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/ Une rentrée tendue dans le secondaire

La reprise des cours dans les collèges et lycées dionysiens est difficile : manque de moyens, d’enseignants, inquiétudes sur la sécurité...
Une trentaine d'enseignants en grève au lycée Angela Davis. © Delphine Dauvergne
Une trentaine d'enseignants en grève au lycée Angela Davis. © Delphine Dauvergne

Ce mercredi 4 septembre, c’est une journée de rentrée pas ordinaire qui débute au lycée Angela Davis : une trentaine d’enseignants est en grève (reconduite depuis jusqu'au mardi 10 septembre). Les quatre classes de Première du lycée ont leurs effectifs à 35 cette année, alors que l’ouverture d’une 5e classe avait été évoquée.

« Certains élèves n’ont pas encore finalisé leur inscription, alors ces chiffres vont même augmenter », explique Clarisse, enseignante en SES et syndiquée SNES. Elle déplore que le lycée « ne soit pas classé en « politique de la ville », comme les autres lycées de Saint-Denis. Ce dispositif d’éducation prioritaire permettrait d’avoir des effectifs plafonnés à 30 élèves, deux professeurs principaux par classe, des moyens supplémentaires pour les projets… »

Soutenus par le maire Laurent Russier et le député Eric Coquerel, les enseignants mobilisés (1) ont obtenu un rendez-vous avec le rectorat jeudi 12 septembre. Ils alertent aussi sur la diminution de la marge budgétaire de l’établissement pour mener des activités de soutien ou culturelles. « Nous sommes passés de 9 à 2 heures hebdomadaires. L’existence des clubs est donc menacée », souligne Ludovic, enseignant en physique-chimie.

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Des profs manquent à l’appel

Le manque de moyens est aussi une problématiques d’autres établissements dionysiens, comme au collège Fabien. « Nous aimerions faire des clubs (nature, anglais…) et ouvrir une 4e « média » avec la création d’une radio, mais ce n’est toujours pas à l’ordre du jour », déplore l’enseignante Isabelle. 

Des enseignants sont encore non-nommés, au moins 6 à Angela Davis. Au lycée Suger, « on attend encore 7 professeurs, une classe littéraire n’a pas de professeur de philo. Pour la voie professionnelle, la nouvelle réforme impose des cours en binôme donc ces absences compliquent encore les choses… », constate Camille, enseignante d’histoire-géo. Sept enseignants manquent aussi au lycée Bartholdi. 

Au collège La Courtille, « des cours ne sont pas assurés en maths, arts plastiques, EPS, français en unité pédagogique pour élèves allophones arrivants (UP2A). Les effectifs des classes sont remplis entièrement en 4e, et une classe de 6e a été supprimée », soupire Célia, enseignante syndiquée Snes. « Cette situation n'est pas tenable », dénonce le maire Laurent Russier, dans un courrier adressé le 3 septembre au recteur pour demander que les postes soient pourvus « de manière durable ».

« En juin dernier, les prévisions indiquaient qu’il y aurait plus d’enseignants titulaires dans l’académie de Créteil, donc1640 contractuels n’ont pas été renouvelés et on les rappelle désormais au compte-goutte », explique Grégory, délégué SNES-FSU et enseignant au collège Barbusse. Pour le rectorat, « cette période de réajustement des effectifs est classique, on donne d’abord la priorité aux enseignants titulaires, puis on se tourne vers les contractuels. La situation devrait être réglée d’ici une à deux semaines ». Pour Maud, enseignante syndiquée Sud au collège Elsa Triolet, cette situation résulte « d’un manque de vivier de profs remplaçants, on fonctionne toujours à flux tendu, en comptant sur les contractuels ».

« Ce qui nous inquiète surtout avec ce système, c’est le manque d’enseignants remplaçants tout au long de l’année. L’année dernière certains élèves du collège Fabien pouvaient avoir cumulé 150 heures de cours non-remplacées et non-rattrapées », illustre Arnaud Blanc, représentant de la FCPE à Saint-Denis.

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Une sécurité mal-assurée

Une assemblée générale a eu lieu vendredi 6 septembre au collège Elsa Triolet où toutes les classes de 6e sont remplies et où il manque une CPE. « L’ambiance peut se dégrader rapidement », met en garde un enseignant.

Deux agressions ont déjà eu lieu, les lundis 2 et 9 septembre, sur deux élèves du lycée Paul Eluard, à proximité de l’établissement. « L’année dernière nous avions un assistant médiation et une médiatrice, mais ils sont partis. Le nouveau proviseur découvre avec nous la situation à la rentrée. Nous n’avons pas assez d’AED (assistants d’éducation), alors qu’il est nécessaire de faire du lien avec les élèves, de la prévention », préconise un enseignant.

Au lycée Angela Davis également, seulement un demi-poste de surveillant a été créé alors qu’il y a 131 élèves supplémentaires. Au collège Barbusse, il manque notamment une assistante sociale, mais aussi un APS (assistant chargé de prévention et de sécurité). Classes surchargées, professeurs absents, clubs supprimés, encadrement insuffisant… « L’épanouissement de nos enfants n’est pas à l’ordre du jour », conclue avec amertume la FCPE.

Delphine Dauvergne

(1) Les professeurs du lycée Angela-Davis en grève depuis le 5 septembre ont ouvert une caisse de grève.

 

Les nouvelles directions 

Quatre établissements publics du secondaire ont vu leur direction renouvelée à la rentrée. Au lycée Paul-Éluard, Bruno Bobkiewicz a passé le relais à Paul Robert (ex-proviseur du lycée Jacques-Prévert de SaintChristol-Lès-Alès dans le Gard), pour diriger à Vincennes la cité scolaire Hector-Berlioz.

Au lycée Suger, c’est Éric Blum, ancien proviseur du lycée Marcel-Pagnol à Athis-Mons, qui a pris la suite de Stéphane Larrieu. Ce dernier est aujourd’hui proviseur du lycée professionnel Les Carillons à Annecy. En collège, l’équipe de direction a été renouvelée à Dora-Maar, avec Cécile Lacrosse, la principale, ex-adjointe du collège Alfred-Sisley à L’Île-Saint-Denis.

Au collège Henri-Barbusse, enfin, c’est Cédric Pluvinage, ex-proviseur adjoint du lycée professionnel Aristide-Briand au Blanc-Mesnil, qui occupe la fonction de principal. Fabrice Taffanel, son prédécesseur, ayant pris la direction du nouveau collège intercommunal Miriam-Makeba.

ML

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