Sports

Water-polo
/ Prêts à sauter dans le grand bain ?

Leader de National 3, le Sdus devrait disputer les barrages d’accession à l’échelon supérieur en juin prochain.
Mi-mars, le Sdus water-polo en plein match d'entrainement à la piscine La Baleine. (©) Yann Mambert / Le Journal de Saint-Denis
Mi-mars, le Sdus water-polo en plein match d'entrainement à la piscine La Baleine. (©) Yann Mambert / Le Journal de Saint-Denis

Dans l’immense bassin de la piscine de La Baleine, Hatem multiplie les parades. Le dernier rempart de l’équipe, au club depuis plus de dix ans, est resté fidèle aux couleurs du Sdus. Et ce malgré les nombreuses péripéties qui ont secoué la section ces dernières saisons. « En 2016, nous étions face à un champ de ruines. Il fallait tout reconstruire de A à Z sous peine de voir le groupe couler. » Pour insuffler un nouvel élan au club, la direction prend alors contact avec Mohamed Chaouachi. Un appel du pied qui ne laisse pas insensible l’ancien joueur professionnel. « Quand je suis arrivé, les gens m’ont mis en garde et m’ont dit que cela allait être difficile, sourit aujourd’hui l’entraîneur passépar Strasbourg. Au final, nous aurions pu monter dès la saison dernière en National 2. » 

Une montée non validée, la faute à un manque de moyens financiers. « À ce niveau-là, on peut jouer dans toute la France et faire des déplacements jusqu’à Marseille par exemple. » Outre le financement des voyages, le manque de motivation chez les joueurs a fini par acter la décision. « Certains sont pères de famille, d’autres ne peuvent pas s’absenter le week-end à cause de leur vie professionnelle, énumère Mohamed. Même si mon objectif est de monter, je ne peux pas leur en vouloir. »

Un avis pas forcément partagé par Hatem, l’un des plus expérimentés du groupe. « La question se pose pour cinq déplacements assez lointains. Mais même si on les laisse filer, il resterait les matches à domicile et les autres rencontres contre des équipes de la région. Si on mérite dans le bassin d’évoluer à un niveau au-dessus, il faut y aller. » Pour pallier ce manque de motivation, Mohamed recrute alors cinq poloïstes de Noisy-le-Sec l’été dernier et doit, chaque week-end, laisser quelques joueurs sur le carreau. « C’est une concurrence saine qui nous permet pour le moment de réaliser une saison exceptionnelle, scande le maître-nageur de profession. Par expérience, je sais que mon groupe actuel ferait bonne figure dès cette saison en N2. » Même son de cloche du côté de Hatem. « Avec tout le respect que j’ai pour nos adversaires, nous n’avons absolument rien à leur envier. Si nous sommes sérieux à l’entraînement et concentrés en match, il n’y a aucune raison pour que l’on ne finisse pas dans les deux premiers. »

Ensuite, il faudra s’attaquer aux barrages, avec toujours l’incertitude finale de voir la montée acceptée par les hautes sphères du Sdus. « Je pense que cette année est la bonne pour retrouver l’échelon supérieur, espère Mohamed. En tout cas, les joueurs sont motivés et veulent atteindre ce but fixé en début de saison. »

Alexandre Rabia

 

L’école de polo prend ses marques

Si l’équipe fanion réalise un parcours quasi parfait en National 3, la réserve, deuxième de Régional 3, n’est pas en reste et postule également à une montée en fin de saison. « Elle permet aux jeunes d’évoluer déjà chez les seniors, explique Mohamed, qui n’hésite pas à superviser les autres sections du club. Qu’on le veuille ou non, l’avenir leur appartient. » Redynamisée également, l’école de polo du Sdus se met en marche en douceur. « Nous avons un très bon groupe en U13. Chez les enfants, il y a encore beaucoup de travail, mais les résultats viendront avec le temps. Il y a tout à Saint-Denis pour réussir : les entraîneurs, les infrastructures, et les adhérents. Il faut juste que la mayonnaise prenne. »

AR