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Sport de combat
/ Une reprise en position de garde

La Covid-19 les a renvoyés dans les cordes en mars, mais depuis le 11 juillet, les boxeurs peuvent riposter et remonter sur le ring. Dans les clubs de boxe, mais aussi de judo et de krav-maga, les entraînements reprennent tout en essayant d’esquiver la propagation du virus.
Salle du gymnase de la Courtille, les boxeurs de l’Institut Pugilat s’entraînent sans masque, effort oblige. © Yann Mambert
Salle du gymnase de la Courtille, les boxeurs de l’Institut Pugilat s’entraînent sans masque, effort oblige. © Yann Mambert

« Mouckhtar, ton masque ! », hèle le coach Marlon Cherief à l’un de ses élèves qui s’apprête à sortir de la salle du gymnase de la Courtille sans tissu sur le visage. Il vient pourtant de boxer avec plusieurs adhérents de l’Institut Pugilat ce lundi 7 septembre, jour de reprise.

La pratique des sports de combat est à nouveau autorisée depuis le 11 juillet mais la limitation des contacts dans les salles d’entraînement interroge. L’essence même de ces activités est en contradiction avec la distanciation physique recommandée. Au Lumpini, « on a essayé un mois sans corps à corps mais c’était compliqué. On est obligé d’être en contact », admet Djibril Top, entraîneur de muay-thaï.

Pas de masque pendant l’entraînement

 Pour circuler dans les salles de sport, le masque est de rigueur mais, pragmatiques, les fédérations ne demandent pas de le porter pendant la pratique de leur discipline. « Le port du masque ne s’applique évidemment pas aux athlètes pendant l’entraînement, pareil accessoire empêchant de fournir un effort physique maximal », peut-on lire sur le site de la Fédération française de boxe. Pour Marlon Cherief, entraîneur de boxe française et thaïlandaise, rien que de « remettre son masque pour aller aux sanitaires alors que les boxeurs sont dans l’effort et qu’ils ne sont pas oxygénés correctement, ça peut être embêtant ».

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Certaines fédérations sont plus strictes que d’autres quant au protocole à appliquer avant et pendant l’entraînement. « Celle de krav-maga a énormément bossé pour faire respecter les gestes barrières », se félicite Djamel Ouazine, directeur technique de l’école dionysienne de krav-maga. Avant les entraînements, il est obligatoire « d’arriver habillé et de se laver les mains ». Pendant les entraînements, le coach impose « un travail en binôme » uniquement.

Lavage des mains et des pieds obligatoires

Même exigence en judo où « l‘on doit se laver les pieds et les mains » avant et après être monté sur le tatami, rappelle Ludovic Daclinat, entraîneur au Judo club Franc-Moisin. C’est seulement à l’entrée du tapis que les judokas sont autorisés à retirer leur masque, mais « l’encadrement reste masqué en permanence », insiste la Fédération française de judo.

Pour le responsable de l’Institut Pugilat, « toutes ces petites choses n’empêcheront pas les plus rigoureux de poursuivre leur ascension. Mais pour ceux qui sont encore hésitants, ça peut être un frein ». On reste néanmoins confiant sur le nombre de licenciés en krav-maga : « Beaucoup vont revenir. J’ouvre même une section féminine à la rentrée. » La saison se lance avec, en ligne de mire, les compétitions dont bon nombre ont été annulées ces derniers mois. En judo, « les départementales senior à Drancy prévues en octobre sont maintenues, donc on se prépare. Pour les championnats de France prévus en novembre, on ne sait pas encore », détaille Ludovic Daclinat. En boxe, « il y a une programmation » aussi, note Marlon Cherief. La motivation est là, en espérant que le virus ne la mette pas K-O.

Marine Delatouche
 

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Pas que la boxe à l’Institut Pugilat

Avec l’Institut Pugilat, Marlon Cherief défend sa vision d’une « éducation tout au long de la vie ». Pour Maya, étudiante de 25 ans, « quand tu viens ici, tu ne fais pas que de la boxe. Il y a aussi une élévation intellectuelle, un accompagnement ». Pour celle qui passe le Bafa [Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur], discuter avec son entraîneur, qui forme aussi les futurs animateurs, c’est un moyen de « combler un vide théorique sur la connaissance de l’enfant, par exemple. Ça m’apporte des bagages pour réfléchir sur certaines questions ». Un décloisonnement qui prend sens à travers le choix du terme « institut ». « C’est une réunion de personnes, d’intellectuels qui réfléchissent sur un sujet donné. J’essaye de réunir des personnes de différents horizons, de compétences diverses pour avancer sur des problématiques », précise le coach. « On peut parler de tout. Ça permet de renforcer les liens entre nous, avec le coach, ajoute Lucas, la vingtaine, boxeur depuis huit mois. Les discussions sont tout aussi importantes que l’entraînement. »

Si les jeunes adultes apprennent, au sein du club, à devenir rigoureux dans leur pratique de la boxe comme dans leur vie personnelle, les enfants et adolescents, eux, peuvent expérimenter « une autre temporalité que celle de l’Éducation nationale ». En les accompagnant, Marlon souhaite leur « permettre une introspection, dédramatiser les échecs et ouvrir d’autres portes ». À 14 ans, Nyambè, que ses professeurs voulaient diriger par défaut vers l’enseignement professionnel, y a trouvé une échappatoire. Sa mère, arrivée dans le club il y a un an, atteste de son évolution : «Il ne reste plus tard le soir devant les jeux vidéo, il a régulé son sommeil. J’ai l’impression qu’il se sent bien. »

MD.

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