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Mobilités douces
/ Vélo : la grande reine du déconfinement

Avec le déconfinement, les mobilités douces ont la cote auprès des usagers. Pour se rendre au travail ou simplement par loisir.
Le magasin Go Sport a vu ses ventes de vélos augmenter. Leurs réparations sont, elles, restées stables. (C) Yann Mambert
Le magasin Go Sport a vu ses ventes de vélos augmenter. Leurs réparations sont, elles, restées stables. (C) Yann Mambert

L’épidémie de Covid-19 apporte de nouvelles habitudes parfois positives. Le nombre de cyclistes en hausse dans les rues de la ville se remarque à vue d’œil. « Je croise plus de monde que d’habitude, vu qu’on déconseille de prendre les transports », confirme Christophe Piercy, président de l’AUT Plaine Commune et lui-même adepte du vélo pour se rendre sur son lieu de travail. « Il y a de nouveaux cyclistes, abonde Stéphane du collectif AmiCanal. Par contre je ne suis pas certain que ce soit des gens qui se déplacent pour travailler. Il y a sur le canal énormément de monde ces derniers jours, mais c’est surtout lié à la fin du confinement. Je vois aussi pas mal de trottinettes électriques, il y a un boom. »

Les usagers ont pu en outre constater la baisse du nombre de Vélib’ disponibles dans les stations de Saint-Denis. Des éléments tangibles permettent de mesurer l’engouement pour ces modes de déplacement vertueux. Le magasin Decathlon Stade de France connaît des ruptures de stock de vélos. Son directeur, sans dévoiler de chiffres, reconnaît « un très bel essor sur tout ce qui concerne la mobilité urbaine (vélos, trottinettes, rollers) et un atelier de réparation de vélos très vite rempli ».

Chez son concurrent Go Sport dans le centre commercial Basilique, même tendance pour les achats, mais rien « de plus que d’habitude » au sujet des réparations de cycles, essentiellement des changements de chambres à air. Hervé Gatignol de la Lab’idouillerie est, lui, débordé, d’autant plus que la Maison du vélo est toujours fermée. Comptez au minimum une semaine de délai pour un rendez-vous au répare-vélo. « J’ai quatre fois plus de monde que d’habitude. Depuis le déconfinement, ça a explosé », affirme-t-il.

Des coups de pouce financiers

L’argument économique joue un rôle important en faveur des deux-roues en ces temps difficiles. IDF-mobilités propose une aide à l’achat d’un vélo à assistance électrique ou vélo cargo pour les Franciliens. Cette aide s’élève à 50 % du prix d’achat dans la limite de 500 € (ou 600 € selon le modèle). Les boutiques de sport en ont mesuré la popularité auprès de leurs clients. Le dispositif « Coup de pouce » de 50 €, financé par le gouvernement pour tout particulier souhaitant faire réparer son vélo (1), invite aussi à dépoussiérer les 9 millions de cycles dormant dans les caves. Hervé Gatignol a déjà recensé 30 bénéficiaires dans son atelier. « On a arrêté parce que le système est un peu compliqué au niveau de la paperasse, tempère cependant le réparateur dionysien. On n’est pas sûr de se faire rembourser les Coups de pouce. » Il pourrait accepter de nouveau les dossiers s’il trouve une aide administrative. 

Promouvoir l’importance du vélo

Hervé Gatignol a également remis en état des trottinettes : « Ce n’est plus trop le cas même si j’en ai réparé une tout à l’heure. Le roller, on n’en voit plus en revanche. Il faudrait qu’il y ait une prime financière de l’État (rire) ! » L’incitation économique, qui est un succès, prévoit d’autres aides non négligeables : la prise en charge d’une leçon d’initiation au vélo ainsi qu’un financement à hauteur de 60 % de places de stationnement temporaires pour les collectivités. Sur ce dernier point, à Saint-Denis on serait bien inspiré d’en prendre note selon Christophe Piercy, également candidat sur la liste Notre Saint-Denis arrivée en tête au premier tour des municipales : « Les arceaux sont insuffisants. Place du Caquet, ils sont complets depuis longtemps ! Les gens se mettent devant les grilles du métro devant Carrefour, qui elles-mêmes sont blindées. » « Ils ont été démontés pour laisser place à la nouvelle station Vélib’ et vont être réinstallés incessamment, répond le référent vélo de la Ville. Pour les arceaux, il faut compter 3 000 € par emplacement. Quinze spots vont être réalisés dans tous les quartiers (Cristino-Garcia, Henri-Barbusse, la Poste Franc-Moisin, etc.). Ce n’est jamais parfait, mais il y a des choses qui sont faites et sont peu connues. » Notamment les emplacements sécurisés dans le parking Basilique et à Porte de Paris.

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Le service Véligo de la gare est quant à lui remplacé par une quarantaine d’arceaux le temps des travaux. « Il se passe quelque chose qui pourrait avoir une ampleur supérieure », insiste de son côté Christophe Piercy. Stéphane, du collectif AmiCanal, appuie : « Cet engouement autour du vélo actuellement, j’espère qu’on va en profiter et que nos élus vont prendre enfin conscience de l’importance du vélo comme mobilité et pas comme simple loisir. J’espère aussi que Plaine Commune (qui envisage d’élargir l’offre d’arceaux aux parkings publics du centre-ville, ndlr), à l’image des villes du canal de l’Ourcq, va comprendre son rôle structurant pour l’Agglomération »

Adrien Verrecchia 

(1) voir modalités sur www.coupdepoucevelo.fr Réservations sur veligo.transilien.com et rouelibre.fr