En ville

Une vraie sous-préfecture en centre-ville ?

Le quotidien a mis en vente son siège rue Jean-Jaurès. Rien n’est encore signé, toutes les parties concernées sont prudentes, mais des négociations sont en cours et le bâtiment signé Oscar Niemeyer pourrait accueillir des services de l’État.

Le journal l’Humanité garde les yeux rivés sur la ligne rouge de l’Histoire. Certes, depuis quelques mois, toute l’équipe du quotidien a abandonné le navire de la rue Jean-Jaurès, au profit d’une tour de bureau, rue Ambroise-Croisat. Mais c’est pour passer du nom du fondateur du journal en 1904, militant socialiste farouchement inscrit à gauche, et assassiné en 1914 pour ses idées pacifistes, à celui du ministre communiste du Général de Gaulle, resté célèbre dans les mémoires militantes et les manuels, pour ses grandes lois de la Sécurité sociale à la Libération. Depuis, le grand et beau bâtiment, imaginé par le fameux architecte brésilien Oscar Niemeyer est vide. Gardé jour et nuit, mais un peu désolé. Et ce ne sont pas les quelques pauvres hères qui ont trouvé provisoirement un modeste refuge sous son porche qui le font briller. Mais tout va changer.
L’Humanité, dont la situation financière n’est pas brillante, à l’instar de l’ensemble de la presse nationale quotidienne, a décidé de mettre en vente l’immeuble. Le produit (plus de 15 millions escomptés) devant permettre de renouer avec une situation financière saine. Seulement, comme souvent dans les belles histoires, une méchante sorcière a compliqué la manœuvre. L’acheteur pressenti, un groupe financier suisse, empêtré dans la crise financière mondiale des subprimes (ces crédits accordés aux États-Unis à des particuliers dans l’incapacité de les rembourser) qui devait signer la vente à la mi-juillet n’a pu le faire. Ce qui a mis le journal dans une situation encore plus précaire. D’où le lancement en urgence d’une souscription populaire à laquelle les lecteurs et amis du journal ont répondu très favorablement. À la fin août, plus d’un million et demi d’euros de dons et de prêts personnels étaient ainsi parvenus au siège du journal.
Dans le même temps, la recherche d’un nouvel acquéreur a été menée, avec le concours de la municipalité de Saint-Denis, qui, comme le dit le maire adjoint Stéphane Peu, « considère comme un honneur de conserver en ville le siège du grand journal fondé par Jaurès, d’autant plus que nous sommes historiquement une ville de presse, avec les imprimeries du CCIP d’où sortent chaque jour plusieurs titres ; d’autres sites, fermés aujourd’hui, ont accueilli les imprimeries du Monde, de France Soir, des Échos ».
Des discussions sont en cours actuellement et elles pourraient aboutir dans un mois. Soucieuse du bon déroulement de l’opération cette fois, la direction du journal ne souhaite pas s’exprimer pour le moment. Mais le dossier semble autrement mieux ficelé. L’acquéreur serait une société immobilière française, dont la vocation est de faire fructifier un patrimoine au bénéfice d’établissements financiers et bancaires. Autrement dit, du sérieux et du lourd.
Et la ville de Saint-Denis se réjouit encore, parce que cet acquéreur pourrait bien louer les locaux à l’État, un occupant très comme il faut. L’immeuble Niemeyer de la rue Jean-Jaurès pourrait en effet accueillir une sous-préfecture de plein exercice, c’est-à-dire offrant au public tous les services habituels d’un tel équipement, et dans une partie des locaux s’installeraient aussi des agents départementaux du Trésor public et des impôts. « Le préfet et le trésorier payeur général se sont montrés très intéressés par le projet, explique Stéphane peu, et ils l’ont d’ailleurs confirmé par écrit, alors que les autorités de tutelle de la préfecture, c’est-à-dire le pouvoir central à qui appartiendra la décision finale d’implantation, ont donné le feu vert pour l’étude concrète du projet. »
« Bien évidemment, nous devons être très prudents dans cette affaire, mais j’ai la conviction que tous les partenaires poussent dans la même direction avec la même volonté », poursuit l’élu. Lequel n’a pas ménagé sa peine sur ce dossier, revenant deux fois de vacances pour participer à des réunions. « Je suis plutôt optimiste, d’autant plus qu’une telle opportunité ne se représentera pas dans le centre-ville, où nous n’avons plus de terrain disponible pour y implanter un immeuble de cette envergure. Celui-là, construit il y a une vingtaine d’années, propose 7 000 m2 de bureaux. Et il est répertorié au patrimoine des bâtiments de France. »
Après la signature de la vente et des baux de location, si l’Etat décide in fine de s’installer dans ces locaux, quelques millions d’euros de travaux seront nécessaires dans l’immeuble, notamment pour le mettre en conformité avec les normes d’accueil du public. Les premiers nouveaux occupants pourraient arriver dès l’été 2009, et ils devraient au total être quelques centaines. « Ce qui ajoutera à la dynamique de l’hyper-centre. »
Gérald Rossi

Fête de l’Humanité
Les Dionysiens sur le terrain
Les 12, 13 et 14 septembre, la Fête de l’Humanité se tiendra dans le parc des expositions du Bourget (tram La Courneuve 8-mai-1945 puis navette RATP). Comme chaque année, les communistes de Saint-Denis y annoncent leur présence, avec un stand où l’on pourra non seulement débattre avec eux, mais se restaurer dans une ambiance musicale.
De son côté, l’association Minga, installée à Saint-Denis, sera présente avec le Mouvement national de lutte pour l’environnement (MNLE) sur un « marché solidaire pour une planète durable ». Quant aux étudiants en audiovisuel de l’école Eicar, basée quartier Plaine, ils sillonneront les allées munis de caméras numériques, histoire de faire vivre la fête aussi sur Internet.
Signalons aussi que Marko 93, roi dionysien du graff et autres expressions graphiques vivantes et spatiales, est l’un des artistes invités à présenter une création originale pour l’exposition centrale intitulée Sur les pavés… 1968-2008 : les artistes dans la rue. D’autre part, Michael Batz et sa compagnie Yorick, en résidence à Saint-Denis, présentera, vendredi 12 septembre à 22 h sous le chapiteau de l’espace Théâtre, Venceremos, chansons pour le Chili, un spectacle cabaret avec des textes de Pablo Neruda et Salvador Allende et des chansons de Victor Jara, avec la participation exceptionnelle d’Oscar Castro.
G.R. et B.L.

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