À la une En ville

Violence faites aux femmes
/ Savoir pour mieux les aider

Les événements organisés autour du 25 novembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, rappellent que la sensibilisation est la clé de voûte de ce combat. De nouveaux dispositifs sont aussi lancés pour aider les victimes.

Unique département à posséder un Observatoire des violences envers les femmes, depuis 2002, la Seine-Saint-Denis innove en créant des dispositifs pour protéger et aider les victimes. Le téléphone Grave danger (un appel à l’aide en une touche) a ainsi été d’abord expérimenté en 2009 sur le territoire du 93 avant d’être étendu à toute la France en 2014. Plus récemment, la mesure d’accompagnement protégé pour les enfants dans le cadre d’un droit de visite du père violent, expérimentée depuis 2012, pourrait être l’un des prochains dispositifs à être généralisé.

En ce mois de novembre 2018, la Ville de Saint-Denis participe comme chaque année aux Rencontres Femmes du monde en Seine-Saint-Denis, initiées par l’Observatoire départemental. « Notre programmation locale propose surtout des événements culturels, car les violences faites aux femmes sont un sujet difficile à aborder de front. Ce biais nous permet d’attirer un public plus large, pour que la sensibilisation ait plus d’impact », explique Marie Leroy, chargée de mission droits des femmes à la Ville. 

 

Sensibiliser les gardiens d’immeuble

Des acteurs publics qui par ailleurs s’engagent concrètement sur le terrain. Le 20 novembre, 150 agents de Plaine Commune Habitat (PCH) à Saint-Denis bénéficieront d’un temps d’information sur les violences faites aux femmes. Ernestine Ronai, la responsable de l’Observatoire, se chargera de l’animer. « L’idée est de permettre aux gardiens d’immeubles et au personnel d’accueil de réagir de manière appropriée. En les informant sur les mécanismes de violence, on les aide à les repérer mais aussi à savoir comment se comporter, vers qui orienter la victime, sans se substituer aux associations ou services sociaux, souligne-t-elle. Si la femme refuse l’aide, l’agent doit respecter sa décision, lui dire qu’il est là si besoin, et ne pas hésiter à frapper à la porte si des bruits l’alarment

Pour Christine Perrot, directrice adjointe de SOS femmes 93, « ce moment de sensibilisation va permettre à ces agents de proximité d’avoir une oreille plus attentive. Si une victime de violences conjugales vient déposer une demande de logement alors qu’elle en occupe déjà un avec son conjoint, il faut se montrer discret, bienveillant, faire attention par exemple à ne pas la reloger dans un appartement au rez-de-chaussée où elle ne se sentira pas en sécurité ».

Des affiches vont être mises dans les loges des gardiens avec le numéro d’écoute (3919) et la Ville va éditer des cartes avec des numéros d’urgence qui seront distribuées dans les boîtes aux lettres. « Cela peut paraître anodin, mais toutes ces actions peuvent contribuer à changer le regard des gens. Les violences conjugales touchent tous les milieux, se déroulent dans la sphère privée, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut fermer les yeux, rester en retrait. Il faut réagir si une victime a besoin d’aide », rappelle Marie Leroy. 
 


 


Reloger les femmes victimes

Autre engagement de la Ville : le renouvellement de la convention « Un toit pour elle ». Ce dispositif, déjà effectif dans 24 villes du département, a été lancé en 2005 pour décharger les centres d’hébergement des associations d’aide aux victimes. Les villes et les institutions signataires se sont ainsi engagées à réserver chaque année au moins un logement pour une femme accueillie dans ces centres ou en situation d’urgence, et qui dispose de ressources suffisantes. Le 20 novembre 2018, la Ville réitérera donc son engagement de mettre à disposition un à deux logements par an. L’engagement pris par le bailleur Plaine Commune Habitat, en 2013, n’ayant pas été rempli, une nouvelle promesse de fournir 5 logements par an sera également signée à cette occasion. « Obtenir un logement sûr et pérenne, c’est souvent la dernière étape d’un parcours de sortie des violences, mais pas forcément la plus facile… Les bailleurs peuvent se montrer frileux, d’où la nécessité d’accompagnement », souligne Carole Barbelane-Biais, chargée de projet à l’Observatoire des violences envers les femmes. 
 

Des moyens encore insuffisants

 Si des associations comme SOS Femmes 93 tiennent des permanences pour accompagner les victimes de violences conjugales, « créer des espaces de parole adéquats pour ces femmes reste toujours un sujet en réflexion », admet Christine Pernot. L’association a suspendu ses séances à la Maison des femmes, « car le public est surtout tourné autour de problématiques de santé ». La proximité n’est pas toujours synonyme de facilité. « Les Dionysiennes apprécient d’aller à la permanence de SOS Femmes 93 à Bondy, car elle est éloignée, elles peuvent y aller sans être repérées », constate Marie Leroy.

Des consultations de psycho traumatologie ont aussi été mises en place dans les CMS (centres municipaux de santé) de Saint-Denis. « Ce lieu permet à la victime de venir en toute discrétion », souligne encore Marie Leroy. Si les initiatives locales et les dispositifs nationaux sont là, « il faut que toute la chaîne des acteurs (justice, hébergement, médecins…) marche bien pour que cela soit efficace, et ce n’est pas toujours le cas… », regrette Christine Pernot. Constat similaire pour Marie Leroy : « La Ville agit comme elle le peut, mais il faut des moyens à tous les niveaux. L’État a déclaré que les violences faites aux femmes étaient une Grande Cause nationale, mais il n’édite même plus d’affiches avec le numéro vert 3919 ! » 
 

 Delphine Dauvergne

 

Programme : 

EXPOSITION Stature de femme : poupées en résistance, Art textile-photographie par Anna Rouker et Pascale Orellana. Jusqu’au 30 novembre, au centre administratif (2, place du Caquet). Vernissage samedi 17 novembre de 10h à 12h. Atelier lundi 19 novembre à partir de 14h. 

PROJECTIONS Indah Citra, court-métrage suivi d’un débat à destination des enfants avec La Palpe. 21 novembre, 14h, médiathèque Ulysse (37, cours du Ru-de-Montfort). 

Fleur de bitume, film où de jeunes Tunisiennes reconquièrent la rue grâce au street art. Vendredi 23 novembre, 14h, médiathèque Ulysse. 

SPECTACLES Lia et Ali, il ou elle était une fois, par la Cie Synergie Théâtre. L’univers des contes revisité pour critiquer les rôles stéréotypés. Samedi 17 novembre, 14h, Maison
de quartier Plaine (5, rue Saint-Just). 

Parcours de femmes : égalité à travers les frontières par la Cie Synergies Théâtre.
29 novembre, 14h, Ligne 13 (12, place de la Déportation). 

Re-création de la compagnie de danse Loba de Bolewa Sabourin. Samedi 24 novembre, 16h, médiathèque Ulysse (37, cours du Ru-de-Montfort). 

ATELIERS DE DANSE à Franc-Moisin: 19 novembre, Place Santé (17, rue de Lorraine); 22 novembre, Maison de quartier (16, cours du Ru-de-Montfort); 24 novembre, 14h, médiathèque Ulysse. 

STAGE D’AUTODÉFENSE par ARCA-f. 18 et 25 novembre. Pour plus d'informations contactez l'association à : arca-f@riseup.net.

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur