse, d'une durée de 1h30 chacun. C'est ce format matinal qui attire en particulier les festivaliers qui veulent enchaîner plusieurs spectacles dans la journée, une habitude bien ancrée à Avignon.
Le programme danse #1 se joue du 8 au 12 juillet à 10h. Il réunit trois propositions distinctes : Os (étape de travail) par Youness Aboulakoul de la Compagnie Ayoun, La Breva par Dafne Bianchi de la Compagnie Néphélé, et Gounouj in situ par Léo Lérus de la Compagnie Zimarèl, né en Guadeloupe. Johana Malédon, interprète pour Léo Lérus, fait partie de ces artistes directement liés au TLA.
Place ensuite au programme danse #2, du 13 au 17 juillet à 10h. Au menu : Paisiblement (extrait) par Mithkal Alzghair de l'Association HEK-MA, Out/side par Mwendwa Marchand de la Compagnie Outside, et Bal Magnétique [tour de danse] par Massimo Fusco de la Compagnie Corps Magnétiques. À noter : Dafne Bianchi et Mwendwa Marchand bénéficient toutes deux du soutien du Plan Hip Hop du Département de la Seine-Saint-Denis.
| Programme | Dates | Horaire | Durée |
|---|---|---|---|
| Danse #1 | 8 au 12 juillet | 10h | 1h30 |
| Danse #2 | 13 au 17 juillet | 10h | 1h30 |
| Danse #3 | 11 au 13 juillet | 18h | 1h |
Le programme danse #3, plus court (1h), se joue les 11 au 13 juillet à 18h. Il propose Leather Better (In situ) extrait par Andréa Givanovitch, et NATURES (extrait) par Delphine Mothes de la Compagnie Phaenomenon. Un format soirée plus condensé, idéal pour découvrir deux univers chorégraphiques en une heure chrono.
Entrée libre, réservation obligatoire sur le site labellescenesaintdenis.com. Pas de Ticket Off disponible pour ces séances. Le spectacle est accessible aux personnes déficientes visuelles, et le public minimum recommandé commence à 10 ans.
Artistes, compagnies et territoire : la Seine-Saint-Denis en vitrine chorégraphique
Ce qui rend ce dispositif spécialement intéressant, c'est son ancrage territorial. Youness Aboulakoul, Mithkal Alzghair et Massimo Fusco sont ou ont été artistes associés au Théâtre Louis-Aragon. Ce n'est pas un festival qui programme des noms extérieurs pour briller : il expose ses propres artistes, ceux qui travaillent avec le territoire du 93 au quotidien.
La plateforme Danse Dense, spécialisée dans le repérage et l'accompagnement des chorégraphes émergents, est impliquée dans cette programmation. C'est une garantie de fraîcheur : on ne vient pas voir des valeurs sûres déjà consacrées, mais des propositions en train de se construire. Pour un festivalier curieux, c'est franchement plus stimulant que beaucoup de programmations formatées.
Le soutien institutionnel est solide. La programmation repose sur un financement croisé entre la Ville de Tremblay-en-France, le Département de la Seine-Saint-Denis, la Région Île-de-France, et le Ministère de la Culture via la DRAC Île-de-France. Ce type de montage multi-partenaires, courant dans le spectacle vivant public, conditionne souvent la pérennité d'un projet, un peu comme dans certaines régions où les dynamiques territoriales influencent directement les investissements publics et privés.
Rencontres et événements en parallèle des représentations de danse
Les spectacles ne constituent pas la seule raison de se rendre sur le stand de La Belle Scène Saint-Denis. Deux temps d'échange sont programmés, accessibles à tous ceux qui s'intéressent au secteur chorégraphique.
- Jeudi 9 juillet à 18h : rencontre avec le SYNDEAC autour du secteur chorégraphique et de la campagne Ce que peut la danse, qui court sur la période 2026-2028.
- Mercredi 15 juillet à 18h : rencontre avec LABO-T 93, où les jeunes de la nouvelle promotion témoignent de leur immersion dans les métiers du spectacle vivant, au sein des neuf lieux de création et de diffusion du projet La Beauté du geste, en partenariat avec les Ceméa à Avignon.
Ces rencontres ouvrent une fenêtre sur la transmission et la formation. Le projet La Beauté du geste, porté conjointement avec les Ceméa, implique neuf structures différentes : c'est un réseau dense, pas une simple vitrine institutionnelle. Pour les professionnels présents au festival, ces moments sont souvent plus précieux que les spectacles eux-mêmes.
La campagne Ce que peut la danse du SYNDEAC mérite d'ailleurs une attention particulière. Lancée sur trois ans (2026-2028), elle vise à documenter et défendre les pratiques chorégraphiques dans un contexte de pression budgétaire croissante sur le spectacle vivant. Participer à cette rencontre le 9 juillet, c'est se connecter immédiatement aux débats qui structureront le secteur dans les années à venir. Pour tout acteur culturel, c'est une occasion à ne pas rater.
L'auteur
Rédaction de Le JSD.
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