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Éducation nationale
/ Vers une grande journée de mobilisation

Loi Blanquer, réformes du lycée et du bac : enseignants et parents n’ont de cesse depuis la mi-mars de multiplier les actions pour dire leur désaccord et leurs craintes. Ils veulent faire du jeudi 16 mai le point d’orgue de leur lutte.
Avant les vacances les parents d’élèves avaient organisé une opération école déserte au groupe scolaire De Chambrun.
Avant les vacances les parents d’élèves avaient organisé une opération école déserte au groupe scolaire De Chambrun.

L’occupation du collège Barbusse par les parents d’élèves lundi 6 mai, jour de rentrée n’était qu’un avant-goût. Les jours à venir un agenda chargé s’annonce pour les enseignants et les parents d’élèves dionysiens mobilisés depuis mi-mars. Rassemblés contre la loi Blanquer au sein du Collectif parents-profs en lutte à Saint-Denis (1), ils sont tout autant remontés contre les réformes du lycée et du bac. Ce jeudi 9 mai, des enseignants rejoindront d’autres fonctionnaires pour une journée de grève contre la réforme de la fonction publique. Mardi 14 mai, des rencontres parents et enseignants du primaire et du secondaire se tiendront dans plusieurs quartiers (2). L’objectif est de faire du jeudi 16 mai « une grande journée de mobilisation » (3), tel un point d’orgue après les journées de grève, les écoles désertes, les manifestions ou les rassemblements des deux derniers mois. 

Laurent Russier, signataire du texte « Nous, maires de villes populaires, disons “non” à la loi Blanquer » avec cinq autres maires du 93, a apporté son soutien et celui de la municipalité à ces initiatives. Ils y qualifient la loi de « nouvelle pierre à la politique conservatrice et inégalitaire du gouvernement en matière d’éducation ». Sur les portes de l’hôtel de ville, une bâche « Saint-Denis pour une école de l’égalité et de la réussite, non à la loi Blanquer » marque cet engagement. La Ville, qui avait candidaté au dispositif Cité éducative avant la loi Blanquer, s’est depuis retirée du dispositif. 

Si le mécontentement est particulièrement virulent en Seine-Saint-Denis, c’est bien parce que les mesures annoncées viennent s’ajouter à une situation déjà inégalitaire. Une note de France Stratégie de septembre 2017 fait état d’une étude de Benjamin Moignard, sociologue, indiquant « que le moins bien doté des établissements parisiens est mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis ». Elle est reprise dans le rapport parlementaire « sur l’évaluation de l’action de l’État dans l’exercice de ses missions régaliennes en Seine-Saint-Denis ». Ce même rapport met en lumière l’état de la médecine scolaire : « L’académie de Créteil peine à recruter des médecins scolaires, surtout en Seine-Saint-Denis qui compte 50 % de postes vacants. » Et que dire de l’absentéisme, un fait connu de l’Éducation nationale, qui fait perdre aux élèves jusqu’à une année d’enseignement, de la maternelle au bac ? Toutes ses préoccupations sont

« Plus de moyens »

Une autre question ne les laisse pas indifférents : les violences. Dans une tribune intitulée « Enseignants à Saint-Denis, nous n’attendrons plus longtemps » publiée sur le site de Libération le 18 avril, des enseignants dionysiens du secondaire détaillent les faits qui se sont produits au sein des établissements depuis un an. Sceptiques sur les « réponses sécuritaires, court-termistes et qui ne règlent aucun problème. Pire, elles les aggravent lorsque la police intervient ». Ils réclament « plus de moyens […] pour permettre à nos élèves des conditions d’apprentissage normales dans des établissements normaux ». 

Adoptée à l’Assemblée nationale en première lecture le 19 février, la loi dite « pour une école de la confiance » sera présentée en séance publique au Sénat les 14, 15, 16 et 21 mai prochains. Dans ce texte de loi, il est question d’« établissement public des savoirs fondamentaux », un regroupement d’écoles et de collèges qui fait craindre la disparition des directions d’écoles. Sont évoqués aussi les « établissements publics locaux d’enseignement international (EPLEI) » à créer avec le soutien des collectivités territoriales, qui pourraient favoriser l’émergence d’écoles à deux vitesses. Professeurs et parents y voient un danger de rupture avec l’égalité républicaine. Ils craignent que l’ambition d’offrir, à tous, une même chance de réussite, soit abandonnée. 

(1) Sur Facebook : Collectif parents-profs en lutte à Saint-Denis. 
(2) mardi 14 mai à 18 h : à la Plaine, Maison de quartier Plaine (5, rue Saint-Just), à Franc-Moisin, médiathèque Ulysse (37, cours du Ru-de-Montfort, salle Rogowski), à Delaunay-Belleville/Semard, Maison de quartier Pierre-Semard (9/11, rue Émile-Chrétien). 
(3) À l’appel de l’assemblée générale parents et enseignant.es mobilisé.es, Le ministère des Bonnets d’Ânes, FCPE, CGT Éduc’Action, CNT éducation, Snudi-FO, Snes-FSU, SNUIPP-FSU, Sud éducation.

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