En ville

Quartier Gare : des commerces obligés de fermer le soir

Pour assurer la tranquillité publique dans ce quartier de Saint-Denis les établissements vendant des boissons à emporter doivent désormais baisser le rideau à partir de 20h indique un arrêté municipal.
Dans le quartier de la gare où de nombreux chantiers sont liés à l'arrivée du T8 certains commerces doivent désormais fermer la nuit
Dans le quartier de la gare où de nombreux chantiers sont liés à l'arrivée du T8 certains commerces doivent désormais fermer la nuit


Le maire de Saint-Denis a pris un arrêté interdisant l’ouverture, après 20h, de certains commerces dans le quartier de la gare. L’arrêté, effectif à partir du 27 juillet et pour une durée de trois mois, s’applique à tous les commerces – à l’exception des bars, des restaurants et des boulangeries – situés dans un périmètre qui s’étend, d’est en ouest, de la gare jusqu’à l’Église neuve, et, du nord au sud, de la rue Auguste-Delaune jusqu’à une portion de la rue Paul-Éluard. Au total, ce sont près de 70 établissements qui sont concernés. Ces limites recoupent en partie celles de la Zone de sécurité prioritaire.


L’injonction prend en considération les nombreuses plaintes des riverains lors des réunions de démarche-quartier et les tout aussi nombreuses interventions des policiers nationaux et municipaux, résultant de l’activité nocturne de certains établissements exerçant l’activité de vente à emporter de boissons – qu’ils en aient le statut ou pas. Certains salons de coiffure ou taxiphones, par exemple, vendaient de l’alcool en soirée ou en favorisaient la consommation dans leurs locaux.


Jugeant cette activité « favorable aux rixes », aux « nuisances sonores » et constituant une « gêne pour la tranquillité et la sécurité publiques », l’arrêté contraint ces commerces à baisser leur rideau entre 8h du soir et 6h du matin, sous peine d’amende. Plusieurs tentatives amiables de médiation ou de persuasion auprès des gérants de ces établissements n’ayant pas porté de fruit, la municipalité a décidé de passer par la voie réglementaire.


L’arrêté municipal, qui court jusqu’au 27 octobre, pourrait être prolongé à l’échéance. Le maire Didier Paillard ne l’exclut pas. Dans une interview au journal Métro, le 27 août, il a également rappelé que la Ville ne comptait qu’à peine 300 fonctionnaires de police au lieu des 500 qu’exige une ville de 110 000 habitants : « Nous avons fait plusieurs demandes au ministre de l’Intérieur, mais nous n'avons eu aucune réponse. Monsieur Valls est cordialement invité à venir voir ce qui se passe à Saint-Denis. »

Sébastien Banse