En ville

Rassemblement devant le siège social de Siemens La colère des salariés de Saint-Chamond

Cent cinquante personnes venues de la Loire ont manifesté, mercredi 24 février à Pleyel, leur refus de voir leur site industriel rayé de la carte.

Ils ont les traits tirés. Ils sont partis dans trois cars, à 3?h du matin. Depuis Saint-Chamond (Loire) jusqu’à Saint-Denis. Ce ne sont pas des touristes en goguette mais des salariés en colère venus, quartier Pleyel, devant le siège social de Siemens pour protester contre la fermeture annoncée de leur site industriel. Les cent cinquante salariés donnent de la voix ce mercredi 24 février et ils bloquent la voie quelques minutes en allumant un brasero sous la pluie pour protester contre « un plan de casse industrielle, de casse sociale, de casse économique ». Ils sont accueillis par trois de leurs collègues syndicalistes, descendus la veille à Paris pour plaider le dossier à l’Élysée devant un conseiller de Nicolas Sarkozy.

« Délocalisation éventuelle mais totale en Chine »

Siemens VAI MT, que le groupe allemand a acquis en 2005, emploie 600 personnes sur deux sites de la Loire, Saint-Chamond et Montbrison. Le 27 août, la direction a annoncé la suppression de 274 emplois et la fermeture de Saint-Chamond. La spécialité du site, c’est l’ingénierie et la construction d’équipements pour la sidérurgie. Les trois syndicats (CGT, CFE-CGC et CFDT) accusent le groupe de « réduire notre personnel de 40 % et de réduire notre offre de produits » avec une arrière-pensée en tête?: « Les plans de Siemens sont clairs. C’est fermer Clecim purement et simplement après lui avoir ôté son nom. » Les salariés parlent de « pillage de savoir-faire, de projet de rapatrier une partie des activités » vers d’autres pays européens, de délocalisation éventuelle mais totale en Chine.

Les syndicalistes critiquent « un plan incohérent de la direction ». Selon le travail mené par le Comité central d’entreprise (CCE) et par un cabinet d’experts, la restructuration devrait au minimum aboutir à la présence de 480 personnes pour pouvoir fonctionner. « Or, explique Zennaf Kahier, secrétaire adjoint du CCE, la direction sous dimensionne puisqu’elle prévoit au maximum 365 salariés ».

« Accompagner le retour à l’emploi des salariés concernés »

Après leur passage à Saint-Denis, les trois cars reprennent la route. Direction la tour Eiffel pour un rassemblement devant le symbole d’un génie industriel dont les salariés se sentent les actuels dépositaires. Deux manifs le même jour… Et d’autres qui devraient suivre si l’on en croit le communiqué de la direction Siemens VAI MT publié le même jour. Celle-ci « réaffirme que l’objectif de son projet de plan de sauvegarde de l’emploi est en priorité d’accompagner le retour à l’emploi des salariés concernés par le projet de réorganisation des activités ». La direction explique également qu’elle « poursuit par ailleurs les discussions avec les élus et les agences économiques locales pour développer des emplois alternatifs dans la région » de la Loire. On ne saurait mieux dire qu’elle est déjà entrée dans l’après Saint-Chamond.

Dominique Sanchez