En ville

Propreté-Déchets
/ Plaine Commune dans le collimateur

© Yann Mambert
© Yann Mambert

« Ce travail sur la propreté sera beaucoup plus difficile que celui sur la sécurité. » Houari Guermat (UDI) a résumé le chantier considérable que représente pour chacun des candidats le sujet de la propreté et par extension celui des déchets, dans une ville où les habitants pointent régulièrement du doigt les incivilités.

Verbaliser

« Il va falloir être extrêmement ferme sur les incivilités. Il y a dans la ville une attitude de laisser-aller », estime Alexandre Aïdara (LREM). Pour la tête de liste Changeons Saint-Denis, « la propreté à Saint-Denis est possible, prioritaire et urgente ». Il propose, pour faire face entre autres aux problèmes de nettoyage, de déplacer le marché extérieur sur la place du 8-mai-1945. Tout comme le candidat LREM, Houari Guermat, tête de liste Saint-Denis Autrement - qui opte pour un ramassage trois fois par semaine du tri sélectif afin de pallier les problèmes de saleté et d’organisation du recyclage - veut déléguer ce pouvoir de sanction à la police municipale.

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Sensibiliser

 Pour Bally Bagayoko (LFI), tête de liste Faire Saint-Denis en commun, il faut effectivement « sanctionner les habitants » mais il « faut aussi sanctionner les opérateurs qui ne font pas leur boulot ». L’adjoint aux sports dénonce les « décisions unilatérales » (fermeture des parkings, des caves, réductions des espaces de convivialité dans les foyers) prises par plusieurs acteurs territoriaux – Plaine Commune, bailleurs, entreprises privées, institutions – qui d’un point de vue local viennent entraver les politiques d’aménagement de l’espace public. Son ambition ? « Réduire les déchets de 30 % sur six ans ».

Pour cela, il soumet l’idée de créer un « réseau de ressourceries » mais aussi de travailler « depuis l’école et jusque dans les familles » à la sensibilisation. Les Dionysiens devront attendre un peu pour d’autres « propositions concrètes sur ce volet-là », a-t-il prévenu.

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« La propreté, c’est comme l’écologie, c’est comme le zéro déchet, ça marche quand ça devient un projet de vie, un projet de ville, un projet de société », développe Mathieu Hanotin (PS). Le candidat Notre Saint-Denis, qui a fait de la propreté un enjeu majeur de sa campagne veut « sanctionner les mauvais comportements » en mettant des amendes et en installant « des caméras de vidéosurveillance devant les écoles, dans les parcs, jardins et squares ». Il préconise aussi d’organiser des « actions citoyennes » pour sensibiliser les habitants (notamment les plus jeunes) aussi bien sur la propreté que sur le recyclage alimentaire. Du côté de Vivons Saint-Denis en grand « il faut bien sûr verbaliser. Il faudrait que les amendes soient plus prohibitives », a expliqué sa tête de liste, Laurent Russier (PCF). L’actuel maire a dans l’idée de lancer une « ressourcerie/recyclerie municipale » pour notamment permettre une « autre gestion des encombrants » qu’il désire voir ramasser deux fois par mois.

Organiser

Si la gestion de la propreté et de la collecte des déchets est une compétence de Plaine Commune, tous les candidats s’accordent pour un certain changement. « Il faut redonner du pouvoir au maire mais on ne va pas réinventer une autre structure », avance Mathieu Hanotin. « Plaine Commune doit garder le nettoiement », éclaire Laurent Russier. « Ce sur quoi on serait meilleur, c’est le traitement des dépôts sauvages car on est sur des questions d’hyper-proximité. Pour ça, il faudrait revenir à des équipes-villes ». Autre volonté du maire : « les plans de propreté décidés par Plaine Commune doivent désormais l’être par la Ville » sur la base d’un plan propreté par quartier.

Au sujet de l’établissement public territorial qu’il n’hésite pas à qualifier d’« adversaire », Bally Bagayoko affirme qu’il a une « responsabilité » dans la situation actuelle. « Il faut rééquilibrer », dit-il, « il faut que Plaine Commune paye la dette » dûe à la municipalité et « démontre dans les faits, et pas dans les discours, qu’elle nous veut du bien ». Quant à Houari Guermat, il souhaite récupérer la propreté et établir un « service unique ». Comment ? Mystère…

Sur la question, Alexandre Aïdara s’avère plus pragmatique : « Tout ce qui est déchet, il est nécessaire que ce soit mutualisé. Mais la propreté de proximité, on peut la reprendre, on peut l’exercer au niveau local. » Il suggère la mise en place d’un « dispositif mobile, qui agisse vite ». Et d’ajouter : « Il faut être plus exigeant avec Plaine Commune. Ce n’est pas possible qu’Épinay-sur-Seine soit propre et pas Saint-Denis. »

Yslande Bossé 

Réactions

Bonsoir. Il faut dire à Bally Bagayoko que l'adversaire Plaine Commune est dans sa majorité municipale. Patrick Braouezec fait partie de la majorité municipale il me semble. Soit il faut dénoncer publiquement en conseil municipale cet homme qui se prétends de gauche, soit démissionner. Car on ne peut pas dehors et dedans. Je lui rappelle également que bon nombre d'élus siègent de la majorité siègent à plaine commune. L'adversaire a bon dos quand même. Pour changer plaine commune, il faut changer de majorité municipale. Il ne faut pas se raconter d'histoire.
Il faut virée ce bon à rien un coup Il dit de gauche et vote Macron chez l’erreur