En ville

Travaux pratiques de la réhab’ dans les quartiers Gare et Centre-Porte de Paris

Le programme national de requalification des quartiers anciens dégradés est passé en mode actif avec, entre autres la semaine dernière, deux réunions de quartier au cours desquelles ont été cernés les sites qui bénéficieront de cette rénovation urbaine.

Au moins soixante personnes sont présentes, mercredi 27 janvier, dans le préau de l’école, impasse Saint-Clément, dans le secteur Brise-Échalas/Gare. Le lendemain au musée, rue Gabriel-Péri, une bonne quarantaine d’habitants a aussi répondu à l’invitation des élus. Dans les deux cas, il est question de faire le point sur le programme national de requalification des quartiers anciens dégradés (PNRQAD) qui concernent les secteurs Gare et Centre/Porte-de-Paris. Et sur les projets urbains qui s’ébauchent.

Saint-Denis, comme treize autres communes de France, a été retenue dans le cadre de ce plan qui prévoit le déblocage de 380 millions d’euros pour une exécution de travaux qui devrait débuter dès cette année. D’ores et déjà, des îlots et des sites sont ciblés par les techniciens.

Aménagement de l'espace public

« Il s’agit en même temps d’un projet d’aménagement de l’espace public, avec une réflexion sur les pieds d’immeuble et le commerce de proximité », a souligné Stéphane Peu, maire adjoint et vice-président de Plaine commune. Il a aussi été souligné que l’Architecte des Bâtiments de France est partie prenante dans cette rénovation, et qu’il doit donner son avis sur les choix architecturaux, les matériaux des façades, etc.

« C’est un travail respectueux qui prend en compte la valeur patrimoniale des constructions », explique la directrice de l’habitat à la mairie de Saint-Denis. Elle précise que les personnes résidant dans des immeubles qui seront détruits seront en priorité relogées dans le même secteur.

Ce vaste plan de résorption de l’habitat indigne dans les centres-villes et leurs abords va se traduire par la démolition de 97 logements et la construction de 180 dans le secteur Centre/Porte-de-Paris, et de 130 démolitions pour 150 constructions dans le secteur Gare/Brise-Échalas.

Point par point

Dans le détail, les immeubles ou groupes d’habitation concernés sont désormais pointés. Pour le secteur de la Gare, on peut citer le 29, rue Delaune, les numéros 9, 10, 11, 13, 19 rue Dézobry, les 7 et 9 rue Viollet-le-Duc, les 14 et 16 rues Brise-Échalas.
Ces projets accéléreront la mutation de ce secteur où se croiseront les trams T1 et T8, et où des décisions de sécurisation sont aussi prises par la Ville qui a notamment souhaité, en prenant une décision exceptionnelle, prendre en charge l’installation d’une porte d’entrée de sécurité dans une copropriété de la rue Delaune, dont les habitants ne pourraient pas faire face aux dépenses.

Pour le secteur Centre/Porte-de-Paris, les lieux de rénovation pointés sont aux adresses suivantes?: 13, rue Riant, angles 11, rue Péri/2, rue Aubert, 9, Riant/8, Aubert… Des projets qui seront sans doute à nouveau évoqués par les habitants les 17 et 18 avril, lors du Forum annuel de la Porte de Paris.

Gérald Rossi

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Quartier Gare : cellule de veille et réunion en mairie

Vous avez demandé la sécurité, ne quittez pas

À la date du 29 janvier, les agendas des élus locaux, des habitants du quartier gare et des policiers mentionnaient deux rendez-vous. Le premier, dit Cellule de veille, s’est tenu en sous-préfecture, convoqué par Nacer Meddah, préfet de Seine-Saint-Denis. Le second s’est déroulé à la demande d’associations, notamment de Sans crier Gare, avec le maire Didier Paillard et plusieurs de ses adjoints.

« Nous avons pu constater une réelle prise en compte de la situation par la police nationale dans le secteur de la gare, mais aussi dans les autres quartiers de la ville, avec un travail d’enquêtes conséquent et une présence policière quotidienne », se félicite Stéphanie Dardel, de Sans crier Gare. « La situation s’est nettement améliorée depuis la venue du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux », constate Sophie Durand, de l’association Saint-Denis & Environnement.

Opérations policières d'envergure

« Des actions concrètes ont été menées après les premières opérations policières d’envergure, comme le coup de filet du 19 janvier dernier, avec le démantèlement d’une partie du trafic », reconnaît Florence Haye, adjointe au maire. Elle explique que « de son côté, la municipalité renforce les gardes de l’environnement, poursuit la mise en place (pour le printemps 2010) de Médiateurs de nuit, et demande à la police municipale de poursuivre elle aussi ses actions dans tous des quartiers ».

« Le maire nous a proposé la bonne idée d’organiser un balade nocturne dans le quartier, afin d’évoquer ensemble les questions de la propreté, de l’éclairage public, de la sécurité », poursuit Stéphanie Dardel. « La propreté est une question d’importance » pour Sophie Durand, qui évoque « la vraie difficulté d’une seule collecte mensuelle des encombrants au lieu de deux précédemment dans le secteur ». Un groupe de travail mairie-habitants, piloté par le conseiller municipal Laurent Russier, est en cours de constitution.

La vidéoprotection

La vidéoprotection est en revanche un point d’achoppement récurent entre les associations et la municipalité. La préfecture verrait plutôt d’un bon œil son extension au-delà du parvis de la gare centrale, et des crédits d’État pourraient en financer une partie. Les élus de la majorité rappellent leur opposition « à un dispositif coûteux et sans réelle efficacité ». « Je ne suis pas une fan de la vidéo, indique Stéphanie Dardel, mais dans une situation exceptionnelle, ne faut-il pas des moyens exceptionnels ? Il ne s’agirait pas de mettre des caméras partout, mais sur des points clés ».

En revanche, l’affectation officielle de 24 policiers au poste de la gare, préfigurant l’effectif prévu de 50 fonctionnaires, est unanimement apprécié. Sauf par les trafiquants qui tentent de poursuivre leurs activités, quitte à s’éloigner de la gare. « Nous devons être très vigilants », note avec inquiétude Florence Haye.

G. R.