En ville

Une réflexion à échelle régionale

Ajoutée à la consommation d’alcool sur la voie publique, à présent réglementée – mais paraît-il sans grand effet – par un arrêté municipal, la toxicomanie est apparue dans le quartier de la Gare, voici une dizaine d’années. Renforcée depuis un an, elle a littéralement inondé le quartier après l’expulsion le 12 juin au 53, rue Charles-Michels, d’un squat tenu par des dealers. Mis à la rue, sans mesure d’accompagnement, les usagers toxicomanes ont contribué à la formation d’une vaste « scène ouverte », marché à ciel ouvert de crack et de cocaïne surtout, réputés meilleurs et moins chers. D’après la police et la Ville, ils seraient chaque jour 300, dont une quinzaine échoués sur place à s’y approvisionner. Des hommes et des femmes venus du Val-de-Marne, du Val-d’Oise, de la Seine-Saint-Denis, et pas seulement de Paris comme on l’entend souvent.
Ainsi est apparu au grand jour « un phénomène régional, qu’on ne voulait pas voir », remarque Pierre Leyrit, de la Coordination Toxicomanies 18. Créée dans le 18e arrondissement en 1995 après l’évacuation des premières grandes « scènes ouvertes », à Jaurès et Stalingrad, l’association s’est employée à mettre en place une médiation sociale, alternative aux seules « réponses policières et judiciaires », comme s’y emploie Aides 93 à Saint-Denis, à la demande de la Ville. Pour avoir suivi depuis une dizaine d’années la migration des toxicomanes, de la Goutte d’Or au squat du boulevard Wilson évacué en 2004 avant leur retour vers la Porte de la Chapelle, la Coordination a été parmi les premiers à préconiser la constitution de « groupes de travail et de réflexion autour de la problématique du crack à l’échelle régionale ». Une approche de la toxicomanie aujourd’hui partagée au plus haut niveau, et qui a donné lieu à Saint-Denis à une cellule de veille, constituée début juillet à l’initiative de la municipalité.
Outre les associations de prévention, elle réunit, autour du sous-préfet, des représentants de toutes les instances concernées, police, Ville, Ddass 93 et 75, conseil général… Sont également partie prenante, RFF (Réseaux ferrés de France) et la Société des canaux de la ville de Paris, propriétaires des principaux terrains occupés par le marché du crack, ainsi que la RATP, exploitant du tramway, qu’utiliseraient les dealers postés au terminus de la gare. À ces trois interlocuteurs, un courrier a été adressé par le maire la semaine dernière pour leur réclamer le dépôt d’une plainte, indispensable avant toute évacuation. Pour « mettre fin au trafic », sa priorité n°1, la Ville a interpellé à maintes reprises les services de police, dont elle souhaite notamment une présence continue dans le quartier. Quant aux toxicomanes, pour lesquels elle a installé points d’eau et WC, tous s’accordent sur « les mesures d’accompagnements » dont ils ont expressément besoin. À commencer par la Ville qui en réclame la mise en œuvre « à l’échelle régionale ».
M.L.

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