Cultures

Yve Flatard en quatre temps

Paysages du Cantal ou portraits de banlieusards, les clichés du photographe dionysien membre de l’Adada, tirages noir et blanc et en argentique, sont visibles jusqu’au 19 avril.

L’exposition du photographe dionysien Yve Flatard au Soixante (60, rue Gabriel-Péri) est d’abord une justice rendue. Car, si cela fait des années qu’on aperçoit son travail au gré d’expositions collectives, celle-ci en rassemble plusieurs facettes et permet de mieux l’englober et d’apprécier encore plus son talent. Quatre séries composent cet ensemble. La première, Arbres, présente des panoramiques en noir et blanc sereins sans jamais être mièvres, des clichés épurés d’où émerge une puissante poésie. C’est de son Cantal natal et de la baie de Somme, en Normandie, qu’Yve a pris ces photos, en argentique, « procédé encore supérieur au numérique pour le noir et blanc », souligne-t-il, indiquant également son plaisir « tactile » du développement, du tirage, de la retouche… C’est le même principe et cette même envie qui l’ont guidé pour sa deuxième série, joliment intitulée Débits de boissons. Il s’agit d’abreuvoirs, toujours dans le Cantal, dont les compositions tout aussi rigoureuses les enracinent dans des paysages profonds aux ciels magnifiques.

VitalCités, montrer le dynamisme qui existe en banlieue

Avec VitalCités, troisième série de l’exposition, Yve Flatard change de registre. Toujours en noir et blanc, il a suivi durant plusieurs années un groupe de jeunes qui ont mené des projets en banlieue, dont certains étaient dionysiens. « Ce sont des projets qui pouvaient être culturels, sportifs, voire personnels. Ce que j’aime, c’est montrer le côté positif des choses, le dynamisme qui existe en banlieue. » Enfin, à travers ses Portraits, quatrième face de l’exposition, Yve Flatard s’est amusé. « Mais c’est un jeu sérieux que m’a suggéré mon fils ! » L’idée est originale : sur un éphéméride grand format, il a placé de petites photos des membres de sa famille, de ses amis, de ses voisins, à l’emplacement de leurs dates d’anniversaire. Et l’ensemble forme un étrange tableau aléatoire en forme d’arbre de vie de l’amitié…

Aspects différents et complémentaires

On l’aura compris, il ne s’agit pas ici d’une rétrospective, mais plutôt d’aspects différents mais complémentaires d’un travail qu’Yve Flatard poursuit depuis… toujours, ou presque. « La photo m’a attiré dès l’adolescence et, durant mes études à Toulouse, puis à Paris, je n’ai pas arrêtés de photographier les gens dans la rue, les attitudes… », se souvient-il. Il achète son premier reflex en 1971 puis parvient à faire publier ses photos de manifs par Libération en 1973. « Le premier, celui de Sartre, sourit-il. C’est comme ça que j’ai mis le pied à l’étrier. » Yve Flatard est plus attiré par les sujets magazine que par l’actualité chaude. Il suit les phénomènes de société, effectue des reportages sur des lieux, des associations, des quartiers, là où les choses bougent. Sans cesser, parallèlement, de poursuivre son travail personnel. Arrivé à Saint-Denis en 1987, il ne l’a plus quittée et est devenu l’un des piliers de l’Adada au fil des ans. Jusqu’à cette exposition, en solo, à voir jusqu’au 19 avril.
Benoît Lagarrigue
Yve Flatard jusqu’au 19 avril au Soixante (60, rue Gabriel-Péri), les mercredis, vendredis, samedis et dimanche de 15 h à 19 h. Entrée libre.

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