Samedi 13 juin 2026

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Drancy Saint Denis rugby : actualités et vidéos

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Par Lauren
5 min de lecture
Drancy Saint Denis rugby : actualités et vidéos

Dimanche vers 16h30, 1 000 spectateurs ont envahi la pelouse du stade Guy-Môquet à Drancy. Une scène rare dans le rugby amateur francilien, qui dit tout de ce que représente désormais l'Union Drancy Saint-Denis pour son territoire. Le club, né de la fusion entre Saint-Denis Rugby 93 et Rugby Drancy, vient de réaliser l'une des remontadas les plus marquantes de la saison en Fédérale.

Une remontada historique pour le rugby de Seine-Saint-Denis

Partir avec un déficit de 15 points après le match aller contre Bagnères-de-Bigorre, c'est une position que beaucoup auraient jugée sans issue. L'Union Drancy Saint-Denis, elle, a renversé la situation avec une netteté déconcertante : 34-10 au match retour, soit 24 points d'écart. Le club accède ainsi à la Nationale 2, l'équivalent de la 4e division française, un niveau jamais atteint par les deux entités qui le composent.

La mi-temps avait pourtant semé le doute. Le score de 7-10 en défaveur de l'Union aurait pu décourager. Dans le vestiaire, Vincent Gassie, manager général du club, a observé quelque chose d'inhabituel : 10 minutes de silence total, une concentration qu'il décrit lui-même comme "militaire". Pas de discours, pas d'agitation. Juste un groupe qui sait ce qu'il a à faire.

Ce groupe a ensuite inscrit 27 points en seconde période, sans en concéder un seul. Nouha Dabo a contribué au tableau d'affichage avec un essai. La mécanique offensive tournait à plein régime, portée par un collectif soudé qui s'entraîne trois fois par semaine, sans exception, et avec la même exigence pour tous.

Cette victoire ne sort pas de nulle part. Sur l'ensemble de la saison, l'Union est la meilleure marqueuse d'essais de sa poule, forte de 7 bonus offensifs, dont plusieurs obtenus à l'extérieur. C'est une identité de jeu assumée : le rugby offensif, percutant, spectaculaire. Un langage que tous les joueurs partagent, quelle que soit leur origine.

Dix joueurs de Seine-Saint-Denis, zéro professionnel

Ce qui frappe dans ce groupe, c'est la diversité des profils autant que leur ancrage territorial. Une dizaine de joueurs viennent de Seine-Saint-Denis, entourés de recrues venues d'ailleurs et de profs de sport montés du Sud. La première ligne aligne grosso modo les titulaires de la sélection nationale du Sénégal. C'est dire la richesse humaine du vestiaire.

Pourtant, aucun joueur n'est professionnel. Demba Kane, le capitaine et demi de mêlée, formé à l'ASPTT Pantin, travaille comme gestionnaire à l'hôpital Delafontaine. Lilian Djomboue, talonneur avec un vécu en Pro D2 à Aurillac, est aujourd'hui surveillant dans un collège de Drancy. Corentin Leboulanger, 2e ligne, enseigne dans une école primaire du même territoire.

Joueur Poste Activité professionnelle
Demba Kane Demi de mêlée / Capitaine Gestionnaire, hôpital Delafontaine
Lilian Djomboue Talonneur Surveillant, collège de Drancy
Corentin Leboulanger 2e ligne Instituteur à Drancy
Florent Pernet Centre Coach équipe universitaire Paris 13-Bobigny

Florent Pernet, lui, coache l'équipe universitaire de Paris 13-Bobigny après les entraînements. Alexis Teytaut prend en charge les avants, tandis que Guillaume Leleu, spécialiste de la mêlée et coach à Suresnes, intervient ponctuellement. Derrière tout ça, des bénévoles comme Stéphanie Castagna et Jeff Demery assurent la continuité du projet. Un club qui tient debout grâce à ses gens, pas à un budget XXL.

Ce modèle rappelle celui des Louves de Bobigny, référence locale en rugby féminin Elite. La comparaison n'est pas flatteuse par hasard : comme les Louves, l'Union incarne un collectif de passionnés ultra motivés, attachés à leur territoire et porteurs d'une fierté du 93 qui ne se marchande pas.

Le 8 juin face à l'Isle-Jourdain : une demi-finale pour entrer dans l'histoire

La prochaine étape arrive vite. Le 8 juin, l'Union Drancy Saint-Denis affronte l'Isle-Jourdain, club du Gers et premier de sa poule en saison régulière. Match unique, terrain neutre : il n'y aura pas de match retour pour se rattraper. Tout se joue en 80 minutes.

Le club organise le déplacement d'un car de supporters. Pour beaucoup de joueurs du 93, c'est aussi un symbole fort : aller chercher la montée en terrain inconnu, loin de leurs bases, face à un club du rugby rural du Sud-Ouest qui connaît bien ce niveau de compétition.

Au-delà du résultat, ce que portent Demba Kane et ses coéquipiers dépasse le cadre sportif. Faire venir des jeunes au rugby dans un département où le football occupe tout l'espace, c'est un combat quotidien. Les excellentes performances récentes de l'équipe de France pourraient lever quelques regards vers l'ovale. Voici ce que le club cherche à construire sur le long terme :

  • Développer les écoles de rugby en Seine-Saint-Denis
  • Montrer aux jeunes du territoire que le rugby à haut niveau est accessible
  • Valoriser la diversité comme force sportive et humaine
  • Ancrer durablement le club dans le paysage associatif local

Franchement, ce que réalise l'Union Drancy Saint-Denis mérite bien plus qu'un envahissement de terrain. C'est la preuve que le rugby de haut niveau peut émerger d'un département populaire, sans moyens démesurés, avec des gars qui bossent la semaine et jouent le week-end pour quelque chose qui les dépasse.

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Lauren

Rédaction de Le JSD.

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