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Jeux olympiques et paralympiques
/ Village départ

Urbanisme. À quoi ressemblera le futur village des athlètes à Saint-Denis ? Qu’en restera-t-il pour la population locale après les Jeux ? Les grands acteurs du projet font le point.
Le projet du village olympique, c'est une Zac de 51 hectares traversée par la Seine et répartie sur les communes de Saint-Denis, Saint-Ouen et L'île-Saint-Denis.
Le projet du village olympique, c'est une Zac de 51 hectares traversée par la Seine et répartie sur les communes de Saint-Denis, Saint-Ouen et L'île-Saint-Denis.

Le compte à rebours est lancé. À l’été 2024, 15 600 athlètes et accompagnants seront accueillis à Saint-Denis, au sein du village créé tout spécialement à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques.

« Les permis de construire seront déposés en 2020. On pense avoir trois ans de travaux donc il faut que l’on commence au premier trimestre 2021. Le Cojo (Comité d’organisation des JOP) nous demande de tout livrer au 1er janvier 2024. Les premiers habitants devraient eux arriver à l’automne 2025 », programme Nicolas Ferrand, directeur général de la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques) dans un article paru dans L’Équipe le 12 mars.

Soit juste après que la Solideo ait dévoilé « l’avis favorable de la commission chargée de l’enquête publique relative au village olympique et paralympique, à sa déclaration d’utilité publique (DUP), à la mise en compatibilité des documents d’urbanisme et au recours à l’expropriation ».
 

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Une Olympic village Plaza

Place à l’étape suivante donc : commercialiser le village des athlètes. Sur un coût total des Jeux de 6,8 milliards d’euros, l’enveloppe de la Solideo correspondant au seul village olympique s’élève à 466 millions d’euros dont 293 millions de financements publics. L’objectif au Mipim (Marché international des professionnels de l’immobilier), du 12 au 15 mars, était donc de dénicher les promoteurs qui investiront à leur tour dans le projet. Le projet du village olympique, c’est une ZAC de 51 hectares traversée par la Seine et répartie sur les communes de Saint-Ouen, Saint-Denis et L’Île-Saint-Denis. Un projet qui s’inscrit dans « un tissu urbain existant », souligne l’architecte aux manettes Dominique Perrault, interrogé par Le Monde. Comment seront aménagées les infrastructures pendant les Jeux ? Et que deviendront-elles après ?

Situé face à la Seine, l’Olympic village plaza sera la future place animée du quartier Pleyel. La nef de la Cité du cinéma servira pour l’occasion de réfectoire aux athlètes. Non loin, le pavillon Copernic et la halle Maxwell, tous deux rénovés, seront dotés de multiples services dédiés aux sportifs. Et après 2024, cette halle sera en partie transformée en musée des Médias (lire encadré ci-dessous)

Les habitants de l’écoquartier fluvial de L’Île-Saint-Denis pourront rejoindre facilement l’Olympic village plaza grâce à un pont construit au-dessus de la Seine. En outre, les lignes à haute tension seront enfouies et, pour limiter les nuisances liées à l’A86, un mur antibruit sera érigé… Mais seulement sur le côté jouxtant le village. La bretelle en face restera nue. Un regret exprimé par les habitants lors d’une réunion organisée par la Solideo la semaine dernière
 

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7 hectares d’espaces verts  

Côté environnement, « on a décidé de travailler sur l’exemplarité d’une ville neutre en carbone, révèle Jérôme Brachet, responsable des opérations au sein de la Solideo. Les bâtiments seront en ossature bois car plus écologique. Nous avons pensé à la forme et à la hauteur des bâtisses, à leur exposition au vent, au soleil, et ce afin de nous prémunir face aux conséquences du réchauffement climatique ». Pour donner envie aux habitants de renouer avec la Seine, le boulevard Finot entre Saint-Denis et Saint-Ouen sera végétalisé et prolongé jusqu’aux berges. Celles-ci seront réaménagées de manière à les rendre plus agréables aux piétons (promenades, espaces de loisirs, pistes cyclables, etc.). Des espaces protégés, un parc et des toitures végétalisées seront développés pour permettre à la biodiversité de s’épanouir.

Au total, le projet disposera de 7 hectares d’espaces verts (contre 3 hectares initialement prévus). Avec tout cela, Nicolas Ferrand espère bien décrocher un «waouh » de la bouche des futurs athlètes. Après les Jeux, les infrastructures seront réaménagées. 120 000m2 de bureaux, commerces et services (crèches, écoles, gymnase, pôles santé, etc.) verront le jour.

Les 3500 T4 occupés collectivement par les athlètes sur les trois communes durant les JOP laisseront place à 2 200 logements familiaux – compter 4 500 euros du m² à Saint-Denis – et 900 logements spécifiques dont près de 40 % de logements sociaux pour les Dionysiens. Des logements oui, mais « pas de cité-dortoir », insiste Isabelle Vallentin, Directrice générale adjointe de la Solideo. « Si c’est réussi, se projette Dominique Perrault, on aura un quartier de référence. »

Gwénaëlle Fliti

 

 

La Halle Maxwell : futur musée des médias

Futur musée des Médias Quel avenir pour la halle Maxwell ? La question trouve enfin sa réponse. La halle située près de la Cité du cinéma rue Ampère dans le secteur Pleyel fera partie intégrante du village olympique et paralympique en 2024. Cette friche industrielle à structure métallique construite en 1907 lors de la réalisation de la centrale électrique d’EDF à Saint-Denis, puis fermée en 1980, s’était inscrite depuis dans le projet initial de reconversion porté par Vinci Immobilier.

Un projet de quartier baptisé Universeine, qui, grâce à un accord toujours en cours de négociations avec la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), doit être fusionné au sein du projet des JOP 2024 à Saint-Denis. Ainsi, pendant toute la durée des Jeux, la halle Maxwell abritera une polyclinique, un centre de fitness, un centre de services et de travail pour les délégations sportives et un centre multiconfessionnel. La rénovation prévue devrait respecter l’aspect patrimonial du bâtiment et sera réalisée par Vinci.

Après la compétition sportive, « le site a vocation à accueillir un musée des Médias (espace de formation et centre de ressources) et des services tertiaires qui seront complémentaires de la nouvelle programmation de bureaux prévue en proximité immédiate », indique Gwenaëlle Bordet, cheffe de projet à la direction de l’aménagement de Plaine Commune, en soulignant qu’« à ce stade du projet, la programmation de la halle Maxwell reste encore ouverte à des propositions plus précises ».

Ce qui est certain en revanche, conclut-elle, c’est que « la halle Maxwell reconvertie sera un équipement résolument ouvert sur une place vivante ». Céline Daviet, directrice de la mission JOP de Plaine Commune, l’imagine même comme « la pièce centrale du futur quartier ».

GF

 

 

Permis de construire deux-en-un

À projet exceptionnel, loi exceptionnelle. Pour faciliter et accélérer la réversibilité des infrastructures olympiques et paralympiques en lieux d’habitation, commerces et bureaux une fois les Jeux terminés, un décret d’application unique en son genre a été adopté par l’Assemblée nationale. Ce décret instaure la création d’un permis « à double objet », dit aussi « à double état » ou encore « à double détente ». Le principe : un seul permis de construire accordé pour deux versions d’une même bâtisse. L’une pour l’accueil des athlètes, valable pendant la durée des JOP, l’autre conçue en vue de l’héritage laissé aux habitants.

« L’avantage majeur de ce nouveau permis est qu’il sécurise les deux utilisations futures d’un même bâtiment. Aussi, il permet de gagner du temps en termes d’instructions techniques, et réduit la possibilité de recours contentieux en fusionnant deux arrêtés en un seul », explique Patrice Anato (LREM), député de Seine-Saint-Denis et rapporteur pour avis à la commission des Affaires économiques sur l’organisation des Jeux.

Ce que les Dionysiens devraient y gagner, c’est un accès plus rapide à de nouveaux logements. En effet, « sitôt les JOP terminés, les promoteurs et la Solideo auront 18 mois pour opérer la réversibilité des infrastructures. Et ce, afin que dans un délai de deux ans – contre cinq –, le quartier soit totalement transformé et habitable », assure Anne Noël, directrice de l’urbanisme de Plaine Commune. Ce permis atypique pourrait, à terme, s’étendre au-delà du seul cadre des JOP et concerner aussi les futures constructions de bureaux afin de répondre à la problématique de leur vieillissement et de leur reconversion en logements par exemple.

GF

Réactions

Il faut se réjouir de ce projet, mettre de l'huile dans les rouages, tout semble parfait et les populations y trouveront leur compte ! PO-SI-TI-VONS !
Merci pour l'article et l'explication du projet Olympique 2024 ! Superbe projet à venir ! Une hospitalité et un magnifique accueil pour les JO souhaité !!! Toutes les nations se focaliseront sur l"évènement ! Le monde nous regarde pendant cette fraternité sportive internationale ! Et après le devenir d'un village,..Olympique ? quand je vois Les 3500 T4 occupés collectivement par les athlètes sur les trois communes durant les JOP qui laisseront place à 2 200 logements familiaux ... Je crains un retour dans la banalité ! Je me demande si la reconversion n'est pas un camouflet, et comment celle ci sert au 93, à ces 3 villes associées, sinon favoriser des intérêts partisans et locaux ! Ce village est et sera toujours à part dans l'histoire et donc son devenir urbain doit porter cette essence première de fraternité sportive ! Je souhaite que celui devienne une Terre d'excellence ! une terre de sport francilienne ! Un accueil aux sportifs, telle est sa vocation ! Ce village doit être rendu aux sportifs et doit rester en grande partie aux sportifs. Un pole de formation d'excellence pour les grands sportifs du Grand Paris et de sa région Ile de France,` voilà sa vocation à mon sens ! Un grand club comme le Red Star ou un grand club du 93 ou du Grand Paris prendrait tout son sens ! Gardons les équipements, transmettons les, accompagnons les futures générations, dans ce centre d'excellence du Sport pour les franciliens ! Voilà mon souhait !

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