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/ Psychiatrie : les besoins ont explosé

Le récent procès d’un schizophrène (reconnu irresponsable par les experts) pour l’assassinat d’un client dans un café du quartier Cristino-Garcia a remis sur le devant de la scène la question du suivi psychiatrique. L’occasion pour le JSD de procéder à un état des lieux des structures à Saint-Denis.
À Saint-Denis le Groupe d’entraide mutuelle l’Entre-temps a pour fonction première l’accueil.
À Saint-Denis le Groupe d’entraide mutuelle l’Entre-temps a pour fonction première l’accueil.

« Depuis les années 1990, de nombreux lits d’hospitalisation ont été fermés en psychiatrie, sans se donner les moyens d’avoir des structures de proximité pour soigner les patients. Souvent les gens se retrouvent à la rue dans une situation désespérée », dénonce Serge Klopp, cadre infirmier retraité, cofondateur et signataire de l’Appel des 39 (1). L’année 2014 a vu débuté une tendance qui n’a cessé depuis : le secteur psychiatrique a commencé à recevoir de plus en plus de patients. Une véritable explosion démographique qui s’est traduite en 2018 par 620 admissions à Saint-Denis, alors que les autres secteurs recevaient entre 350 et 450 patients.

Sous la pression, l’ARS a fini par lâcher du lest pour envisager la création de 16 lits à Neuilly-sur-Marne, dont 4 pour une structure dionysienne, le CATTP (Centre d’accueil thérapeutique à temps partiel). Pour Thierry Legrand, représentant de la CGT au conseil de surveillance de l’hôpital de Ville-Évrard, « 16 lits c’est mieux de les avoir que de ne pas les avoir ! Mais on est très loin des besoins pour pouvoir traiter l’ambulatoire et tous les cas avant hospitalisation ». 

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Proximité et continuité des soins

L’organisation de la psychiatrie depuis 1960 repose sur la politique de secteur, héritière du courant désaliéniste avec ses deux piliers qui sont les soins de proximité et la continuité des soins. L’établissement de Ville-Évrard dessert aujourd’hui 33 communes de la Seine-Saint-Denis et sa file active avoisine les 30 000 patients. À Saint-Denis, 1868 patients ont été suivis en 2018. Parmi eux, 245 ont été hospitalisés en grande majorité sur le site de Saint-Denis (5, rue Delafontaine). Cette unité, disposant de 19 lits, reçoit des patients dont une bonne partie est hospitalisée sous contrainte.

Le CAC (Centre d’accueil et de crise, 6, rue Auguste-Poullain) propose, lui, 8 lits d’hospitalisation pour des patients en service libre ne présentant pas des troubles du comportement. La troisième unité d’hospitalisation temps plein du secteur (12 lits), « Trèfle », se trouve elle à Neuilly-sur-Marne. Intersectorielle, elle met à disposition 4 lits pour les patients dionysiens pour des séjours « au long cours ». Le CMP (Centre médico-psychologique, 6, rue Auguste-Poullain) de son côté reçoit en consultations. Les patients peuvent y rencontrer des infirmiers et des assistantes sociales. Le CATTP organise à la même adresse des accueils par demi-journée, au cours desquelles les personnes peuvent s’adonner à des activités.
 

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Ce sont en général des patients stabilisés qui habitent chez eux. « Partir en séjour quelques jours ensemble avec des soignants, faire des choses avec les autres, s’ouvrir vers l’extérieur, toujours dans une optique thérapeutique, leur permet de redécouvrir cette dimension de plaisir dont la maladie mentale les a privés », souligne le docteur Laurence Stamatiadis, chef de pôle.

Enfin, la dernière structure est l’hôpital de jour (2, rue de Suresnes) hébergé dans un grand pavillon. Il compte une file active de 25 patients suivis, dans le cadre d’une remédiation cognitive à base d’ateliers à médiation artistique. En direction des jeunes, une plate-forme « Jeunesse et santé mentale » a également été créée récemment avec une équipe mobile pour procéder à de l’intervention précoce.

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Le GEM, une alternative

En dehors de ces structures, il existe à Saint-Denis un GEM (Groupe d’entraide mutuelle) l’Entretemps. Comme il est dit dans la présentation de cette association, « si vous avez les nerfs en pelote, venez les tricoter chez nous ». « La fonction première de ce lieu est l’accueil, expose Gérard Gressin, animateur depuis 10 ans. Il s’agit de donner un espace à des gens qui ont envie de rencontrer d’autres gens. Il est effectivement dédié à des personnes qui ont un parcours de vie heurté, blessé. Quant aux animateurs de ce lieu, ce sont des personnes avec un esprit d’engagement, un esprit à se dire que la fatalité n’existe pas, qu’il y a toujours un combat à mener, et que quelqu’un qui un jour a traversé une période difficile, est une personne en bonne santé en devenir. »

Claude Bardavid

(1) www.hospitalite-collectif39.org GEM de Saint-Denis (21, rue de la République) : 0149330369 / 0661081345)

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