Cultures

TGP
/ Pouchkine en immersion totale

Jean Bellorini adapte pour la scène le roman Eugène Onéguine, de l’auteur russe Alexandre Pouchkine, avec un dispositif sonore particulier : chaque spectateur sera muni d’un casque…
Romantisme absolu, spleen, mélancolie, ironie distante et drame se mêlent dans le plus pur esprit de la littérature russe, avec ici en plus le lyrisme des octosyllabes purs et lumineux de Pouchkine.
Romantisme absolu, spleen, mélancolie, ironie distante et drame se mêlent dans le plus pur esprit de la littérature russe, avec ici en plus le lyrisme des octosyllabes purs et lumineux de Pouchkine.

Pour sa nouvelle création, Jean Bellorini explore une fois de plus un texte majeur de la littérature mondiale. Après Hugo (Tempête sous un crâne), Rabelais (Paroles gelées), Dostoïevski (Karamazov), Proust (Un Instant), entre autres, c’est aujourd’hui Alexandre Pouchkine qu’il sonde avec Onéguine, qui sera créé au TGP du 23 mars au 20 avril.

Eugène Onéguine est l’œuvre la plus connue de Pouchkine (1799-1837). Roman composé en vers, écrit entre 1821 et 1831, il est devenu un classique de la littérature russe. « C’est le plus grand livre jamais écrit en russe », s’exclame même André Markowicz, qui l’a traduit en français et qui sait ce que langue russe et traduction veulent dire. Dans ce roman, l’auteur raconte l’histoire d’un jeune homme qui quitte les fastes de Saint-Pétersbourg pour un domaine isolé à la campagne où il mène une vie solitaire jusqu’à ce qu’il se lie d’amitié avec un jeune poète, Lenski, qui est épris d’Olga, son amie d’enfance. Il entraîne Onéguine dans la famille d’Olga, où ce dernier rencontre Tatiana, qui tombe follement amoureuse de lui…
 

« Le théâtre est poétique par essence »

Romantisme absolu, spleen, tourments, mélancolie, ironie distante et drame se mêlent dans le plus pur esprit de la littérature russe, avec ici en plus le lyrisme des octosyllabes purs et lumineux de Pouchkine. « Onéguine est un homme abîmé par les mondanités et qui devient un ermite isolé et désabusé. Il se voit comme un grand personnage mais a finalement tout raté, y compris son histoire d’amour par orgueil », constate Jean Bellorini qui a choisi de monter ce spectacle dans la lignée d’Un fils de notre temps, créé en 2015, c’est-à-dire avec un dispositif pouvant être présenté dans des endroits divers, pas forcément dédiés au théâtre.

« J’ai envie de donner à entendre la poésie de ce très beau chant d’amour et de l’accorder à l’imaginaire du théâtre. C’est pour moi une évidence car le théâtre est lui-même poétique par essence et induit un imaginaire à la fois commun et singulier, propre à chacun. C’est cet imaginaire-là que je veux faire entendre », poursuit-il.

 


 

« Pas loin d’un dispositif de radio »

C’est cette volonté qui est à l’origine du dispositif très particulier qu’il a conçu pour ce spectacle. Le public sera installé sur deux gradins face à face entre lesquels circuleront les comédiens dans un espace étroit. Chaque spectateur sera muni d’un casque dans lequel il entendra, outre les comédiens, un véritable décor sonore avec musique, sons divers, bruitages, « comme lors d’une émission de radio », note Sébastien Trouvé, complice de longue date de Jean Bellorini et qui est ici l’auteur de toute la partie sonore du spectacle.

« Pour la partie musicale, je suis parti de l’opéra de Tchaïkovski écrit à partir du livre, mais avec une certaine distance. Je me suis inspiré de quelques thèmes que j’ai réorchestrés, déclinés, transformés pour un quintet de cordes, flûte et cuivre », révèle-t-il. Puis Sébastien Trouvé a créé tout un univers sonore pour faire en sorte que les spectateurs assistent au roman incarné par ses personnages. « C’est une expérience à vivre ensemble, chacun avec son imaginaire. Nous ne sommes pas loin d’un dispositif de radio, voire de cinéma, mais nous sommes bien au théâtre, dans un spectacle vivant », ajoute-t-il. « Le spectateur se retrouve véritablement immergé dans le texte, dans la poésie, comme lors d’un voyage sensible », poursuit Jean Bellorini.
 

Benoît Lagarrigue

Onéguine, d’après Alexandre Pouchkine, mise en scène de Jean Bellorini, du 23 mars au 20 avril au TGP (59, boulevard Jules-Guesde, salle Mehmet-Ulusoy), du lundi au samedi à 20h30, dimanche à 16h. Relâche le mardi et le mercredi. Durée estimée : 2h. Tarifs : 6€ à 23€. Réservations : 0148137000; www.theatregerardphilipe.com

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur