À la une En ville

Petite enfance
/ Une première Maison d’assistantes maternelles

La Cabane des sens ouvrira ses portes à l’automne au 3 rue Jean-Jaurès en centre-ville. Il s’agira de la première Maison d’assistantes maternelles (MAM) de Saint-Denis. Mais qu’est-ce qu’une MAM (1) au fait ?
Vanessa, Tiffany et Nasseraa au pied de la future MAM au 3 rue Jean-Jaurès
Vanessa, Tiffany et Nasseraa au pied de la future MAM au 3 rue Jean-Jaurès

Après les assistantes maternelles, la crèche publique, la crèche privée (liée aux entreprises du territoire le plus souvent), la crèche parentale, une nouvelle offre de garde s’incruste joyeusement dans le paysage dionysien de la petite enfance : la Maison d’assistantes maternelles (MAM). Pour faire simple, une MAM ce sont des assistantes maternelles qui se constituent en association et se dotent de moyens en commun pour accueillir des jeunes enfants. La Cabane des sens est née dans l’esprit de Vanessa Bergamaschi (35 ans) il y a 18 mois. « J’avais passé une formation d’éducateur jeunes enfants il y a 10 ans. Je mûrissais le projet depuis un moment et je l’ai concrétisé après en avoir parlé à Laura Denis, la directrice de la Maison des parents que je fréquentais pendant mon congé parental. » Bien accompagnée par la direction de la petite enfance de la Ville (don de matériel de puériculture) et le Pôle petite enfance d’Épinay (en particulier Valérie Chafik, fondatrice de la Maison d’assistantes maternelles Orgemôme), Vanessa se lance donc dans l’aventure de la MAM.

Premier objectif créer une équipe. Avec Nassera Bakhti (52 ans), assistante maternelle depuis 8 ans, et Tiffany Vicaine (28 ans) titulaire d’un CAP petite enfance, elles ne se sont pas seulement trouvées. Elles se sont choisies. « J’ai rencontré beaucoup de monde mais je voulais un vrai feeling », explique Vanessa. Le courant passe et le projet avance. Plaine Commune Habitat leur loue à conditions avantageuses un ancien appartement de 100 m2 au 3 rue Jaurès et prend en charge les travaux de mise aux normes afin de l’adapter à cette nouvelle activité. Le mobilier et les finitions sont à la charge de l’association qui a reçu des subventions de la Caisse d’allocations familiales et du Département. « On doit démarrer les travaux en juin pour une ouverture début octobre », détaille Vanessa Bergamaschi.

8 places disponibles à l’automne

La MAM sera dotée d’une grande salle d’activité, d’une cuisine pour préparer les repas des petits sur place, d’un bureau et de deux dortoirs, dont un doté de lits encastrables, afin de le convertir à la demande en espace sensoriel Snoezelen. La marque de fabrique de La Cabane des sens. « C’est quelque chose à laquelle on tient beaucoup, affirme Vanessa. Nous voulons pousser l’enfant à l’expérimentation sensorielle et l’inviter à découvrir la relaxation. » Le petit jardin – dans lequel les enfants pourront croiser la tortue mascotte de la MAM – qui entoure le local sera aussi mis à profit dans le cadre de cette approche. À ce jour, 8 des 9 places de la structure sont disponibles. Reste donc à convaincre des parents (2). Et les arguments ne manquent pas à Nassera, Vanessa et Tiffany. « C’est une plus petite structure qu’une crèche, on a donc plus de temps à consacrer à l’enfant », développe cette dernière. « On jouit d’une grande liberté, ajoute Vanessa. On a prévu des sorties régulières au parc de la Légion d’honneur, ou dans les différentes structures partenaires de la Ville telles que la médiathèque ou la ludothèque. »

Rayon alimentation, nos trois drôles de dames ne manquent pas d’idées non plus. « Tout sera cuisiné sur place, on va toutes s’y mettre », assure Nassera. «  Et l’objectif est de se fournir en produits les plus sains et si possible locaux », garantit Vanessa qui est en contact avec la Ferme urbaine de Saint-Denis. À moyen terme, la MAM ambitionne également de mener des actions en direction des enfants handicapés. « Deux samedis matins par mois, des ateliers parents-enfants qui mêleront enfants porteurs et non porteurs de handicap seront proposés », conclue Vanessa Bergamaschi. À Saint-Denis comme ailleurs, le défi de l’accueil des moins de 3 ans est immense. La Ville de Saint-Denis accueille 800enfants dans ses crèches publiques, mais elle ne peut donner suite qu’à 500 demandes d’inscriptions sur les 1 500 qu’elle reçoit. Une solution en plus n’est donc pas une solution de trop pour les parents dionysiens.

Yann Lalande

(1)   Dans une MAM les parents signent un contrat avec une seule assistante maternelle. Avec cette souplesse : en cas de besoin ponctuel (arrêt maladie, congé…), les assistantes maternelles peuvent être en charge de quatre enfants.

(2)   Réunion d’information jeudi 7 juin de 18h à 20h au 40, rue de la Boulangerie. Facebook : La cabane des sens