En ville

Sibeth N’Diaye, nouvelle génération rose

Son élection a fait nettement moins de bruit que la guerre des chef(e)s entre Aubry et Royal. N’empêche, Sibeth N’Diaye, 29 ans, a été élue secrétaire nationale du Parti socialiste en charge de la petite enfance. C’est Martine Aubry en personne qui a souhaité que cette Strauss-kahnienne fasse partie du nouveau team de la rue de Solférino. « Elle m’a convaincue jusqu’au dernier moment, dit-elle. J’ai beaucoup réfléchi avant d’accepter. Je voulais avoir l’assurance de ne pas être la potiche de service. » Femme, noire, jeune… C’est vrai que le risque existe de devenir l’exception alibi au pays du parti des éléphants. Mais la nouvelle promue, qui habite non loin du TGP, a quelques cordes à son arc pour incarner le rôle d’une dirigeante.

Le déclic des présidentielles de 2002
Celle qui est chef du service de presse du conseil général de la Seine-Saint-Denis, désormais dirigé par Claude Bartolone, milite depuis la fin des années 90. Comme syndicaliste, d’abord – à l’Unef-ID, jusqu’au bureau national – et comme dirigeante mutualiste. Puis, quand arrive le 21 avril 2002 avec le traumatique second tour que l’on sait, Sibeth N’Diaye adhère au PS. « Le Pen en deuxième position, ça a été le déclic. Surtout quand, comme moi, tu es étrangère. À l’époque, je vivais à Paris. Je me suis de suite engagée dans la bataille des municipales. »
Sibeth N’Diaye, de nationalité sénégalaise, côtoie maintenant les hiérarques du PS. Elle glisse, lucide, en riant à pleine gorge?: « Je parais moins dangereuse du fait que je ne suis pas française. Au moins, je ne risque pas de briguer une place d’élue. »
Dionysienne depuis 2006, elle adore sa nouvelle ville. « Je retrouve le côté chaleureux de mon Dakar natal. J’aime peut-être un peu trop Saint-Denis, je ne vois pas assez les côtés négatifs », dit-elle. Une chaleur qu’elle ne retrouve pas forcément à la section locale du PS. « C’est clanique, lance-t-elle. La ville a besoin d’autre chose qu’un parti qui auto perpétue ses erreurs. Était-ce bien raisonnable, par exemple, de mener la campagne des municipales sur l’insécurité quand on est socialiste?? »

Un prénom prometteur
Directrice de la campagne de Mathieu Hanotin pour les dernières cantonales, la nouvelle secrétaire nationale a été, tout comme lui, empêchée de participer au vote pour le congrès de Reims. Mais il lui en faut plus pour jeter l’éponge?: « Plein de gens ont envie d’ouvrir les portes et les fenêtres de la section pour respirer. C’est pourquoi je suis pleine d’espoir », assure-t-elle. Quelques minutes avant, elle avait expliqué la signification de son prénom. En diola, langue parlée au sud du Sénégal, Sibeth veut dire celle qui a remporté beaucoup de combats…
Dominique Sanchez