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Migrants avenue Wilson
/ Sans solution de repli

Le collectif citoyen qui vient en aide à la vingtaine de réfugiés de retour avenue Wilson, à la Plaine, critique l’action policière envers les migrants.
Le collectif citoyen Solidarité Migrants Wilson, qui vient en aide à la vingtaine de réfugiés de retour avenue Wilson, à la Plaine, critique l’action policière envers les migrants.
Le collectif citoyen Solidarité Migrants Wilson, qui vient en aide à la vingtaine de réfugiés de retour avenue Wilson, à la Plaine, critique l’action policière envers les migrants.

Vers 7 h 30, jeudi 28 mars, une dizaine de tentes sont déployées avenue Wilson, au niveau de l’église de la Plaine. Trois migrants enveloppés dans des duvets dorment sur les bancs du terre-plein central. Non loin de là, Philippe Caro, conseiller municipal et bénévole investi au sein du Collectif Solidarité Migrants Wilson, attend le réveil des réfugiés pour la distribution hebdomadaire des petits-déjeuners.

« Mardi, il n’y avait plus de tentes »

Fin février, quelques semaines après l’évacuation des campements le long de l’esplanade, le Collectif a repris sa chaîne de solidarité en distribuant « thé, café, tartines », et repas chauds, le soir, une fois par semaine, aux nouveaux ou anciens réfugiés de retour sur l’avenue. Le relais des bénévoles présents ce matin-là est aussi utile pour surveiller la venue de la police nationale et municipale. Mardi 26 mars, le Collectif a dénoncé sur son compte Facebook, le « harcèlement » et le réveil parfois « brutal » dont sont victimes la vingtaine de migrants. Ce jour-là, selon le Collectif, après un contrôle matinal, leurs tentes et affaires auraient été détruites « par la voirie » sur « ordre de la mairie ». « Mardi, il n’y avait plus de tentes, Plaine Commune a tout récupéré et c’est allé dans la benne », explique Philippe Caro.

Interrogée sur l’incident, Jaklin Pavilla, première adjointe aux solidarités, a affirmé « que ni le maire, ni aucun adjoint n’ont donné ce genre de consigne à la police municipale. On continue à dire avec Suzanna de La Fuente (en charge du quartier Plaine) que les migrants peuvent venir mais ils ne peuvent pas rester dans la journée sur l’avenue Wilson ». Pour les bénévoles, la Ville de Saint-Denis qui fait partie des huit communes fondatrices de l’Anvita, Association nationale des villes et territoires accueillants, ne remplit pas « complètement » sa mission de « ville accueillante ». Ils déplorent entre autres la coupure de l’eau avenue Wilson depuis l’évacuation de cet hiver et réclament cartes SIM et point d’accès à Internet pour les réfugiés.

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Alors que la trêve hivernale vient de toucher à sa fin, que vont devenir les migrants recueillis dans plusieurs gymnases de la Ville ? Sur les 39 réfugiés qui étaient à Carson-Besson, « 29 ont été orientés » et « une dizaine se sont retrouvés à la rue », a précisé Jaklin Pavilla. Le gymnase Nelson-Mandela est pour le moment encore ouvert. Quant au centre municipal de vacances de Mériel qui pouvait accueillir une quarantaine de migrants, il a fermé il y a dix jours.
 

Yslande Bossé

« Trop c’est trop. Rassemblement pour un accueil digne »

17 associations et collectifs citoyens, dont le Collectif Solidarité Migrants Wilson, qui viennent en aide aux réfugiés dans le Nord-est parisien ont décidé de suspendre leurs activités bénévoles (les distributions alimentaires restent assurées mais pas les consultations médicales, les maraudes solidaires ou ateliers de français.) mardi 9 avril et appellent à un rassemblement à 17h, à la Rotonde de Stalingrad. Ces organisations veulent ainsi  « dénoncer l'action des pouvoirs publics et alerter sur l'extrême gravité de la situation. » Un point presse est prévu à 18h. Le Collectif Solidarité Migrants Wilson distribuera des repas chauds pour 400 personnes. 

YB.