En ville

Un chantier en trompe l’œil au 76, rue Péri

Alors que les planchers s’effondrent, la DDE a entrepris des travaux d’électricité et posé des fenêtres. Et les promesses de titres de séjour ne sont pas tenues. Les occupants sans-papiers et leurs soutiens dénoncent une manœuvre de l’État pour se dégager de sa responsabilité.

Une peinture blanche toute fraîche pour une cage d’escalier vétuste et des marches incertaines, toutes déformées. Voilà ce qu’on pourrait appeler des travaux cache-misère. Mais que dire de la pose de fenêtres PVC double-vitrage et du renouvellement d’installation électrique dans des logis dont les planchers délabrés viennent de s’affaisser?? Dans les bâtisses insalubres où vivent au 76, rue Gabriel-Péri une quarantaine de familles, d’origine africaine pour la plupart, ce chantier est conduit depuis août par la Direction départementale de l’équipement. Il devait permettre un relogement provisoire des six familles qui occupent l’édifice le plus dangereux. Deux logements sur les cinq visés par cette remise en état sont ainsi inhabitables. Et d’autres, dans cet ensemble de quatre immeubles qui tous menacent ruines, ont été récemment condamnés.

« On a l’impression d’avoir été menés en bateau »

Mobilisées depuis des années pour obtenir un habitat décent, les familles avaient pourtant repris espoir depuis six mois. L’action conjuguée de la préfecture, de Plaine commune et de la mairie, au sein d’un comité de pilotage, commençait à porter ses fruits. Pour éloigner les enfants les plus atteints de saturnisme, neuf familles avaient bénéficié d’un hébergement ou d’un relogement. Et le sous-préfet s’était engagé sur une suite favorable pour 36 des 55 demandes de titres de séjour, indispensables à un relogement. Voici une dizaine de jours, deux de ces demandeurs se sont rendus à une convocation de la préfecture. En toute confiance. « Le service des étrangers n’était au courant de rien. L’avis favorable avait été donné oralement. Il n’était écrit nulle part?! Aujourd’hui, on est en colère, on a l’impression d’avoir été menés en bateau », s’insurge Vassindou Cissé, porte-parole des familles.

Les familles ont entrepris de bloquer le chantier de la DDE

Après une rencontre infructueuse à la sous-préfecture le 16 septembre, où elles s’étaient rendues en manifestation, les familles avaient entrepris de bloquer le chantier de la DDE, avec l’appui notamment du maire Didier Paillard et du président de Plaine commune Patrick Braouezec. Ces derniers estimant comme les familles que l’État cherchait par ces travaux palliatifs à se dégager au plus vite de sa responsabilité sur l’insalubrité qui avait motivé un arrêté préfectoral. Sous la menace de la préfecture de mettre un point final à tout le dispositif d’accompagnement dont elle avait permis la mise en œuvre, les familles ont dû lever leur blocage du chantier. Pour elles et pour leurs soutiens, dont le Réseau solidarité logement et la Coordination 93 de lutte pour les sans-papiers, une nouvelle mobilisation s’impose, de toute urgence.

Marylène Lenfant

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