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Vélib’ à Saint-Denis
/ Un service hors-cadre

Sur les 15 stations Vélib’ prévues dans la commune, 6 sont en fonctionnement, et 4 autres le seront fin juin. Mais à quel prix pour la collectivité, quand une bonne partie des utilisateurs dérobent ces vélos qu’ils réduisent ensuite à l’état d’épave ?
Impossible de savoir combien de Vélib’ ont été volés ou vandalisés, Smovengo ne communiquant pas sur ces actes.
Impossible de savoir combien de Vélib’ ont été volés ou vandalisés, Smovengo ne communiquant pas sur ces actes.

Qui sont à Saint-Denis les utilisateurs du Vélib’ 2, ce vélo en libre-service aujourd’hui proposé dans 68 communes d’Île-de-France ?

« Renseigner son adresse étant facultatif pour les abonnés, nous n’avons pas la donnée exacte par commune », nous fait savoir Smovengo, le prestataire. Impossible donc d’en connaître le nombre, y compris à la Plaine où quatre stations ont été ouvertes l’été dernier. Depuis, sur les quinze stations projetées dans la commune, deux autres seulement ont été mises en service, l’une devant le square Robespierre, l’autre place du Cornillon. Et si, là encore, un comptage des abonnés est impossible, les vélos verts et bleus qui y sont disposés depuis trois mois sont utilisés assurément. Mais l’emprunt s’y fait surtout en douce, sans carte, ni abonnement. De moins doués ayant été vus s’acharner sur les bornettes à coups de marteau.

Une fois enfourchés par ces jeunes utilisateurs, les Vélib’ sont moins un mode de transport qu’un défouloir, dont ils peuvent profiter en toute insouciance. Jusqu’à s’en débarrasser où bon leur semble, à l’état d’épaves le plus souvent. Combien de vélos ainsi volés et/ou vandalisés dans la ville ?

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« Nous ne communiquons pas sur ces actes, nous répond Smovengo, afin de ne pas stigmatiser des communes. » En juillet 2018, le nouveau président de ce consortium n’en déplorait pas moins le vol de 3 000 vélos pour les six premiers mois d’exploitation dans la capitale. « Smovengo a développé des vélos très résistants au vandalisme et des technologies performantes pour limiter un maximum les vols », n’en assure pas moins la communicante du Syndicat Autolib’ et Vélib’ Métropole (SAVM), l’établissement public représentant les villes et collectivités adhérentes au dispositif Vélib’.

Pour le SAVM, l’heure est aujourd’hui à l’apaisement avec le consortium Smovengo après une année 2018 des plus calamiteuses. Une grève du personnel de maintenance aboutissant à une trentaine de licenciements, des vélos bloqués, des stations en nombre insuffisant, Smovengo était sommé en mai 2018 par le SAVM de présenter un plan de sortie de crise. Et son nouveau président s’engageait sur un déploiement complet en mars 2019, avec un an de retard sur l’objectif initial.

Pour cerner les origines de ce fiasco dénoncé par les utilisateurs, un rapport a été commandé par la maire Anne Hidalgo à l’inspection générale de la Ville de Paris. Ses conclusions rendues en février soulignent les responsabilités d’abord de la mairie de Paris dans la préparation et la conduite du Vélib’ 2. Le projet pour faire suite au Vélib’ exploité sur Paris et ses abords par Decaux a été mal évalué de par sa complexité technique (avec des vélos électriques géolocalisables), et compte tenu de ses dimensions à l’échelle de la Métropole. 
 


 


Retard de déploiement

Consortium constitué pour l’occasion, Smovengo était-il en mesure de satisfaire au cahier des charges de ce marché public prévu pour quinze ans ? Son offre, bien que moins aboutie sur le plan technique que celle de Decaux, présentait l’avantage d’un moindre coût, en raison notamment de dépenses inférieures en personnels. Ainsi l’opérateur a-t-il convaincu l’ensemble des représentants des villes et collectivités au SAVM. À Saint-Denis, l’une des communes les plus affectées par le retard de déploiement, Smovengo met en avant une « attente d’électrification », mais qui devrait aboutir d’ici fin juin à la mise en service de quatre autres stations, quai du Port, boulevard Anatole-France, rue Franciade et square du Front-Populaire. De quoi alourdir encore la tâche des équipes qui « travaillent jour et nuit pour ramasser ou réparer les vélos », et les répartir entre les stations.

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Avec les équipes basées dans les ateliers d’Alfortville et de Villeneuve-la-Garenne, et celles de maintenance itinérante affectées aux petites réparations, « ce seront 850 vélos qui seront traités par jour » à terme sur les 20 000 en service. Y suffiront-ils ? Rappelons qu’en 2009, une réplique du Vélib’ parisien, le Velcom, avait été lancée par Plaine Commune qui l’abandonnait en 2012 avec ce cruel constat d’échec de quelques dizaines d’abonnés pour 47 stations, dont 29 à Saint-Denis.

« À plusieurs reprises, c’est l’ensemble du parc – soit 450 vélos sur l’ensemble du territoire couvert – qui a disparu, imposant à la collectivité de le renouveler », concluait le communiqué de Plaine Commune à l’époque. Qu’en sera-t-il du Vélib’, facturé 10 000 euros par station et par an à la Ville ? Élue déléguée aux mobilités douces, Cécile Ranguin (EELV) se veut toujours optimiste. « C’est un beau projet, qu’il faut valoriser. »

Marylène Lenfant

Réactions

Je ne sais pas ce qui m'énerve le plus, de voir toutes les épaves ou de voir des adolescents ou parfois des enfants sur des velib volés ( pas par eux forcément mais il s'agit de recel quand même ) et se balader tranquillement.
Dans le quartier Delaunay Belleville , les clients du VELIB déposent leurs vélos correctement sur le trottoir en fin de trajet. Les jeunes du quartier récupèrent alors ces vélos pour se défouler ou se déplacer utilement. J'ai constaté un jeune encagoulé approcher un gros aimant au niveau du calculateur embarqué dans le vélo probablement pour désactiver la géolocalisation du vélo et neutraliser l'exécution du programme informatique du calculateur. Lors d'essais techniques au stade prototype, SMOVENGO a t'il testé l'influence de champs magnétiques émis par un aimant approché sur les vélos attachés en station VELIB ainsi que sur le pupitre de l'armoire de gestion de la station? J'espère pour eux que oui.
Bonjour Je lis recèle de vol vous croyez que la police a pas autres choses a faire que de courir derrière des gamins pour un Vélib' déjà que la justice dans le 93 est débordé avec le sup , meurtre, Viol ect ect faire payée les parents insolvable pas de Vélib' saint Denis aurait été mieux a j'oubliais des élus incapables de réfléchir sur des individus non éduqués
Combien coûte ce Progrès nécessaire à tous et toutes, aux seuls foyers imposables encore présents sur Saint-Denis ? Le Département (& Partenaires IDF-CAF-Ect…) ne pourrait-il pas faire passer "un permis de circuler-Sécurité Routière- pour les fins de 3é collège et dans le même temps faciliter l'acquisition de vélos (récup'-dons-stages réparations-braderie) au même titre que "les tablettes informatiques"pour l'ensemble des enfants du département ? Pourrait-on organiser à Saint-Denis une grande et énorme braderie "spéciale Vélos et autres mobilités douces" avec l'ensemble des associations et ateliers de réparations des vélos de Plaine Co? Chaque enfant de ce département (du moins ceux de notre ville dans un 1er temps) devrait pouvoir posséder un vélo dès sa fin de 3e collège ! Banalisons l'objet, banalisons la pratique du vélo pour tous les habitants de cette commune. aller 114 000 vélos d'ici un an pour toutes et tous !! sans exception… Dans chaque quartier il doit y avoir un à deux ateliers associatifs (ou TPE) pour la rénovation et la réparation des vélos !!  Combien de garage à vélo existent-ils aux abords des Collèges et des Lycées de notre ville !!! Combien de talents d'entreprises ou de recycleries existent-ils dans ce domaine et dans cette ville de 114 000 habitants-tes ? Posséder un vélo doit donc devenir no-rmal à SD pour ne pas dire ba-nal ! Accélérons ce Projet - tous à vélo - vers le concret sans les bonnes paroles des politiciens hors-sol qui s'envoleront vite face aux réels (désespérants et navrants) afin qu'il puisse naître ! Nous sommes déjà stigmatisés et estampillés ville du nihilisme dans la France entière. Alors qu'avons à perdre en étant tous en deux roues ? (y'a 10 millions d'euros qui sont gâchés chaque année par l'absentéisme du personnel communal c'est donc tout à fait réalisable et visionnaire pour nos enfants et habitants)...
LEJSD demande à SMOVENGO "quels sont à Saint-Denis les utilisateurs du Vélib2" ? LEJSD demande à SMOVENGO la fourniture des données personnelles des utilisateurs de Vélib2. C'est scandaleux et illégal. LEJSD sait-il qu'il existe dans l'Union Européenne un règlement général de protection des données entré en vigueur le 24 mai 2016 et applicable depuis le 25 mai 2018 ?
@MDR. Je sais bien que la police a d'autres choses à faire mais les adultes ont aussi une mission de ne pas laisser faire en permanence.
Cet article aurait plus être plus détaillé notamment sur le volet économique. Combien coûte cette idée stupide d'installer des velib à st Denis? Il faut vraiment pas connaître la dynamique de cette ville pour prendre cette décision.
C'est la troisième fois que la ville fait installer ce système de Vélib ! A chaque fois c'est un échec: vandalismes, vols,... Et c'est la troisième fois que les rares foyers imposables dionysiens devront payer cette gabegie... et tout çà pour flatter les egos !!! ASSEZ de cette équipe ! Assez de ce président de Plaine commune
Bonjour. Cécile Ranguin (EELV) se veut toujours optimiste. « C’est un beau projet, qu’il faut valoriser. » Voila pourquoi les élus sont hors sol. C'est pas leur argent, ils s'en foutent. Puisque contractuellement la ville s'engage à payer le service à SVAM. Je pense que les élus et en particulier Cecile Ranguin aurait du se souvenir de VELCOM et du fiasco financier pour plaine commune. Mais comme chaque année, on remet des sous... Tranquille, tout vas bien, elle va surement trouver de beau projet. Il faut arrêter de croire une seule seconde que Saint Denis est comme Paris. Paris est une ville riche avec le pouvoir d'achat qui va avec. Saint Denis est une ville pauvre. A partir de ce constat, les élus aurait du se rendre compte qu'un projet comme celui la impliquait le respect du bien publique. Ce qui n'est absolument pas le cas à Saint Denis. Donc, c'est de l'argent foutu en l'air, enfin pas pour le SVAM...
Il faut noter l'avancée permise par l'implantation des Vélib a une échelle plus large sur le territoire de la Ville de Saint-Denis. Quelques personnes peuvent utiliser (sous réserve de fonctionnement et disponibilité) utilement le service. Quelques personnes s'empressent de le vandaliser, mais, s'il est affligeant de voir tous ces jeunes jouer les cadors sur leur Vélib puis les désosser par pur plaisir, il faut souligner qu'un gamin faisant du Wheeling sur un vélib volé est bien moins dangereux (et bruyant) que ce même gamin sur un scooter (volé ou non). Personnellement je remarque une baisse assez sensible des abrutis sur deux roues motorisées, au profit d'abrutis sur deux roues empruntées. Les mobilités douces s'installent peu à peu, même dans la tête des caïds. Voir guetteurs et rabatteurs sillonner la ville à Vélib pourrait presqu'avoir un côté poétique.

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