En ville

Une épicerie sociale au cœur de Franc-Moisin

Plus de 350 familles « dans le besoin » peuvent acheter à moindre coût des produits, en majorité alimentaires, à quelques jours de leur date de péremption, cédés gracieusement par la grande distribution.

43, allée Antoine-de-Saint-Exupéry. Au cœur de la cité Franc-Moisin, rien ne distinguerait cette adresse plutôt qu’une autre, si ce n’était la file d’attente qui se forme devant l’immeuble à chaque début d’après-midi. Nul besoin d’enseigne. Pour l’épicerie sociale, ouverte en juin dans ce local en rez-de-chaussée par l’association Quartier Partage, le bouche à oreille a fonctionné. La fréquentation atteint « plus de 100 personnes par jour. Le nombre des familles inscrites dépasse les 350, indique Alina Amable, jeune présidente de cette nouvelle association. Ce sont des gens au RMI, en fin d’indemnités Assedic. Il y a aussi beaucoup d’étudiants qui n’ont qu’un euro par jour pour manger. » Et sur une superficie d’à peine 30 m2, le choix ne manque pas. Salades, concombres, tomates, raisins, bananes… Tous fruits et légumes « à 1 euro le kilo ».
Eugénie, jeune vendeuse bénévole, désigne encore, dans le congélateur « donné par Picard », poulets entiers « à 2 euros », steaks hachés, morceaux de canards… « Cela ne dépasse pas les 4 euros sauf pour le gigot. » Dans le meuble frigorifique, des « yaourts à 10 centimes pièce ». Près du tiroir caisse, des œufs « à 50 centimes les six »… Petite contrepartie demandée aux bénéficiaires, « ils paient 5 euros par trimestre et par famille pour leurs frais de dossiers. Tous les mardis et jeudis, reprend Alina Amable, on fait des colis gratuits pour les plus démunis, avec fruits et légumes, viandes, lait, couches… ». Comme elle le souligne avec un brin de fierté, aucun produit discount en boutique, « c’est de la marque ! On a signé des partenariats avec la grande distribution, une quinzaine de magasins, surtout Carrefour et Atac. Je récupère les produits gratuitement avant la date de péremption. Cela va de J-5 à J-1 », continue la présidente de Quartier Partage. Les moins périssables, riz ou pâtes, ou les produits non alimentaires, étant cédés pour leurs emballages abîmés quand ils ne sont pas fournis par la Banque alimentaire. « On fait toujours un tri quand ça arrive. Et il y a des arrivages tous les jours. On va s’approvisionner jusque dans le Val-d’Oise. »
Avec sa boutique ouverte six jours sur sept, dont le samedi après-midi, l’association fonctionne avec « 15 à 20 bénévoles, des gens du quartier, de la famille, etc. » Parmi eux, Sylvain, « le responsable administratif », partage le local administratif, à l’arrière de la boutique, avec les trois salariées, dont Fatima Evora, sœur d’Alina et autre pilier de l’association. Principaux frais de fonctionnement, outre les salaires en contrats aidés, « la location du camion frigorifique à 1000 euros par mois, plus l’essence » et le loyer versé au Logirep – 400 euros pour 75 m2. « On rentre tout juste dans nos frais », conclut la présidente qui n’en espère pas moins un plus grand local à Franc-Moisin pour accueillir d’autres bénéficiaires. « J’avais été bénévole pour une association du Val-d’Oise. Je rencontrais des directeurs de la grande distribution, cela fonctionnait très bien », raconte la jeune femme, qui avoue aussi « une formation commerciale » et en ce domaine un certain talent que vient compléter celui de Fatima, Amsœur de son pseudo d’artiste chanteuse. « Notre famille est du Cap-Vert. On a vécu nous-mêmes dans la galère. On aurait aimé avoir des gens pour nous soutenir », raconte cette dernière, en mentionnant quantité de projets à venir dans le quartier, pour les jeunes, les personnes âgées… Pour l’heure, l’association espère pour sa boutique une prochaine subvention du conseil général.
Marylène Lenfant
Épicerie sociale contact : 01 74 65 03 23.

ÉCLAIRAGE
Quatre structures existent

Épicerie sociale ou boutique alimentaire, Saint-Denis compte aujourd’hui quatre structures gérées par des associations pour fournir au moindre coût des vivres aux personnes aux très faibles ressources. Hébergée à la Maison de la solidarité, la boutique alimentaire du Secours populaire propose des produits de première nécessité, à environ 10% de leurs valeurs commerciales, une à deux fois par semaine (Tél. : 01 49 71 50 13). La boutique alimentaire de la Croix-Rouge propose quant à elle un panier par semaine à chacune de ses 250 familles bénéficiaires (Tél. : 01 48 26 75 16). Parmi les dernières nées, l’épicerie solidaire du Secours islamique, ouverte deux jours par semaine dans le quartier Pleyel, fonctionne sur le même principe que la nouvelle épicerie de Franc-Moisin, comme un vrai commerce. Les achats y sont plafonnés (jusqu’à 100 euros) en fonction de la composition familiale (Tél. : 01 49 17 17 17).
M.L.

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