Cultures

60 AdaDa
/ Vent debout contre la fin du monde

Nouvelle discipline universitaire encore assez méconnue, la collapsologie étudie l’effondrement proche de notre civilisation industrielle. L’artiste Nicolas Obadia s’est emparé du sujet avec Collaps’Art, une « exposition d’interpellation » pour sensibiliser aux « innombrables maux de la planète ».
Nicolas Obadia alias NobAd présente son exposition Collaps’art, une TAAC (tentative d’approche artistique de la collapsologie) jusqu'au 21 avril à l'Adada.
Nicolas Obadia alias NobAd présente son exposition Collaps’art, une TAAC (tentative d’approche artistique de la collapsologie) jusqu'au 21 avril à l'Adada.

Comment imaginer le monde de demain sans ressentir une légère anxiété ? Avec Collaps’art, une TAAC (tentative d’approche artistique de la collapsologie), le pochoiriste Nicolas Obadia alias NobAd met en lumière un discours alarmiste. Développée par les chercheurs Pablo Servigne et Raphaël Stevens dans leur essai publié en 2015, la collapsologie est une étude des catastrophes et une théorisation de l’effondrement prochain de notre civilisation.

« J’essaie de faire passer un message en y incorporant ma touche artistique, explique l’artiste. Je veux sensibiliser mais je ne veux pas faire peur. » Car si la théorie de l’effondrement peut faire froid dans le dos, la TAAC, qui prend petit à petit forme ce vendredi 12 avril au 60 AdaDa, n’a rien d’apocalyptique.

« J’espère déstabiliser les visiteurs et leur faire prendre conscience de la situation », détaille Nicolas Obadia qui finit sa résidence au laboratoire d’expérimentation à la fin du mois. L’exposition, composée d’une série de portraits peints au pochoir et de réemploi artistique d’objets en tout genre, est découpée en trois parties : « C’est quoi la collapsologie ? », « Comment a-t-on fait pour en arriver là ? » et « Y a-t-il des solutions pour y faire face ? ». 

 


Héros des temps modernes

Un vieux minitel toujours en état de marche côtoie le portrait de Cyril Dion, l’un des initiateurs du mouvement Colibris qui encourage chacun à contribuer personnellement à la transition écologique. Au-dessus d’un poêle d’où se dégage un réconfortant feu de bois, trône le visage de Clément Montfort, réalisateur de Next, une web-série sur les risques d’effondrement de notre société. « Comme Pablo Servigne, je pense que l’esprit collectif vaincra, argue l’artiste. J’essaie de mettre en avant ceux qui s’impliquent collectivement pour réussir à changer la donne. » 

Un calendrier de 1992, année du Sommet de la Terre de Rio, coup d’envoi d’un programme de lutte contre le changement climatique, marque le début de la deuxième partie. Baril de pétrole, cage dorée et sérigraphie d’un Pinocchio au long nez entourent des hommes politiques tels que Jacques Chirac ou Emmanuel Macron et dénoncent l’accointance des lobbies et des États. Une large peinture au pochoir de la journaliste Elise Lucet introduit la troisième partie : ceux qui combattent l’effondrement économique et culturel.

« J’ai voulu représenter des héros des temps modernes », sourit celui qui dit que cette « exposition d’interpellation » est la première à traiter de la collapsologie. Visible jusqu’au 21 avril dans les locaux du 60 AdaDa, cette série subjective de portraits est vouée à exister à long terme. « C’est un premier jet », lance le pochoiriste qui a pour projet de lancer une campagne d’affichage dans l’espace public pour sensibiliser à cette nouvelle discipline universitaire qu’est la collapsologie.  

Olivia Kouassi

Collaps’Art, jusqu’au 21 avril au 60 AdaDa (60, rue Gabriel-Péri). Du lundi au vendredi de 17h à 21h, samedi et dimanche de 13h à 20h. Visite guidée chaque jour de la semaine à 19h30 suivie d’une table ronde de discussion et de débats. Entrée gratuite et ouverte à tous.

Réactions

Une exposition hideuse et sans intérêt, les dionysiens on tout de même droit a autre chose que cet amas de détritus, heureusement cette exposition dure peu de temps. Ce qui rassure c'est qu'il y a de véritables talents a Saint-Denis qui viennent exposer dans cette galerie. Navrant !
Comme tjrs, la programmation de l’Adada est géniale. Une oeuvre qui fait réfléchir, et qui a été parfaitement introduite par Jackson le conteur

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