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Conservatoire de musique et de danse
/ S’accorder en temps de cacophonie

Respecter les protocoles sanitaires préconisés par le ministère de la Culture, celui de l’Éducation nationale, et la Ville, est la gageure relevée par l’équipe du conservatoire dionysien. Le lieu a pu rouvrir ses portes à quelque 800 élèves et leurs professeurs lundi 21 septembre.
 © Yann Mambert
© Yann Mambert

« Nous y avons passé des jours et des jours, concède Damien Charron. Nous nous sommes appuyés sur trois protocoles sanitaires : nous avons fait une synthèse des préconisations du ministère de la Culture, car nous sommes un conservatoire agréé, et du ministère de l’Éducation nationale, car nous intervenons en milieu scolaire et que nous avons des classes à horaires aménagés musique (Cham). Nous suivons également le protocole de la Ville puisque nous sommes un équipement municipal », détaille le directeur du conservatoire de musique et de danse de Saint-Denis.

Avant sa rentrée le 21 septembre, l’établissement d’enseignement musical a dû jongler avec les recommandations afin d’assurer l’accueil de ses 800 élèves, ainsi que des 44 professeurs et des 6 agents administratifs que compte son équipe. Autant dire que le conservatoire est un lieu potentiellement susceptible de concentrer des cas de Covid-19. Et pour couronner le tout, il a fallu s’adapter à des textes parfois un peu… abscons. Selon le ministère de la Culture, « le masque n’est pas forcément obligatoire dans le cadre de la pratique, mais il est recommandé de le porter tant que ce n’est pas complètement incompatible avec la pratique, notamment en chant, en danse ou pour un instrument à vent », récapitule Anne Hederer. La directrice adjointe se veut rassurante : « Dans l’Éducation nationale, il n’y a pas de distanciation sociale dans les classes et le partage de matériel est possible. Nous, on ne peut pas être aussi coulants parce que l’on est justement un lieu de grand brassage entre élèves de différentes tranches d’âges. »

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Les mesures engagées suffiront-elles à rassurer les parents ? « Ce que l’on peut constater, c’est que nous avons eu moins de candidatures aux inscriptions cet été, convient Anne Hederer. Nous avons eu une centaine de demandes de nouveaux inscrits en moins par rapport à l’année dernière. S’ajoute à cela un taux de désistement autour de 20%. Est-ce que cela est lié à la peur de la Covid ou à une réorganisation globale ? On ne sait pas vraiment. » Les réinscriptions toujours stables et une session de rattrapage qui a permis l’entrée de 62 élèves, compensent cette perte « en partie seulement », temporise la direction qui craint au final une baisse significative des effectifs d’une centaine d’élèves. Pour en avoir le cœur net, il faudra patienter jusqu’à la mi-octobre, date à laquelle prendront fin les inscriptions.

Pour l’heure, il reste 6 places en initiation musique (pour les 7 ans), 3 places en atelier piano-voix (11- 15 ans), 5 places en atelier guitare ados (13-17 ans), 5 places en piano adultes (niveau intermédiaire). Dans le cursus instrumental (à partir de 8 ans), il reste de la place aussi : 3 en accordéon, 1 en alto, 4 en chant enfant (8-11 ans), 2 en clarinette, 4 en flûte à bec, 7 en flûte traversière, 2 en harpe, 5 en hautbois et 2 places en violoncelle (réservées aux enfants). En éveil et initiation danse, le conservatoire rue Catulienne dispose de 21 places et la Maison de quartier Plaine de 9 places.

Désinfection des outils partagés

 Distance entre les élèves accrue, désinfection des salles et des outils partagés, aération entre les cours, marquage au sol, gel hydroalcoolique, masques obligatoires, sens de circulation dans les salles dotées de deux portes, accompagnement des élèves limité, protocole d’identification des cas contacts… La liste des nouvelles règles est longue. Entre le contexte sanitaire anxiogène, et cette rigidité nécessaire, quel sens donner à l’enseignement artistique ?

« Nous avons toujours la mission de l’enseignement. C’est une question d’adaptation des outils et des pédagogies. Cela s’est confirmé après le confinement. Les professeurs se sont aperçus aussi que les élèves qui n’ont pas décroché tenaient grâce à la relation pédagogique », affirme Damien Charron, même si la capacité d’adaptation des élèves est assez inégale, surtout en temps de confinement. « Avec la visioconférence, il y a eu du décrochage, certains élèves ont juste le portable du papa pour accéder à Internet. Cela a creusé les inégalités. »

Au vu de la fracture numérique sur le territoire, l’option de passer à la visioconférence en cas de nouveau confinement n’a que très peu de chance d’aboutir. « Cela a été une piste, mais en complément uniquement. » Et puis, « un cours collectif sur Skype c’est impossible. Le son est perçu différemment, il y a de la latence, on ne peut pas corriger la position avec précision, les jeux sonores sont compliqués à mettre en place… Au niveau musical et pédagogique, c’est catastrophique », tranche la direction. En espérant que la cacophonie protocolaire générale cède la place à la musique.

Maxime Longuet

Inscriptions ouvertes depuis lundi 21 septembre jusqu’au vendredi 9 octobre, exclusivement par téléphone (0183722045) les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 10h à 12h.
 

Quid du nouveau conservatoire ?

Le futur conservatoire devait sortir de terre d’ici 2023 en lieu et place du commissariat situé à l’angle des rues Jean-Mermoz et Auguste-Gillot. Mais, selon plusieurs sources proches du dossier, la nouvelle majorité souhaite étudier la piste d’un nouveau site pour accueillir la Maison des pratiques artistiques amateurs (MPAA) qui réunira le conservatoire et l’école municipale d’arts plastiques Gustave-Courbet. Ce changement d’emplacement doit permettre de « valoriser au mieux l’équipement », explique-t-on en interne. Le cabinet Jean-Pierre Lott Architecte en charge du projet, dont le coût était estimé à près de 15 millions € dans sa première version, serait conservé.

Réactions

Les habitants du collectif #BienVivreAStDenis (quartier Delaunay-Belleville-Semard) demandent au Maire Mathieu Hanotin et à ses adjoints de Ville de Saint-Denis de publier rapidement un démenti ou bien, au moins, de venir expliquer aux habitants du quartier à l'occasion d'une réunion publique en quoi l'emplacement actuel ne "valoriserait" pas suffisamment cet équipement au point de perdre à la fois l'actuelle école municipale d'arts plastiques (rue Auguste Poullain) et le nouveau conservatoire, très attendu dans un quartier qui subit depuis quelques années l'empreinte du trafic de stupéfiants et la réponse presqu'uniquement répressive qui lui est opposée. https://www.facebook.com/coupdebalaisaintdenis93/posts/1080489895740122
"https://www.facebook.com/coupdebalaisaintdenis93/posts/1080489895740122" Mark Zuckerberg possède 60% du capital de FACEBOOK. Mark Zuckerberg règne sur 2,5 milliards êtres humains. En septembre 2020 Mark Zuckerberg continue de paramétrer finement le système, et ne laisse personne d'autre faire ce travail. Le témoignage récent de l'ingenieure Sophie Zhang démontre la volonté de FACEBOOK de promouvoir les théories complotistes. En 2004 Mark Zuckerberg déclare "I have over 4000 emails pictures adresses. People just submitted it. They trust me. Dumb fucks". Faire confiance à Mark Zuckerberg constitue une grosse erreur. Comment peut-on se laisser prendre dans les filets tendus par Mark Zuckerberg ?